Sortir des énergies fossiles est une priorité à la fois pour notre souveraineté énergétique, pour notre souveraineté économique et pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre et participer à l’effort collectif contre le réchauffement climatique. Cet objectif majeur devrait dépasser les débats idéologiques concernant les solutions pour y parvenir. Ainsi, opposer énergies renouvelables (principalement éolien et solaire, le potentiel hydraulique français étant déjà quasiment intégralement utilisé) et énergie nucléaire empêche de développer des solutions pragmatiques, durables et sûres à la hauteur de l’enjeu du changement climatique. Les deux solutions (renouvelables et nucléaire) sont à la fois viables, complémentaires et compatibles. Par ailleurs, en parallèle de son industrie nucléaire, la France et l’Europe peuvent encore développer une industrie souveraine de fabrication de cellules et modules solaires pour lutter contre la domination chinoise. Le manque d’approche scientifique indépendante et de vision stratégique de l’État et de l’Europe sur ces sujets cruciaux pour notre souveraineté, notre économie et le climat nous empêche d’avancer efficacement et de préparer l’avenir.
Cahier de doléances · Environnement
Problème n° 5445
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C’est toute une filière française voire européenne qu’il faudrait recréer pour créer un cercle vertueux de décarbonation de l’énergie et de réindustrialisation. Sur ce genre de sujet il faut du volontarisme politique, un protectionnisme assumé et la valorisation du made in France ou made in Europe. Les commandes publiques devraient être toujours, lorsque c’est possible, orientées vers des producteurs français voire européens. Cessons d’enrichir la Chine (produits manufacturés) ou les États-Unis (technologies numériques, IA etc.)
C’est malheureusement une réalité pour de nombreux ménages. En réalité, la France a peu de prise sur le prix du pétrole et du gaz, auxquels elle reste exposée. Réduire les taxes pourrait certes soulager à court terme, mais sans stratégie de sortie des énergies fossiles, cela revient à amortir les chocs sans résoudre la dépendance qui les rend récurrents.
Je pense que la solution structurelle consiste à accélérer l’électrification de notre économie, tout en protégeant évidemment les ménages les plus fragiles.
Cela passe par des véhicules électriques, déjà souvent plus économiques sur l’ensemble de leur durée de vie, et par l’électrification des logements, notamment grâce aux pompes à chaleur, avec des financements adaptés aux revenus et des économies vérifiables sur les factures.
Pour cela, l’État a sans doute un rôle à jouer avec des offres de leasing accessibles. Certes le budget de l’État est aujourd’hui contraint mais on peut sans doute trouver des mécanismes de financement un peu plus innovants : créer un fonds national de leasing, garantir les emprunts privés, etc.
Bien sûr, cela exige aussi de traiter la question du coût de l’électricité, du réseau et des investissements nécessaires. L’objectif n’est pas simplement de payer moins cher les énergies fossiles aujourd’hui, mais de rendre durablement les ménages moins dépendants de leurs fluctuations.
Utilisons les moyens de production d’électricité pour ce qu’ils peuvent apporter. Le nucléaire fournit une production de masse, stable et en proportion importante relativement à nos besoins. L’hydraulique est pilotable pour absorber les pics de charge, malheureusement en France quasiment toutes les capacités sont exploitées. Le photovoltaïque devrait être utilisé uniquement sur des surfaces mortes comme les toitures et les parkings, mais pas sur des terrains où il prend la place des forêts ou des cultures. Une part de générateurs à énergie fossile est nécessaire, à gaz, au pétrole, pour fournir les moyens complémentaires.
Sur les aspects de souveraineté énergétique, réindustrialisation et décarbonation de notre économie, les travaux et rapports du Shift Project sont très intéressants. Ils permettent de penser une stratégie en se basant sur des données scientifiques et objectives qui tiennent compte des réalités physiques et des limites planétaires. Par exemple, quand on sait que la production mondiale de pétrole sera divisée par deux d’ici 2050, élaborer un plan stratégique sans intégrer ce fait le rendrait de fait caduc.
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