Je tire la sonnette d’alarme concernant les foyers, les grands abandonnés de la politique. Qui en parle ? Le manque de places est si criant que les services sont confrontés à des dilemmes moraux. Parfois, une place, mais deux enfants. Les équipes doivent estimer lequel a la pire situation, mais cela ne signifie pas que le deuxième est mieux loti. (Du genre, un enfant victime d’inceste une fois par semaine, le deuxième battu tous les soirs ; faites un choix.)
L’impact psychologique sur l’enfant sacrifié est inévitable et tragique, au point qu’on oublie la souffrance des équipes. J’attire l’attention sur notre ressource humaine, comme on dit. Il s’agit souvent de belles âmes au grand cœur, des bisounours, pas taillées pour toute cette violence, notamment les envies mortifères et suicidaires des jeunes qui ont été placés. Les démissions se multiplient, les craquages aussi, accentuant la charge de travail et la charge mentale de ceux qui restent.
Cahier de doléances · Jeunesse
Problème n° 4268
2 solutions proposées
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- Il faut investir et financer ses structures.
- Il faut financer et élaborer un tissu psychothérapeutique autour des foyers, pour les enfants autant que pour les équipes et les éducateurs.
- Il faut ressusciter notre système judiciaire afin que tout adulte responsable des violences soit arrêté le plus rapidement possible.
Il faudrait que ces professionnels soient mieux payés, et très bien payés, à la mesure de l’importance de la tâche qu’ils ont à accomplir : protéger de jeunes enfants.
Il faudrait aussi qu’ils soient formés, avec de vrais diplômes car ce sont des métiers difficiles.
Mais il faudrait aussi que, bien payés et bien formés, ils assument réellement la responsabilité qu’ils ont : protéger effectivement ces enfants. Et qu’ils aient à en rendre compte.
Ce n’est pas possible de les placer dans des foyers ouverts, de les laisser sortir et finir dans des réseaux de prostitution, comme c’est trop souvent le cas. L’ASE doit prendre acte de ses propres dysfonctionnements. Financer les structures (12 milliards d’euros déjà consacrés à l’ASE), mettre en place un soutien psychologique pour les équipes, ne sera pas suffisant. C’est tout l’organisme qui doit se remettre en question et interroger son mode de fonctionnement. À commencer par ce point : quand on veut protéger un enfant en le plaçant dans un foyer, il faut que ce foyer soit fermé, et réellement fermé, pour qu’il soit en sécurité.
Et pour que les enfants victimes d’inceste et de violence puissent être tous placés dans de bonnes conditions, il faudrait déjà que le système ne soit pas engorgé par de multiples placements abusifs, des enfants que l’on place alors qu’ils ne sont pas maltraités mais parce qu’on décide que les parents sont trop sévères ou défaillants, sur des motifs parfois très contestables. Il faut confier ces enfants à la famille ou à des tiers de confiance.
Et que l’État réorganise l’ASE (effectivement constituée de plein de personnes au grand cœur) et mette les moyens pour s’occuper vraiment, dans des conditions dignes, de tous les enfants en grande souffrance.
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