Professeur des écoles à la retraite, je donne des cours particuliers à domicile, jusqu’en 3e.
Je suis catastrophée par le niveau extrêmement faible des élèves, le manque d’habitude de travail et le manque d’envie de faire un effort.
L’Éducation nationale ne devrait pas s’appeler « éducation » mais « instruction ».
Les enseignants ne peuvent pas apprendre les bases de l’éducation aux élèves. C’est aux parents de le faire. Les dysfonctionnements dont Mme Polony parle, et pas que pour l’école, sont totalement vrais.
Je crois très fort en son engagement.
Cahier de doléances · Éducation
Problème n° 5643
2 solutions proposées
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Et ça se ressent jusqu’en classe préparatoire : même s’il s’agit d’un concours, les étudiants donnent l’impression qu’une place en école leur est due. Je pense qu’il faudrait revenir sur un concept de base : le savoir n’est pas un droit qui vient sans responsabilité.
D’un côté pour les parents : s’ils veulent que leurs enfants disposent de ce savoir, charge à eux de leur mettre suffisamment de plomb dans la tête pour que leur enfant respecte les règles de la classe (je me souviens que quand j’étais à l’école, le jour où je revenais à la maison avec une mauvaise note ou un mot dans le carnet de correspondance, que ce soit pour travail non fait ou bavardages, je savais que j’allais passer une très mauvaise semaine… Aujourd’hui, quand on appelle un parent au sujet du comportement d’un élève, certains font même le forcing auprès du chef d’établissement pour retirer la punition ou améliorer la note pour ne pas plomber le dossier de leur enfant…).
Et de l’autre pour les élèves : le passage au niveau suivant ou l’orientation qu’ils souhaitent n’est pas inconditionnel. Déjà, ne pas faire redoubler les élèves n’est pas un service à leur rendre, parce qu’ils seront encore plus perdus l’année suivante, et d’autre part l’argument financier qu’un redoublement coûte cher à l’État est fallacieux : on paye encore plus cher à maintenir des places dans des classes pour des élèves qui n’ont clairement pas le niveau pour les suivre… Et d’autant plus cher que le niveau de la classe est élevé… Bref, qu’on leur inculque le concept d’exigences.
Après, comment mettre en place cela ? La partie facile est celle qui ne dépend que de l’intransigeance de l’institution : remettre en place de vrais sujets pour le bac et pour le brevet (mettre un examen pour le passage de chaque niveau serait sans doute trop lourd, on peut à la rigueur laisser ça à la discrétion des établissements), et remettre les parents à leur place quant au fait que le seul levier qu’ils ont sur le traitement de leur enfant à l’école, c’est l’éducation qu’ils lui donnent. S’ils veulent que leur enfant assiste au cours, la moindre des choses, c’est qu’il ne le perturbe pas, par exemple. S’ils veulent que leur enfant participe à des activités extrascolaires, qu’ils l’éduquent correctement pour qu’il ne soit pas en retenue à ce moment-là. Etc. Et si leur enfant s’est fait exclure définitivement d’un établissement, ça doit être eux qui s’engagent à s’assurer que ça ne se reproduise plus avant que leur enfant puisse remettre les pieds dans un autre établissement : leur enfant a, à ce moment-là, perdu son droit d’accès au savoir.
La partie moins facile concerne les parents qui ne peuvent, ou ne veulent, pas assumer leur rôle d’éducateur : on entre à ce moment-là dans un autre débat : à quel point doit-on respecter le droit des parents à donner à leur enfant l’éducation qu’ils souhaitent ?
25 ans d’enseignement, 25 ans d’introspection pédagogique. J’ai radicalement transformé ma pratique : le but n’est pas de livrer un savoir, mais de donner aux élèves les clés pour se l’approprier.
Les solutions que je propose peuvent paraître hérétiques aux yeux du système traditionnel, pourtant, elles ont le mérite d’avoir été éprouvées sur le terrain et de fonctionner. Voici les trois piliers de ma démarche : 1. Apprendre à apprendre : il existe 64 profils d’apprentissage différents. La plupart des élèves en difficulté échouent non pas par manque de capacités, mais parce qu’ils ignorent comment leur propre cerveau fonctionne. Les aider à décoder leur mode de fonctionnement, c’est leur donner les clés et gagner un temps précieux. 2. Développer la logique : plutôt que le bachotage, j’utilise des outils comme l’Activologue pour structurer la pensée et apprendre à raisonner. 3. Oser la classe inversée : la théorie à la maison, la pratique en classe. Pourquoi ? Parce que c’est face à l’exercice que l’élève bloque et décroche. En inversant les rôles, l’enseignant devient disponible pour intervenir au moment crucial, juste avant que la démobilisation ne s’installe.
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