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Cahier de doléances · Économie

Problème n° 9098

La dette publique est devenue un sujet de préoccupation majeur, mais il ne s’agit en rien d’un problème nouveau. Depuis les années 1970, la France vit structurellement à crédit et a reporté pendant des décennies les ajustements nécessaires. Comme trop souvent, nous avons préféré ignorer les signaux d’alerte jusqu’à ce que la situation devienne difficilement contestable. Il est temps d’aborder cette question avec lucidité et responsabilité. Toutefois, toute stratégie de redressement des finances publiques doit tenir compte des réalités du XXIe siècle : inflation durable, instabilité géopolitique, réindustrialisation, transition énergétique et adaptation au changement climatique. La maîtrise de la dette est essentielle, mais elle ne doit pas se faire au détriment des investissements qui conditionnent l’avenir de la nation.

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Solution n° 9099Niveau : État

1. Avant de discuter des modalités de remboursement, il me semble indispensable de définir un véritable projet pour la France — un projet capable de créer de la croissance et de la richesse. Cela implique d’investir dans les secteurs d’avenir, notamment la transition écologique, en développant entre autres une économie verte créatrice d’emplois et de valeur, avec davantage d’investissements industriels et en R&D. Si la France a un projet cohérent, il sera beaucoup plus facile de trouver des investisseurs pour financer notre dette. Il est de toute façon nécessaire de cesser de financer un système de dépenses publiques inefficace depuis des décennies.
2. Les services publics doivent être réorganisés et optimisés afin de s’adapter pleinement aux réalités technologiques d’aujourd’hui : l’enjeu n’est pas seulement de dépenser plus, mais de dépenser mieux. Comment expliquer que les dépenses publiques augmentent alors que les services se dégradent ? Cela révèle des dysfonctionnements évidents, qui ne sont pas uniquement matériels ou financiers, mais aussi liés à la capacité de les gérer efficacement.
3. Il est également nécessaire de repenser la formation des élites politiques (ex-ENA) et de faire évoluer les mentalités. Une certaine culture de gestion des services publics très théorique et pyramidale demeure profondément ancrée chez une partie des élites politiques françaises — mais pas seulement — souvent déconnectées du terrain et manquant de pragmatisme. Plus de 3 000 milliards d’euros ont été dépensés, tandis que les services publics continuent de se détériorer. Le problème n’est donc pas seulement l’argent, mais la manière dont il est utilisé.
4. Face à une ignorance économique largement répandue et à un déni de réalité, il devient indispensable d’enseigner l’économie dès le plus jeune âge. L’argent ne pousse malheureusement pas sur les arbres ! La France doit cesser de fonctionner intellectuellement en autarcie et reconnaître que son économie dépend largement de l’économie mondiale, sur laquelle elle n’a plus, depuis longtemps, une influence déterminante. Dans ce contexte, les solutions « magiques » proposées par certains partis situés aux extrêmes ne feraient qu’aggraver la situation.
5. Il serait peut-être temps pour la France de s’inspirer davantage de pays qui ont su gérer leurs finances publiques de manière bien plus efficace, notamment certains pays nordiques. Ils sont souvent cités comme des modèles d’efficacité : des États à très haut niveau de dépenses publiques — presque « communistes » selon certains — mais reposant sur une économie résolument libérale. Plutôt que de se retrancher derrière une supposée barrière culturelle ou de prétexter que ces pays sont trop petits pour servir de référence, la France gagnerait sans doute à étudier sérieusement leurs pratiques. D’autant plus que les Français qui choisissent de s’y installer semblent s’y adapter sans difficulté.

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