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Cahier de doléances · Ruralité

Problème n° 7360

Les pouvoirs publics dépensent pour attirer des habitants dans des territoires dont ils ferment les services.

En juin 2025, le CNER, qui fédère les agences d’attractivité, a publié une étude sur ce qui rend un territoire attirant. Elle est écrite par des professionnels du sujet. Elle dit ceci :

« L’une des principales raisons réside dans la difficulté d’accès aux services essentiels : écoles, commerces, santé, transports. »

« Les fermetures de classes, de commerces et de cabinets médicaux ont souvent éloigné les habitants de ces infrastructures essentielles. »

Et quand ces mêmes professionnels classent les facteurs d’attractivité, vingt-quatre sur trente citent en premier l’accessibilité du territoire. Avant le foncier, avant les aides.

Le diagnostic est donc posé, par ceux dont c’est le métier.

Regardez maintenant ce que la même étude recommande : mieux accueillir, créer une marque de territoire, animer des clubs d’ambassadeurs, accompagner les arrivants. De la communication et de l’accompagnement, c’est-à-dire ce qui ne coûte presque rien.

Pas un seul levier ne porte sur la cause qu’elle vient d’identifier. Pas une ligne sur rouvrir, maintenir ou financer une école, un commerce, un cabinet médical.

C’est cette contradiction que je signale, et elle est quotidienne : l’État ferme une classe dans un village et subventionne au même moment une campagne destinée à y attirer des familles. Le département finance une politique d’accueil pendant que la ligne de car disparaît.

En Saône-et-Loire, où je vis, le solde migratoire est positif depuis des années : il arrive plus de gens qu’il n’en part. Le département perd pourtant environ mille habitants par an. Attirer n’a jamais été le problème. On ne retient pas.

Tant qu’on traitera l’attractivité comme un problème de communication, on financera des brochures pour des villages sans école.

Depuis Saône-et-Loire (71) · 22 octobre

1 solution proposée

Solution n° 7486Niveau : commune

La réconciliation par la terre et la valeur
1. Le constat : l’absurdité de deux France en miroir
Notre pays souffre d’une fracture que l’on feint d’ignorer : la coexistence de deux solitudes qui s’ignorent et se meurent chacune de leur côté.

La France des banlieues : une jeunesse urbaine souvent reléguée, en perte de sens et d’ancrage, enfermée dans des barres d’immeubles, saturée d’anxiété et exclue de la valeur économique réelle.

La France des clochers et des sillons : des villages ruraux qui perdent leurs écoles, des exploitations agricoles qui meurent faute de bras et de repreneurs, et des tonnes de récoltes perdues pendant que l’on importe notre alimentation à grand coût.

D’un côté, une énergie humaine qui s’étiole sans perspective ; de l’autre, un territoire fertile qui s’éteint sans main-d’œuvre. La République s’est contentée de gérer ces deux maux à coups de subventions étanches, en traitant les premiers comme des « problèmes de sécurité » et les seconds comme des « charges de fin de race ». C’est un contresens historique et économique.

2. La rupture psychologique : sortir de la charité, entrer dans l’épopée
Les tentatives passées ont échoué parce qu’on a voulu « recaser » un jeune seul au fond d’une ferme isolée. C’est ignorer la psychologie humaine : le déracinement individuel produit l’échec et le repli.

La solution repose sur une inversion totale du paradigme :

La force du collectif : on n’envoie pas un individu, on installe une brigade. Une cohorte soudée de jeunes formés, encadrés et logés dans des friches communales réhabilitées au cœur du village.

Le changement de statut : ces jeunes ne viennent pas en assistés ou en stagiaires précaires. Ils arrivent en forces vives et sauveurs économiques. Ils rouvrent le village, sauvent les récoltes des agriculteurs locaux et redonnent vie à l’école. La fierté remplace l’assistanat.

3. Le modèle économique : la chaîne de valeur intégrée
Le travail agricole brut ne suffit pas à stabiliser des vies : il faut de la valeur ajoutée pour financer de vrais CDI permanents.

Le phygital et la transformation : la brigade ne fait pas que ramasser la terre en été. Elle transforme en hiver (conserverie, packaging, laboratoire aux normes) et pilote la vente directe en circuit ultra-court.

Capter la richesse : en commercialisant des produits d’excellence sur les marchés à fort pouvoir d’achat et en circuit court, la marge brute reste au sein du collectif. On ne subventionne pas des emplois précaires, on bâtit une entreprise territoriale rentable, agile et souveraine.

4. L’appel à l’action
Il est temps de dépasser les incantations politiques sur la ruralité et les plans banlieues sans lendemain. Les solutions existent : elles sont à la croisée du bon sens paysan, de l’énergie de notre jeunesse et d’un esprit d’entreprise décomplexé.

Il suffit d’abattre les frontières administratives, de confier le patrimoine communal abandonné à ceux qui veulent créer, et de prouver que la terre de France a encore le pouvoir d’unir ce que la politique a fracturé.

Depuis 99 · 23 octobre

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