Près de vingt ans après la loi de 2005, qui imposait l’accessibilité des lieux recevant du public, une personne en fauteuil roulant ne peut toujours pas utiliser l’essentiel du métro parisien ni entrer dans de nombreux bâtiments publics. Les Jeux paralympiques de 2024 devaient être un accélérateur. Ils ont surtout montré l’ampleur du retard. Le problème n’est pas l’absence de loi : c’est qu’on ne l’applique pas. Avant de promettre de nouveaux droits, il faut faire respecter ceux qui existent. Voici quelques pistes de travail proposées.
L’État doit montrer l’exemple. Comment exiger des autres ce que l’État ne fait pas lui-même ? Pistes proposées :
dresser un inventaire public de l’accessibilité de tous les bâtiments de l’État ;
fixer un calendrier ferme de travaux ;
accélérer ces travaux en les intégrant aux chantiers de rénovation énergétique déjà programmés, ce qui en réduit fortement le coût.
Rendre la situation visible et appliquer enfin les sanctions. Pistes proposées :
publier le taux d’accessibilité de chaque commune, département et région, pour que chaque citoyen puisse le connaître ;
demander aux préfets d’appliquer réellement les sanctions prévues par la loi, ce qu’ils font aujourd’hui très rarement.
Un plan pour les transports de la capitale. Une capitale qu’une partie de ses habitants et de ses visiteurs ne peut pas parcourir, c’est une faute, y compris vis-à-vis de l’étranger. Piste proposée : un programme pluriannuel de mise en accessibilité du métro, avec des priorités claires, comme les grandes stations de correspondance et les gares. Le calendrier serait public et le suivi rendu chaque année.
Fil conducteur : il ne s’agit pas de créer de nouvelles promesses, mais de tenir enfin celle de 2005.