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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 4033

L'école a ouvert ses portes progressivement au fil des siècles aux garçons, aux filles et aux élèves porteurs de handicap mais toujours en faisant des différences dans les apprentissages jusqu'à aujourd'hui. Il y a un décalage entre l'idéal de l'école républicaine et la réalité lorsque, par exemple, elle ne forme pas systématiquement les enseignants aux méthodes d'apprentissages pour des élèves à besoins pédagogiques particuliers. Les professeurs et ces élèves-là sont démunis. Ce n'est pas normal. Le problème, que je souhaite soulever, est celui du handicap invisible, particulièrement celui des élèves sourds, malentendants et DYS. Force est de constater que l'école républicaine confond avec ce type d'élèves l'égalité avec l'égalitarisme lorsqu'elle propose son inclusion. L'inclusion est une bonne alternative mais au nom de l'égalité des chances, elle manque son objectif et ne fait pas de l'inclusion mais de l'intégration. L'inclusion serait en effet la solution pour que chacun des élèves handicapés puisse recevoir l'éducation, la transmission et enfin la possibilité de s'émanciper grâce à l'école car l'inclusion consiste à vouloir intégrer une personne , un groupe et de mettre fin à leur exclusion. Ce que les élèves sourds, malentendants et Dys. vivent au quotidien dans leur vie d'écoliers, de collégiens, de lycéens et d'étudiants, c'est à de l'intégration et non de l'inclusion. Pourquoi ? Parce que dans les classes où ils sont inscrits, et cela au nom de l'égalité des chances, on leur demande de s'adapter à des méthodes de travail et à des structures qui ne sont pas faites pour eux. Etre sourd, malentendant ou Dys, c'est percevoir le monde autrement. C'est pourquoi, l'enseignement doit changer et comprendre que donner l'égalité des chances à la jeunesse consiste à prendre en compte sa diversité et à la respecter. Etre professeur d'élèves à besoins pédagogiques particuliers nécessite une véritable formation qui excède celle du diplôme du CAPPEI.

Depuis Paris (75) · 11 octobre

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Solution n° 4034Niveau : État

Trop d’élèves handicapés, qui se forment dans des collèges et lycées généraux, technologiques ou professionnels, arrêtent leurs études car l’enseignement y est inadapté. Ne nous étonnons pas que les personnes handicapées soient les moins diplômées en France. Tant que l’Éducation nationale se cantonnera à obliger ses professeurs d’école, du collège, du lycée et d’université à penser que « différencier n’est pas individualiser en continu, ce qui constituerait un objectif impossible à atteindre mais aussi ferait perdre toute cohérence aux valeurs portées par l’École de la République », nous ne pourrons pas accompagner les jeunes porteurs de handicaps. Au sortir de l’école, ces élèves-là doivent pouvoir endosser, comme il se doit, leur rôle de citoyens à part entière. En leur refusant une pédagogie adaptée, de l’école élémentaire à l’université et aux grandes écoles, refus souvent nourri par des préjugés selon lesquels ils seraient moins capables que les autres élèves, je propose une véritable inclusion. Celle-ci serait faite sur la base d’une classe ouverte dans certains établissements de chacune des académies, par niveau, à des profils d’élèves, avec un handicap particulier, qui recevraient un enseignement conçu pour eux avec les méthodes adaptées. Il faudrait des lycées qui accueillent ces élèves en général, technologique et professionnel. Idem pour les universités qui devraient permettre une meilleure prise en charge des étudiants handicapés. Il faudrait comprendre qu’un professeur, qui enseigne à des élèves handicapés, par exemple, saurait très bien qu’il n’est pas le seul expert pour identifier les difficultés des élèves. Un professeur transmet un savoir et des méthodes pour analyser des problèmes et des idées mais aussi apprend à ses élèves à construire une réflexion par eux-mêmes. Mais il ne peut pas savoir comment adapter sa pédagogie sans connaître le profil de l’élève, son suivi orthophoniste, en ergothérapie ou encore psychologique (un élève handicapé souffre davantage de troubles psychologiques). Il faut nécessairement une formation des enseignants à la pédagogie des élèves handicapés. Il serait par exemple important que le groupe « classe » ne soit pas de plus de 12 élèves. Les établissements, qui accueilleraient des élèves à besoins pédagogiques spécifiques, les suivraient avec le soutien de la MDPH, notamment pour les aménagements des examens et concours. Il faudrait former davantage de professeurs référents afin d’aider les professeurs, les parents et surtout l’élève dans sa scolarité et son orientation. Le Réseau Handicap Orientation (RHO) devrait aussi être au cœur de l’orientation dans les établissements, recevant les élèves porteurs de handicap. Enfin, il va de soi que les personnes voulant enseigner et cela, quel que soit le niveau, devraient se demander à quel profil d’élèves elles veulent enseigner. Nous y gagnerons en professionnalisme dans le métier d’enseignant. Nous avons tous des attentes en matière d’enseignement. Tout le monde ne souhaite pas forcément enseigner à ce type d’élèves. En aucun cas avoir le CAPES ou l’agrégation ne peut permettre de manière suffisante de préparer au métier d’enseignant. Ils garantissent bien la qualité des connaissances mais ne disent rien de la capacité à enseigner. (Encore moins de la capacité à adapter sa pédagogie.) La question de l’inclusion n’est pas un problème si nous considérons qu’il est possible de réunir toutes les conditions favorables à l’instruction et l’éducation. En tant que professeur, je n’ai jamais vu un élève heureux de ne pas réussir à l’école. Les élèves, tous les élèves, attendent beaucoup de nous, enseignants, et des adultes de tout horizon. Il faut leur donner la chance de réussir et de les élever selon des principes et des valeurs tels que la liberté mais aussi l’égalité et surtout la fraternité. L’école républicaine doit être généreuse et sensible aux enfants qu’elle accueille en son sein. Les élèves d’aujourd’hui sont les Français et les citoyens de demain.

Depuis Paris (75) · 11 octobre

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