Présidentielles : les candidatures multiples à gauche, au centre ou à droite, finalement, ne déroulent-elles pas un « tapis rouge » aux extrêmes, comme semblent l’indiquer les récents sondages, les tendances ? Les règles applicables à la présidentielle 2027, en matière de remboursement des comptes de campagne, ne créaient-elles pas une incitation financière à maintenir une candidature, pour espérer atteindre le seuil des 5 % et ainsi décourager d’éventuelles alliances républicaines, autour d’un projet commun ? (Pour rappel : avec au moins 5 % des suffrages exprimés, 47,5 % des dépenses du premier tour sont remboursées, dans la limite de 8 004 225 €. En dessous de 5 % des voix, ce n’est que 4,75 %, dans la limite de 800 422,50 €).
Si, malheureusement, au second tour il n’était proposé aux électeurs, que le choix du pire et de l’épouvantable, quelle serait alors votre consigne de vote ?
Je sais, c’est une question embarrassante mais qui mérite d’être posée. Vos futurs électeurs ont besoin de savoir. Bien sûr nous souhaitons tous vous voir nous représenter en mai prochain. Mais environ 30 candidats vont aussi s’interroger sur les incitations financières, les potentielles alliances ou les conséquences d’un retrait.
Cahier de doléances · Démocratie
Problème n° 6480
1 solution proposée
Premièrement, à titre personnel, je considère les consignes de vote au second tour comme une injure envers les électeurs. Si l’on considère que les électeurs sont stupides et qu’ils ont besoin qu’on leur dise pour qui voter, il faut arrêter la mascarade tout de suite et supprimer simplement les élections. Personne n’est propriétaire de ses électeurs. J’espère au plus profond de moi-même que Natacha Polony ne se rabaissera jamais à cela.
Deuxièmement, le vote doit être une affaire de conviction, et non un vote « utile » destiné à éviter un second tour entre « le pire et l’épouvantable ». Quelles que soient vos opinions, il est délétère de voter pour autre chose que ce en quoi vous croyez. Il faut arrêter de céder au chantage : c’est malsain et cela nous conduit à des situations absurdes où le pouvoir est confisqué par des personnes dont le programme ne convainc réellement que 10 % des électeurs.
Troisièmement, Emmanuel Macron a verrouillé tout ce qu’il pouvait pour savonner la planche à son successeur et rendre impossible toute politique radicalement différente.
Voici une liste non exhaustive des nominations qui vont pourrir la vie politique française :
- Cour des comptes : nomination d’Amélie de Montchalin, avec un mandat allant jusqu’en 2053.
- Conseil constitutionnel : nomination de Véronique Malbec + Richard Ferrand + limogeage d’Aurélie Bretonneau (pour désaccord avec Ferrand).
- ARCOM : nomination de Martin Ajdari en 2025.
- Banque de France : nomination d’Emmanuel Moulin en 2026.
- Conseil d’État : nomination de Marc Guillaume en 2026.
Attention, il est certes possible pour le nouveau chef de l’État de revenir sur certaines de ces nominations, mais tout le monde est conscient du discrédit médiatique que cela pourrait engendrer. Si la première chose que vous faites en arrivant au pouvoir est de limoger toutes les personnes nommées par votre prédécesseur, toute l’opposition politique se fera un plaisir de vous présenter comme un méchant dictateur. (En revanche, placer ses fidèles lieutenants avant de partir ne fait pas la une des journaux.)
Si vous avez peur que les choses changent radicalement, rassurez-vous : c’est peu probable. On ne va quand même pas laisser un représentant élu par le peuple faire ce pour quoi il a été élu ! Nous sommes en France, tout de même !
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