La Haute Autorité de santé réalise tous les 4 ans des visites de certification dans tous les établissements de santé de France. Cette visite a pour objectif louable de vérifier la qualité des soins. Le problème est que la vérification est basée sur beaucoup de critères très différents, pas toujours très clairs ni précis, et que les « experts » intervenant pour la HAS lors des visites ne peuvent être compétents sur tous les critères. On se retrouve avec des conclusions parfois variées d’un établissement à un autre pour le même constat. La préparation de ces visites prend énormément de temps à beaucoup de personnes dans les établissements. Enfin, le rapport de visite est relativement illisible. Bref, c’est une usine à gaz pour un résultat discutable.
Cahier de doléances · Santé
Problème n° 4624
3 solutions proposées
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Ne pourrait-on pas imaginer de demander aux établissements de santé de transmettre des résultats statistiques tous les ans, précis et qui permettent de vérifier la qualité de soins par quelques indicateurs quantitatifs non discutables ? Pour vérifier qu’il n’y a pas de faux résultats transmis, un bref audit sur site pourrait être réalisé tous les 5 ans pour vérifier que les résultats transmis sont fiables en regardant 1 ou 2 indicateurs seulement. En cas de faux constaté, l’établissement perdrait une partie de ses subventions.
Supprimer le processus de certification que tout établissement de santé doit subir tous les 4 ans.
Gabégie totale et entrave aux soins :
- De nombreux temps pleins utilisés exclusivement pour être RAQ (responsables qualité), au lieu de permettre des postes de soignants.
- Des centaines d'heures de soignants perdues pour les patients du fait de l'enflure exponentielle des écrits pour « tracer » le moindre acte, appliquer des protocoles hors sol. Nous sommes transformés en administratifs.
- Soumission à des « visiteurs » (inquisiteurs en réalité) gonflés d'un pouvoir énorme, sans connaître pour autant les différents lieux soignants où ils interviennent.
- Civilisation de la défiance, puisqu'après avoir obtenu les meilleures évaluations des certificateurs, la réponse est : « On revient dans 4 ans pour vous rescanner intégralement » !!!
- Pertes financières importantes au profit de cabinets d'audit pour nous préparer à la prochaine certification, et du fait d'agences (HAS, ARS) obèses qui ne produisent aucune valeur ajoutée ni bien social tangible !
Cette « démarche qualité » est une application au domaine de la santé du toyotisme (les cercles zéro défaut), qui a abouti dans l'industrie aux pires dérives et à un échec patent. Le tout doublé d'un délire administratif de standardisation, de surveillance, de protocoles étrangers au soin lui-même.
Remplacer une partie de la conformité sur papier par un test réel : un exercice annuel de panne informatique dans chaque établissement de santé.
Une fois par an, l’établissement simule pendant quelques heures l’arrêt de son système d’information, sur le modèle des exercices de crise : préparation, exercice, débriefing, plan d’action daté.
L’indicateur suivi est la continuité des actes critiques pendant la panne (urgences, bloc opératoire, administration des médicaments, résultats de biologie), pas la qualité du classeur de procédures. Les résultats sont consolidés au niveau régional.
Point essentiel : cet exercice remplace les vérifications documentaires correspondantes au lieu de s’y ajouter. Il vérifie un résultat et allège la charge administrative.
Les cyberattaques qui ont contraint des hôpitaux à travailler des semaines en mode dégradé l’ont montré : la vraie question n’est pas d’avoir un plan, mais de savoir soigner sans ses outils.
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