Natacha Polony — Ensemble, bousculons l’entre-soi politique

← Numérique

Cahier de doléances · Numérique

Problème n° 556

La souveraineté numérique constitue aujourd’hui une question essentielle : comment une nation peut-elle rester libre et maîtresse de ses choix lorsque ses infrastructures Internet, ses systèmes d’intelligence artificielle, ses logiciels, ses composants électroniques et ses plateformes sont conçus et contrôlés à l’étranger ?

Alors que la France fabrique et produit de moins en moins, cette dépendance technologique fragilise notre économie, la sécurité de nos données, le fonctionnement de nos services publics et notre capacité à décider par nous-mêmes.

Dès lors, comment reconstruire une véritable indépendance sans nous couper des échanges internationaux ni renoncer au progrès ? Ne faudrait-il pas investir davantage dans l’éducation, la recherche, la cybersécurité, le logiciel libre, les centres de données, les semi-conducteurs et les industries stratégiques, tout en renforçant la coopération européenne ?

La souveraineté numérique ne consiste sans doute pas à vivre en autarcie, mais à être capables de comprendre, de produire, de réparer et de choisir.

La question est donc de savoir comment bâtir une autonomie réelle, ouverte et durable, permettant à la France et à l’Europe de maîtriser leur avenir technologique sans se fermer au monde.

Depuis Hauts-de-Seine (92) · 4 octobre

10 solutions proposées

Votez pour celle qui vous semble la meilleure : une voix par personne, que vous pouvez déplacer.

Solution n° 2527Préférée des inscritsNiveau : État

Introduction : Le piège de la dépendance et la nécessité d'une rupture

La réindustrialisation de la France ne se fera pas en copiant les modèles dépassés du XXe siècle, ni en cédant aux sirènes du libre-échange dérégulé. Aujourd'hui, l'appareil productif national fait face à un péril mortel : la subordination technologique. En confiant le traitement de nos données industrielles aux géants américains du cloud (GAFAM), nous exposons nos PME, nos ETI et nos services publics à l'espionnage économique et aux lois extraterritoriales agressives comme l'US Cloud Act.

Dans le même temps, la course effrénée vers une IA centralisée, hébergée dans des datacenters gigantesques, constitue un aveuglement stratégique. Elle impose une pression insoutenable sur notre réseau électrique et nous condamne à dépendre de monopoles étrangers sur les composants de pointe.

Face à cette double impasse, nous proposons une stratégie de rupture fondée sur la doctrine souverainiste et protectionniste portative de Natacha Polony : la reconquête industrielle par l'IA frugale, décentralisée et exécutée en local (Edge AI). Il s'agit d'installer la puissance de calcul au plus près du terrain — dans nos usines, nos machines-outils, nos hôpitaux et nos réseaux territoriaux — sans jamais exfiltrer les données stratégiques hors du territoire national.

Axe 1. Mobiliser les champions français du hardware et du silicium

L'autonomie numérique est indissociable de la souveraineté matérielle. La France possède un écosystème industriel et scientifique d'excellence qu'il convient de structurer en filière intégrée :

STMicroelectronics & Soitec : Nous réorienterons les priorités de production vers les puces d'inférence à très basse consommation basées sur la technologie FD-SOI. Adaptées au calcul local et embarqué, ces puces permettent d'exécuter des modèles d'IA directement sur les sites de production sans générer de surchauffe énergétique.

Bull / Eviden (Atos) : Le savoir-faire historique français en supercalculateurs sera mobilisé pour concevoir et fabriquer des microserveurs souverains (Edge Racks), durcis, sécurisés et destinés à équiper directement le tissu de nos PME et ETI.

SiPearl & Kalray : L'État soutiendra l'adoption des processeurs européens basés sur l'architecture ouverte RISC-V et des puces d'accélération DPU (Data Processing Units), afin d'affranchir définitivement la France des licences d'exploitation étrangères.

CEA-Leti (Grenoble) : Le laboratoire national sera positionné comme la forge stratégique de prototypage pour les puces de prochaine génération (architectures neuromorphiques et spintronique).

Axe 2. Connecter les modèles souverains et le réseau décentralisé

La puissance du matériel français prend tout son sens lorsqu'elle est couplée aux briques logicielles les plus performantes de l'écosystème open source :

Mistral AI : Intégration de leurs modèles de langage compacts (Small Language Models) au sein des microserveurs industriels locaux pour offrir une assistance technique et un pilotage automatisé hors ligne.

Hugging Face : Création d'un registre national souverain sécurisé pour simplifier la quantification, la compression et la distribution des modèles optimisés pour notre matériel national.

AMI Labs : Déploiement des World Models (modèles du monde basés sur le raisonnement physique) au cœur de la robotique et des automates pour assurer le contrôle qualité en temps réel et la maintenance prédictive dans nos usines.

Projet Tapestry & AI Alliance : Généralisation des protocoles d'apprentissage fédéré (Federated Learning). Les entreprises d'un même secteur pourront entraîner collectivement des modèles intelligents sans qu'aucune donnée brute ni aucun secret de fabrication ne quitte le serveur local de l'usine.

Axe 3. Protections, fiscalité et ancrage territorial

Pour ancrer cette révolution technologique dans le tissu économique national, trois leviers politiques majeurs seront actionnés :

Préférence nationale et commande publique : Réforme du code des marchés publics avec l'instauration d'un Buy European Act et l'obligation pour la défense, la santé et les infrastructures critiques d'adopter la doctrine « On-Premise / Edge First ».

Fiscalité incitative : Instauration d'un crédit d'impôt « IA Embarquée & Frugale » pour financer l'équipement des PME-ETI en matériel de calcul souverain, et création d'un label d'État « IA Souveraine & Locale » garantissant l'étanchéité totale des données.

Hubs IA & Territoires : Dans chaque région, alliance obligatoire entre les écoles d'ingénieurs (INP, INSA, Arts et Métiers), les universités, les CCI et les entreprises territoriales pour prototyper et déployer des solutions matérielles sur mesure.

Conclusion : La réappropriation de notre destin industriel

En articulant l'excellence académique, l'agilité de nos startups de l'IA, la force de nos géants du silicium et la puissance d'un État stratège, la France peut devenir le leader mondial de l'IA embarquée et frugale. Ce projet politique redonne à nos o

Depuis Haute-Garonne (31) · 7 octobre
Solution n° 1067Niveau : État

La souveraineté passe par l'adoption d'environnement logiciel open source ( Linux par exemple ) à tous les niveaux de la socièté . L' OS Windows Microsoft est un piège financier ainsi que la suite logicielle qui va avec . Elle est également le meilleur moyen pour les USA de piller nos données sensibles ( Ils ne s'en privent pas ) . Songez à l'économie que pourraient faire les entreprises l'état , les particuliers en terme de couts de licences et à rediriger cet argent sur de la formation (par exemple) ou sur de la sécurité numérique .

Depuis Haute-Garonne (31) · 5 octobre
Solution n° 3522Niveau : État

Il convient de favoriser l'émergence de champions nationaux pour préserver notre indépendance numérique.
On peut s'appuyer sur des entreprises comme Orange et Mistral AI.
Nos services publics, via les marchés publics, doivent soutenir les solutions numériques proposées par nos acteurs nationaux afin de leur permettre de constituer une filière d'excellence.

Depuis Seine-Maritime (76) · 9 octobre
Solution n° 5623Niveau : État

Il est temps de développer et de privilégier des outils numériques français ou européens pour réduire notre dépendance aux GAFAM.

Dans la vie personnelle comme au travail, on nous demande presque automatiquement si nous avons WhatsApp, Instagram, Facebook, etc. Pourtant, des alternatives existent : Olvid pour la messagerie, Qwant pour la recherche en ligne, et d’autres réseaux sociaux européens qui mériteraient d’être davantage connus et utilisés.

C’est pareil pour l’intelligence artificielle : nous devrions soutenir les outils européens, notamment Mistral.

À un moment, il faut assumer un vrai choix politique : interdire progressivement les services des GAFAM en France et les remplacer par des outils européens. Tant qu’on laisse les plateformes américaines dominer nos usages, nos alternatives n’ont aucune chance de s’imposer.
La souveraineté numérique, ça demande du courage — et des actes.

Depuis Rhône (69) · 15 octobre
Solution n° 3481Niveau : État

Lutter contre le tout numérique et la déshumanisations des services publics et privés sans rater le train tech : problème simples réglés par le numérique mais toujours avoir la possibilité de joindre un humain qui a les leviers d'action (incitation fiscale aux entreprises pour la mise en place d'un service client humain).
Protection des données et de la vie privée : éducation populaire à la cybersécurité et mise à disposition d'outils faciles à utiliser, lutter contre la discrimination numérique pour les "non geeks", notamment les séniors.
Réduction de la dépendance numérique, développement de cloud, RS et IA français (ou éventuellement européen mais avec contrôle) : possibilité pour les particuliers d'investissement dans les Start-ups et sociétés tech françaises avec aide fiscale. Aide à la migration pour les entreprises et les particuliers (Linux ou autre). Malus fiscal pour les systèmes trop fermés (TVA majorée par exemple pour les produits étrangers refusant les règles de transparence et de confidentialité).

Depuis Hauts-de-Seine (92) · 9 octobre
Solution n° 3495Niveau : Europe

Je ne sais pas si on a le droit de recommander des ouvrages, mais il y en a un, « L’empire souterrain » de Henry Farrell, que je recommande. Il explique bien que les logiciels, réseaux sociaux, etc., ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Le système bancaire est aussi aux mains des Américains : voir les sanctions prises contre des juges de la Cour internationale. Les réseaux internet ont des « nœuds » aux USA où toutes les données sont « pompées » par la NSA, etc.

Il faudrait sans doute s’inspirer plus globalement des actions en cours en Chine ou en Russie pour justement éviter cette hégémonie et, au niveau européen (la France n’en supporterait pas seule un tel coût), déployer nos propres systèmes bancaires indépendants basés sur l’euro et pas le dollar. Les BRICS essayent avec le yuan… Un internet avec des nœuds en Europe, des communications codées, etc.

Depuis Haut-Rhin (68) · 9 octobre
Solution n° 5078Niveau : État

La solution que je défends tient finalement en une idée : transformer notre politique numérique de guichet de subventions en carnet de commandes. Concrètement, l’État commencerait par mesurer ce qu’il ignore aujourd’hui, avec un bilan de dépendance numérique pour lui-même puis pour les grandes entreprises, afin de faire apparaître nos vrais trous stratégiques. Parmi eux, il retiendrait une poignée de briques transversales, celles qui irriguent à la fois le cloud, l’IA, la robotique et la défense : accélérateurs de calcul, runtime portable alternatif à CUDA, mémoire avancée, cloud à l’échelle. Pour chacune, il ne désignerait pas un champion. Il publierait un engagement de demande sur dix ans, porté conjointement par la commande publique et par les grands acheteurs privés volontaires : banques, énergéticiens, opérateurs, industriels. Ces contrats seraient découpés en paliers. Une première tranche serait accessible dès qu’une solution européenne couvre le besoin critique, et les volumes suivants ne se débloqueraient qu’à mesure qu’elle se rapproche du niveau du marché. Le message aux entrepreneurs et à leurs investisseurs devient alors limpide : si vous atteignez ces objectifs, un marché vous attend. On garantit un marché, jamais un gagnant.

Ce mécanisme ne fonctionne que s’il est tenu dans la durée et exposé à la lumière. Il doit donc s’inscrire dans un plan de programmation numérique à dix ans, piloté par un ministre. Ce plan sanctuariserait des capacités plutôt que des technologies, articulerait recherche, industrialisation et commande, et répartirait l’effort à l’échelle européenne là où les compétences existent déjà, plutôt que de distribuer chaque projet au prorata des drapeaux. L’open source y aurait toute sa place, mais comme un commun financé et gouverné, pas comme une baguette magique. Chaque année, le gouvernement publierait quelques indicateurs simples : les commandes réellement passées, l’évolution de notre dépendance, la maturité acquise par nos acteurs. Abandonner une capacité resterait possible, mais exigerait un vote et une analyse publique de ce que ce renoncement nous coûtera. Mesurer, choisir, commander, rendre des comptes : ce n’est pas une révolution, c’est simplement la première fois que nous essaierions vraiment.

Depuis Hauts-de-Seine (92) · 14 octobre
Solution n° 5639Niveau : entreprises

Il faudrait déjà commencer par donner une chance à nos jeunes. Mon fils est détenteur de 2 masters of science en informatique et en IA, mais lorsqu’il a envoyé ses candidatures (plus de 70 au total) on lui a répondu systématiquement qu’il fallait avoir 5 ans d’expérience, alors qu’à l’époque le domaine d’IA dans lequel il était spécialisé n’avait encore que 3 ans d’existence ! Résultat ? Premier emploi en Suède, puis actuellement en Allemagne !
En France la prise de risque est tellement négligée par les entreprises que même l’embauche d’un individu plutôt doué (Epitech, université du Kent) semble poser problème. Or, sans prise de risque, pas d’innovation et pas de développement.

Depuis Gers (32) · 15 octobre
Solution n° 6881Niveau : État

Commencer par l’interdiction à tous les dirigeants de notre nation de réagir à tout et n’importe quoi sur des réseaux sociaux que nous ne gérons pas.

Des équivalents franco-européens existent, il faut absolument les privilégier pour leur permettre de croître.
Cela devrait s’appliquer à tous les niveaux et dans tous les domaines de responsabilité : politique, économie, affaires, etc.

Depuis Orne (61) · 19 octobre
Solution n° 7265Niveau : Europe

Proposer au niveau européen de grands programmes de développement d'un réseau social européen type Facebook (inégalé sur les fonctionnalités et similaire au VK russe), TikTok ou Instagram de demain, à défaut de pouvoir le faire seul au niveau français.
Ceux qui prônent l'hégémonie des USA sont au mieux des idiots utiles, au pire des incompétents.
L'écrasante majorité des utilisateurs de réseaux sociaux ne vont jamais chercher des contacts en dehors de leurs communautés nationales ou, tout au moins, francophones.
Dans les années 80, la France a été un exemple mondial avec son Minitel. L'usage répondait à un besoin auquel, même à l'époque, Internet ne répondait pas aussi bien avant l'avènement du Web.

Depuis Val-de-Marne (94) · 21 octobre

Proposer une solution à ce problème

Les solutions sont écrites par les inscrits, puis relues avant publication.

Je propose une solution

Partager cette page

Le lien s’ouvre sans compte et affiche son image sur les réseaux.

Faire un don Je souhaite rejoindre

Rejoindre le mouvement

Je souhaite rejoindre

L’inscription est gratuite, et le don facultatif. Laissez votre adresse : vous recevrez votre invitation par courriel.

Protection de vos données. Les deux champs sont obligatoires. Natacha Polony traite ces informations, ainsi que la source de votre visite, sur la base de votre consentement, uniquement pour vous tenir informé de ses prochaines étapes et mesurer la provenance des participations. Votre inscription est enregistrée dès l’envoi du formulaire. Vous pouvez retirer votre consentement et exercer vos droits à tout moment. En savoir plus sur vos droits et l’utilisation de vos données.

Déjà inscrit ? Connectez-vous.