L’Union européenne est essentielle pour peser face aux grandes puissances, mais son fonctionnement est souvent perçu comme complexe, technocratique et éloigné des citoyens.
L’accumulation de règles et les différences fiscales, sociales ou réglementaires entre pays peuvent à la fois limiter notre capacité d’action et créer une concurrence interne qui fragilise nos entreprises, nos emplois et notre modèle social.
À 27 pays aux intérêts parfois très différents, l’Europe peine également à avancer rapidement sur les sujets stratégiques.
Cahier de doléances · Europe
Problème n° 4801
2 solutions proposées
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Construire une Europe plus forte là où l’union est utile, plus protectrice face aux grandes puissances et plus respectueuse des nations là où elles peuvent agir seules :
- concentrer l’action européenne sur les grands enjeux communs : défense, frontières, énergie, industrie, recherche, commerce et numérique ;
- harmoniser progressivement les règles fiscales, sociales et environnementales pour éviter une concurrence moins-disante entre Européens ;
- permettre à des groupes de pays volontaires d’aller plus loin ensemble lorsque l’accord des 27 est impossible, plutôt que de rechercher systématiquement le plus petit dénominateur commun ;
- appliquer réellement le principe de subsidiarité : décider au niveau national ou local chaque fois que l’échelon européen n’apporte pas de valeur supplémentaire ;
- simplifier les normes européennes et supprimer régulièrement celles devenues inutiles ;
- protéger les citoyens, les entreprises et les secteurs stratégiques européens contre les concurrences déloyales, les ingérences et les dépendances excessives envers les grandes puissances ;
- renforcer le contrôle démocratique et la transparence des décisions européennes ;
- défendre une politique de l’euro compatible avec la stabilité des prix, l’investissement, l’emploi et la compétitivité ;
- préserver la souveraineté des peuples sur les décisions fondamentales : aucun État ne devrait notamment pouvoir être contraint par une majorité européenne à engager ses forces dans une guerre qu’il n’a pas démocratiquement approuvée.
L’Europe doit nous rendre plus forts là où nous avons intérêt à agir ensemble, nous protéger dans un monde de rapports de force, sans retirer aux peuples le pouvoir de décider de leur avenir.
Renoncer à l’Europe fédérale de Jean Monnet et bâtir l’Europe confédérale de de Gaulle : davantage d’Europe dans les domaines où clairement l’union fait la force mais ce sans porter atteinte à la souveraineté des États. Ceux-ci doivent pouvoir mutualiser leurs moyens en partageant leurs compétences en matière de sécurité, de santé publique, de recherche scientifique, de coopération internationale ou de lutte contre le réchauffement climatique sans perdre leurs prérogatives en cherchant plus d’Europe dans les domaines régaliens comme la création monétaire. Il faut donc en priorité mettre fin à l’euro monnaie unique et revenir à une monnaie commune comme l’écu.
L’euro est en effet un lit de Procuste : trop fort pour les pays dits du « Club Med » comme la France, trop faible pour les autres dits « frugaux » comme l’Allemagne d’où un déficit structurel du commerce extérieur pour les premiers et un excédent pour les seconds sans que le fameux couple franco-allemand n’y puisse grand-chose ; d’où pour la France par exemple, attrition du PIB, affaiblissement de l’État, paupérisation du Français moyen et de la majorité de la population, montée des partis populistes protestataires de droite et de gauche, crise peut-être terminale du « bloc central » au pouvoir depuis Pompidou. Juppé, collaborateur de son successeur Chirac, a eu bien tort de reprendre récemment à son compte la recette d’Herriot, inventeur précisément de l’expression Français moyen : « couper les extrémités de l’omelette et gouverner avec le milieu ». Depuis la fin du franc, cette recette miracle ne peut plus fonctionner. La formule de jadis pratiquée en 1968 et une dernière fois en 1983 : hausse des rémunérations, inflation, dévaluation n’est évidemment plus possible. Il faut en effet avec l’euro monnaie unique recourir à la potion amère de la « dévaluation interne » : baisse du pouvoir d’achat, réduction du coût du travail, accroissement des inégalités. Quel pouvoir non autoritaire peut y parvenir ?
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