Jean-Pierre Chevènement apporte son soutien à la candidature de Natacha Polony à l’élection présidentielle.
Paris, le 31 octobre 2026.
Ce jeudi 29 octobre, j’ai eu l’honneur de rencontrer Jean-Pierre Chevènement à son invitation. Bien qu’il n’intervienne plus directement dans la vie politique en raison de son état de santé, il a souhaité m’exprimer son soutien dans le cadre de ma candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Ce soutien me touche profondément, tant il s’inscrit dans une histoire politique et intellectuelle qui a contribué à forger mes convictions. Ce fut une rencontre émouvante placée sous le signe de la fidélité à l’idéal républicain, de la transmission politique et de l’indépendance nationale.
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En 2002, jeune citoyenne engagée, j’avais participé à la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement. Je partageais alors sa vision exigeante de la République, son attachement à la souveraineté nationale, sa conception de l’État et de l’intérêt général, son refus de voir la France renoncer à sa vocation historique.
Vingt-quatre ans plus tard, force est de constater que Jean-Pierre Chevènement avait vu juste. Il avait identifié, avec une lucidité remarquable, les grandes menaces qui pesaient sur notre pays : la désindustrialisation, l’effacement de la souveraineté populaire, l’affaiblissement de l’État, le délitement de l’École républicaine, l’abandon de notre indépendance stratégique. Ces avertissements n’ont pas été entendus. Les politiques conduites depuis lors ont trop souvent aggravé les déséquilibres qu’il dénonçait. Et la France se retrouve aujourd’hui confrontée aux conséquences de ces renoncements. Mais cet héritage n’est pas celui du regret ou de la nostalgie. Il est celui d’une pensée politique dont la justesse a été démontrée par les faits et qu’il nous appartient désormais de traduire en actes.
Jean-Pierre Chevènement m’a fait part de sa conviction que notre pays a besoin d’une refondation républicaine, d’une définition claire et renouvelée de notre projet collectif, d’une pensée cohérente, articulée, capable de redonner une direction à la Nation. Je suis particulièrement honorée qu’il reconnaisse dans ma candidature la volonté d’une nouvelle génération de reprendre ce flambeau républicain.
Nous partageons des convictions essentielles.
La France doit redevenir une nation qui produit. Il n’y aura ni redressement de nos finances publiques, ni protection durable de notre modèle social, ni indépendance véritable sans une réindustrialisation ambitieuse. Cela exige un État stratège, une politique industrielle volontariste et la mobilisation de nos capacités productives.
L’École doit redevenir le cœur battant de la République. La transmission des savoirs, la formation de citoyens libres et éclairés, l’exigence intellectuelle et l’émancipation par l’instruction doivent retrouver leur place centrale. Il est temps de regarder en face la dégradation de notre système éducatif et de lui rendre sa mission fondamentale.
La France doit reconquérir son indépendance. Dans un monde où se multiplient les conflits, les tensions économiques et les rapports de force, notre pays ne peut continuer à déléguer les décisions essentielles concernant son avenir. Ni Bruxelles ni Washington ne doivent se substituer à la volonté du peuple français. Notre politique étrangère, notre défense, notre énergie et notre économie doivent être guidées par une seule boussole, l’intérêt national.
Enfin, nous devons retrouver le sens de l’État, du civisme et de la responsabilité citoyenne. Face à la démagogie, aux intérêts particuliers et aux enfermements identitaires, la République doit redevenir ce qui nous rassemble et nous élève. Elle ne peut exister sans citoyens conscients de leurs devoirs autant que de leurs droits, capables de faire prévaloir l’intérêt général.
Je remercie chaleureusement Jean-Pierre Chevènement pour sa confiance et son soutien.
En 2002, nous portions l’espoir d’un sursaut républicain. En 2027, il nous appartient de transformer cet espoir en redressement national.
Il ne s’agit pas de reproduire le passé, mais de reprendre le fil d’une ambition française trop longtemps abandonnée, une ambition de souveraineté, de justice sociale, de transmission et de puissance publique.
La France a perdu trop de temps à ignorer ceux qui avaient vu juste. Il est temps, désormais, d’agir.
Natacha Polony

