Une politique d'immigration ne peut être durable que si le pays est capable d'intégrer réellement les personnes qu'il accueille.
Lorsque se développent durablement des groupes vivant selon des références sociales, culturelles ou religieuses distinctes des règles communes, la cohésion nationale s'affaiblit.
L'absence de maîtrise suffisante des flux peut également dépasser les capacités d'intégration du pays.
Cahier de doléances · Immigration
Problème n° 729
4 solutions proposées
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Adapter les flux migratoires aux capacités réelles d'intégration de la France et aux besoins du pays.
Conditionner durablement l'installation à l'apprentissage du français, au respect des lois et des principes républicains et à une démarche effective d'intégration.
Combattre les pratiques communautaristes lorsqu'elles conduisent à substituer des règles particulières aux règles communes.
Je suis en accord total avec le problème n° 729 tel qu’il est posé.
Immigration, d’accord bien sûr, car nous sommes la France, et nous accueillons avec plaisir ceux qui veulent apporter leur part au pacte républicain.
1) Mais pas d’immigration sans politique de réindustrialisation assertive et centrale, car pourquoi accueillir des immigrés si c’est pour les laisser sans emploi, voire pire (trafic pour vivre, voire pire, cf. récemment)
2) Mais pas d’immigration avec une doctrine des Trente Glorieuses, ou post-colonisation : pourquoi maintenir le regroupement familial alors que nous ne sommes même pas sûrs de fournir des emplois décents et pérennes à ceux qui nous rejoignent ? Est-ce cela le « pacte républicain » ?
Pourquoi continuer avec les accords migratoires de décembre 1968 et leur régime dérogatoire d’un autre temps ? Nous ne sommes plus dans l’immédiat après-guerre d’Algérie, et je ne vois pas dans la politique algérienne de signes favorables de rapprochement durable avec la France.
Je pense que toute admission durable devrait être organisée avant d’être autorisée
Je pense qu’une politique migratoire ne devrait pas commencer au moment où une personne arrive en France. Elle devrait commencer au moment où la Nation décide qu’elle a vocation à s’y installer durablement. Accueillir quelqu’un crée une responsabilité : celle de préparer les conditions de son installation, de son intégration et de sa participation à la communauté nationale.
Je crois d’abord que l’immigration économique ne devrait intervenir que lorsque nous ne parvenons pas à répondre durablement à certains besoins avec les personnes déjà présentes en France. Elle ne devrait ni remplacer des travailleurs disponibles, ni servir à exercer une pression sur les salaires ou les conditions de travail.
Mais nous devons aussi regarder notre situation démographique telle qu’elle est. La natalité recule et le vieillissement de la population fragilise progressivement l’équilibre entre les générations. Nous pouvons souhaiter une politique familiale ambitieuse, mais les enfants qui ne sont pas nés hier ne pourront pas devenir les actifs dont nous aurons besoin demain. Une part de l’immigration sera donc probablement nécessaire, pour des raisons économiques mais aussi démographiques.
Cela devrait nous conduire à regarder une admission durable autrement qu’à travers la seule qualification professionnelle. Lorsqu’une personne vient avec son conjoint et ses enfants, elle participe aussi au renouvellement d’une population vieillissante. À situation comparable, la présence d’une famille avec enfants pourrait donc constituer un élément positif dans l’examen d’une admission durable. Le regroupement familial lui-même ne devrait pas être regardé uniquement comme une contrainte : il peut aussi contribuer à construire la population de demain.
Pour l’immigration économique, nous pourrions partir des besoins réels du pays. Une entreprise, une collectivité ou un organisme confronté à une difficulté durable de recrutement pourrait saisir une plateforme nationale recensant les besoins de la Nation. Une admission ne serait envisagée que pour un métier en tension ou lorsqu’il est démontré que le poste ne peut être pourvu durablement sur le marché national du travail.
Cela permettrait de relier trois questions qui sont trop souvent séparées : pourquoi accueillons-nous, de quelle compétence avons-nous besoin et où cette compétence est-elle nécessaire ?
Lorsqu’une admission répond à un besoin précis, elle pourrait être temporairement liée au territoire qui l’a justifiée. Si une commune manque de médecins, si une exploitation agricole ne trouve plus de main-d’œuvre ou si un service d’aide à domicile ne parvient pas à recruter, l’admission pourrait être assortie, lorsque le droit le permet, d’une obligation limitée dans le temps d’exercer ou de résider dans le territoire concerné. Une fois cette période achevée, la liberté de résidence serait pleinement rétablie.
Je pense aussi que nous devrions mieux répartir les admissions sur le territoire. Les besoins ne se trouvent pas seulement dans les grandes métropoles. Les villes moyennes, les territoires ruraux et les zones confrontées à des pénuries durables devraient eux aussi pouvoir bénéficier des compétences dont ils ont besoin.
Il me semble également important de réfléchir à la provenance de l’immigration que nous choisissons d’organiser. L’objectif ne serait évidemment pas de hiérarchiser les cultures ou les nationalités, mais d’éviter qu’une part trop importante des admissions ne provienne durablement des mêmes bassins géographiques, linguistiques ou culturels. Une trop forte concentration peut favoriser la constitution de réseaux fermés et rendre l’intégration plus difficile. La République peut accueillir des cultures différentes, mais elle doit veiller à ce que les institutions communes demeurent le cadre de référence de tous.
Nous pourrions donc rechercher un double équilibre : mieux répartir les nouveaux arrivants sur le territoire national et diversifier les bassins de provenance de l’immigration que la France choisit elle-même d’organiser.
Les modalités seraient naturellement différentes selon les situations. Pour l’immigration économique, l’organisation peut commencer avant l’entrée en France. Pour un regroupement familial, elle devrait accompagner l’autorisation. Pour l’asile, elle commencerait dès lors que la protection est accordée et que l’installation durable devient la perspective retenue.
Mais le principe resterait le même : dès que la République décide qu’une personne a vocation à vivre durablement en France, elle devrait préparer les conditions concrètes de son intégration.
Je pense que nous devrions cesser de considérer l’arrivée sur le territoire comme le début de la politique migratoire. Chaque fois que cela est possible, elle devrait au contraire être l’aboutissement d’une décision déjà pensée, organisée et assumée.
Si l'insertion se fait en côtoyant des personnes (françaises) au travail, à l'église ou autre, je crois que l'assimilation a quelque chose de plus intime. C'est uniquement par les amitiés et les amours qu'on touche du doigt la mentalité des Français, leur attachement à leur terre, à leur nourriture, à tout ce qui fait d'eux des Français. En partageant un repas avec eux, en passant un week-end chez eux dans leur pays natal, en rencontrant leurs amis, leurs familles.
Pour rentrer naturellement dans la sphère « intime » des Français, pour s'assimiler, il faut donc que les immigrés soient nettement minoritaires, que ce soit à l'école, au travail ou dans la commune. Il serait légitime d'empêcher l'installation de nouveaux immigrés dans une commune si celle-ci est déjà constituée de plus de 10 % d'immigrés, par exemple. Le degré d'intégration d'une population ne pouvant pas se mesurer avec des chiffres, le seuil serait laissé à l'appréciation des maires, reflétant d'ailleurs leur orientation politique. Ce qui n'est pas plus mal : on n'irait pas forcer un réfugié à s'installer au sein d'une population réticente…
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