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Cahier de doléances · Autre sujet

Problème n° 628

Je sais la chance que j’ai de vivre en France, d’avoir un emploi stable, un salaire, une protection sociale et des services publics. Je ne veux donc ni exagérer ma situation ni me présenter comme plus pauvre que je ne le suis.

Mais il existe malgré tout un problème réel : le montant du salaire ne suffit plus à dire si une personne vit correctement.

On peut travailler, avoir un revenu qui paraît correct sur le papier, dépasser les plafonds de certaines aides et pourtant avoir très peu de marge une fois payés le logement, l’énergie, les assurances, les transports et toutes les dépenses indispensables. Ce qui compte réellement, ce n’est donc pas seulement ce que l’on gagne, mais ce qu’il reste pour vivre une fois les dépenses essentielles payées.

Il y a aussi la question de l’alimentation. Bien manger ne devrait pas devenir un luxe. Vouloir acheter des produits français, de qualité, bons pour la santé, ne devrait pas être considéré comme une dépense superflue. Je préfère consommer moins, mais mieux. Pourtant, cette exigence devient de plus en plus difficile à tenir, alors même que beaucoup de producteurs français expliquent qu’ils ne vivent pas correctement de leur travail.

Il y a là une contradiction : le consommateur paie cher et le producteur est souvent mal rémunéré.

À cela s’ajoute l’éloignement des commerces et des services. De nombreux commerces de proximité ont disparu au profit de grandes zones commerciales situées à plusieurs kilomètres. Quand on n’a pas de voiture, on devient dépendant des autres ou des transports. Et ceux qui ont une voiture deviennent à leur tour dépendants du prix du carburant.

Nous avons organisé une partie de notre vie quotidienne autour de la voiture, puis nous constatons que cette dépendance devient de plus en plus coûteuse.

Le problème du pouvoir d’achat ne se résume donc pas à demander toujours plus d’aides ou toujours plus de salaire. Il faut regarder concrètement le reste à vivre, le coût du logement, le prix de l’alimentation…

Depuis Seine-et-Marne (77) · 4 octobre

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Solution n° 629Niveau : État

La première chose à changer serait de partir non plus seulement du salaire affiché, mais du reste à vivre réel des ménages. Une personne peut dépasser de peu le plafond d’une aide et pourtant avoir très peu de marge une fois le logement, l’énergie, les transports et les dépenses indispensables payés. Il faudrait donc réduire les effets de seuil : les aides devraient diminuer progressivement plutôt que disparaître brutalement dès qu’un revenu dépasse une limite.

Mais il ne suffit pas de distribuer davantage d’aides. Il faut agir sur ce qui coûte cher.

Pour l’alimentation, favoriser les circuits courts, les commerces de proximité et les producteurs français. Rendre plus transparente la répartition du prix entre producteur, intermédiaires et distributeur, et utiliser davantage la commande publique pour soutenir une alimentation française de qualité.

Pour les déplacements, recréer des commerces et des services près des habitants et améliorer les transports locaux, afin que l’absence de voiture ne devienne pas une forme d’exclusion. Et lorsque le carburant flambe, l’État pourrait faire varier temporairement les taxes pour éviter que toute la hausse retombe sur les ménages et les professionnels.

L’objectif ne devrait pas être d’aider toujours plus de personnes à supporter des prix devenus trop élevés, mais de faire en sorte que les besoins essentiels redeviennent accessibles à ceux qui travaillent.

Depuis Seine-et-Marne (77) · 4 octobre

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