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Cahier de doléances · Agriculture

Problème n° 675

On exige aujourd'hui tout de notre agriculture : nourrir la France, bannir les pesticides et garantir un revenu digne aux agriculteurs.
Mais la réalité est un mur de contradictions. Entre un modèle économique où le consommateur, étouffé par l'inflation, privilégie le premier prix, et des politiques européennes qui entretiennent une concurrence déloyale, l'agriculture française est perdante sur tous les tableaux.

Proposer de supprimer du jour au lendemain tous les phytosanitaires sans alternative viable est une utopie — c'est comme exiger de vider nos maisons de tout médicament, lessive ou produit ménager.

Alors, comment soutenir concrètement nos agriculteurs au-delà des postures idéologiques ?

Depuis Ain (01) · 4 octobre

6 solutions proposées

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Solution n° 676Préférée des inscritsNiveau : État

Agriculture : cesser les incantations, appliquer le bon sens du terrain

Avant même d'exiger de nouvelles transitions, il faut libérer nos producteurs d'un carcan bureaucratique déconnecté du réel. La simplification réglementaire et l'élimination des injonctions contradictoires sont des préalables indispensables.

Prenez l'entretien des haies : dans nos régions d'élevage, les périodes d'intervention autorisées sont en totale inadéquation avec le rythme des exploitations. C’est un casse-tête absurde au quotidien. Il faut stopper d'urgence la surtransposition nationale : la France doit s'interdire d'imposer des règles plus strictes que le cadre européen pour arrêter d'auto-pénaliser ses propres producteurs face à la concurrence.

Le problème fondamental est là : nous avons une profusion de personnes payées pour pondre des normes, et de moins en moins de gens qui produisent concrètement de leurs mains. Même la PAC est devenue une usine à gaz où chaque agriculteur risque la sanction à tout moment, sans même s’en rendre compte, tant le système est complexe.

Sur les produits phytosanitaires, soyons réalistes : s'en passer totalement aujourd'hui est impossible. Ils restent indispensables pour protéger nos cultures contre les maladies et les adventices. Mais pour en réduire l'usage de manière pragmatique, les leviers existent :

La recherche : Sélectionner des variétés de plantes naturellement résistantes.

La technologie : Investir dans l'intelligence artificielle et l'agriculture de précision pour cibler le désherbage au gramme près. Ces matériels existent, mais leur coût reste inabordable, même en CUMA ou en groupement d'achats.

La nutrition végétale : Développer et démocratiser les alternatives pour limiter le recours aux engrais azotés.

La clé est simple : moins d'administration de contrôle, plus de moyens pour la recherche et l'équipement.

En face, la société vit dans un paradoxe permanent. Tout le monde veut du confort, de la technologie et des produits de qualité, mais personne ne veut d'antenne relais à côté de chez soi, de tracteur sur la route, ni d'animaux dans les prés — tout en exigeant des paysages ouverts et parfois en contestant l'élevage au nom de l'éthique. Ce slogan « on marche sur la tête » n'a jamais été aussi vrai. Et ce n'est malheureusement pas d'une administration hors-sol ou des politiques actuels que viendra le salut, mais d'un retour brutal au bon sens.

Depuis Ain (01) · 4 octobre
Solution n° 2771Niveau : État

De manière générale, il faut réaffirmer la vocation première du secteur : assurer notre souveraineté alimentaire par la production.

Concernant l'environnement, la transition est indispensable, ne serait-ce que pour assurer une production sur le long terme. Mais elle est indissociable de la question du revenu et de la résilience des exploitations. Nous devons arrêter de financer des aides qui poussent les agriculteurs vers des modèles qui ne sont pas rentables et de définir des modèles « vertueux » trop rigides à l'échelle nationale.

Pour cela, plusieurs mesures me semblent nécessaires :
- soutenir la transition des agriculteurs dans le cadre de projets rentables, etc. ;
- assurer des débouchés via la préférence locale/nationale/européenne et des critères de durabilité lors de l'octroi des marchés publics ;
- imposer l'étiquetage d'origine ;
- protéger nos agriculteurs de la concurrence déloyale, notamment intra-européenne ;
- bonifier ou diminuer les aides alimentaires en fonction de l'origine des produits ;
- planifier (conférences de souveraineté alimentaire et contrats d'avenir).

Depuis Nord (59) · 7 octobre
Solution n° 5352Niveau : entreprises

Au vu du prix produit, qui est proposé aux agriculteurs, à la vente au départ de leur exploitation, ne serait-il pas possible de balayer les intermédiaires, et de créer un réseau de distribution leur appartenant, pour pouvoir négocier à égalité avec les grandes surfaces et autres industriels de ce même tissu ? Un réseau de distribution à l’équilibre qui shunterait ces fameux intermédiaires

Depuis Hérault (34) · 14 octobre
Solution n° 6946Niveau : État

Garantir un revenu minimum à chaque agriculteur pour préserver notre souveraineté alimentaire.

Depuis Gard (30) · 19 octobre
Solution n° 8173Niveau : Europe

Les agriculteurs pâtissent d’un double défi. Se retrouver seuls face aux marchés mondiaux de la production agricole, tout en ayant des contrôles réglementaires sans fin sur leur exploitation. Qui veut investir chaque année pour lancer une production, sans aucune garantie sur les prix ? C’est comme si on demandait à un salarié de travailler toute une année, sans connaître sa rémunération qui interviendra au terme de son contrat annuel. C’est inacceptable et indécent.

L’Europe doit revenir à une politique de soutien aux produits agricoles, avec des prix dégressifs garantis par quantité produite, c’est-à-dire par quota. Assurer la sécurité financière de celui qui investit et travaille pour nourrir sainement la population est un devoir absolu, car à défaut nous confierons la production agricole à des investisseurs qui ne manqueront pas de spéculer sur l’alimentation.

C’est exactement le principe qui exista avec les quotas laitiers, ou encore les prix garantis à la production, avant la réforme de la PAC dans les années 90. Il n’y a donc rien d’infaisable ou de révolutionnaire.
On peut ainsi limiter le soutien financier public aux très grosses exploitations (la ferme des mille vaches, les exploitations agricoles de dimension industrielle, etc.)

La seule différence, c’est d’appliquer un soutien dégressif par quantité, négocié avec les représentants agricoles et régionalisé selon les territoires, afin de renforcer l’agriculture familiale, soutenir l’attractivité du métier et tendre à réduire les intrants. Dans cette logique économique, la surproduction dopée aux engrais et pesticides ne paie pas.

Cette solution qui passe par un protectionnisme alimentaire comme dans les années 60-70-80, permet également de s’assurer de ne pas perturber les marchés mondiaux agricoles, pour inciter les pays notamment africains à promouvoir une agriculture vivrière.

Michel Rocard avait esquissé ce principe avec Louis Le Pensec, ministre de l’Agriculture, mais cette réforme a été abandonnée par les tenants du libéralisme économique, même de gauche.

Depuis Hautes-Pyrénées (65) · 26 octobre
Solution n° 8976Niveau : État

Il faut reprendre le contrôle de notre politique alimentaire et mettre fin à la loi du plus fort imposée par la concentration de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution. La rémunération des agriculteurs, la qualité de notre alimentation et notre souveraineté alimentaire doivent devenir des priorités nationales.

– Encadrons les marges et partageons équitablement la valeur. Réguler les marges de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution, lutter contre les positions dominantes et la spéculation alimentaire. Imposer une répartition plus juste des bénéfices afin de garantir aux producteurs une rémunération couvrant leurs coûts de production et leur assurant un revenu digne.

– Bloquons les prix d’un panier de 100 produits essentiels. Instaurer un panier de référence à prix encadrés pour protéger le pouvoir d’achat, sans faire peser cet effort sur les agriculteurs.

– Valorisons les productions françaises. Imposer aux grandes surfaces de regrouper dans des rayons clairement identifiés les produits d’origine française et régionale. Rendre obligatoire l’étiquetage précis du pays d’origine. Intégrer le coût carbone du transport dans les prix des produits importés et instaurer une péréquation des marges en faveur des productions françaises.

– Contrôlons réellement les importations. Renforcer les contrôles sanitaires et vétérinaires, notamment sur les résidus de pesticides et les pratiques interdites en France. Interdire la commercialisation des produits non conformes à nos exigences sanitaires et environnementales. Lutter contre les fraudes au label bio et responsabiliser les distributeurs sur les produits qu’ils mettent en rayon.

– Donnons du pouvoir aux consommateurs. Renforcer les moyens des associations de consommateurs, leur permettre d’effectuer des contrôles indépendants et des inspections inopinées, et sanctionner les pratiques frauduleuses.

– Défendons une agriculture durable et familiale. Harmoniser les normes européennes par le haut, soutenir les agriculteurs engagés dans des productions de qualité, faciliter l’installation des jeunes et préserver l’élevage ainsi que les exploitations familiales face à la concentration des terres et à la spéculation financière.

Il y a urgence à réconcilier pouvoir d’achat, qualité alimentaire et juste rémunération du travail agricole. Nos producteurs ne doivent plus subir une concurrence déloyale pendant que les intermédiaires accumulent les profits. Défendre les paysans, c’est défendre notre santé, notre souveraineté alimentaire et nos paysages. Sécuriser notre agriculture, c’est sécuriser notre avenir.

Depuis Val-de-Marne (94) · 1 novembre

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