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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 3961

Je suis enseignant dans un lycée polyvalent, avec des sections générales et technologiques (STI), depuis maintenant 30 ans.

Parmi les multiples problèmes et défis auxquels nous devons faire face, il y en a un, me semble-t-il, essentiel : le niveau des élèves en français est devenu catastrophique. Je peine désormais à leur faire comprendre des consignes simples, basiques, parce qu’ils n’ont plus assez de connaissances ou d’assurance en français pour pleinement comprendre ce qu’ils doivent faire. Et ce, quel que soit le niveau (seconde, terminale ou BTS).

Un exemple frappant : l’année dernière, je répétais une fois de plus à mes élèves de terminale STI : « Faites des phrases simples, sujet/verbe/complément. On essayera de complexifier par la suite. » Je vois un de mes élèves hésiter, puis m’appeler et me demander en aparté, très sérieusement : « C’est quoi, monsieur, sujet/verbe/complément ? »

Sans une très bonne maîtrise du français, les élèves ne peuvent tout simplement plus comprendre de manière satisfaisante ce que les professeurs expliquent et demandent dans leurs disciplines respectives, que ce soit en maths (tout dérive d’une compréhension fine des énoncés en français), en hist-géo, en langues (les élèves ne savent plus ce qu’est un pronom)…

Depuis Haute-Garonne (31) · 11 octobre

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Solution n° 3962Niveau : État

Tout ce que j’enseigne à mes élèves en français (pour la grammaire) me vient principalement… de l’école primaire. C’est là pour moi où il faut recentrer tous les efforts. Aucun élève ne doit sortir de l’école primaire sans savoir très bien lire, écrire et compter. Cela paraît évident mais ça ne l’est plus. Dans le système actuel, le cycle trois couvre le CM1, le CM2 et… la sixième. Ce qui peut donner l’impression que ce n’est pas grave si le niveau requis n’est pas pleinement atteint à la fin du CM2, puisque que l’élève pourra poursuivre sa progression en 6e, comme s’il n’allait pas avoir toutes les autres nouveautés du collège à gérer en même temps ! Je l’ai vécu en tant que parent…
Pour ce faire, les redoublements nécessaires doivent devenir obligatoires (et sans véto possible des parents) et des examens de niveau organisés à la fin des classes pivots (comme le CM2).
Redonnons aux enseignants du primaire toute l’importance et l’attention qu’ils méritent. Les pauvres se sont retrouvés bien seuls, surchargés d’enseignements nouveaux année après année (« initiation à… »), dans des conditions matérielles et financières dégradées. Remettons en place des « études du soir » à l’école primaire pour les élèves en difficulté, ce qui permettra également de donner quelques heures supplémentaires aux enseignants demandeurs. Eux n’en ont jamais (contrairement au secondaire).
Recentrons donc les apprentissages au primaire sur le français et les mathématiques.
Il ne s’agit aucunement d’organiser un tri mais bien de donner toutes ses chances à chacun pour l’entrée au collège, et la réussite future au lycée. Cela me semble essentiel.

Une piste de réflexion : un parcours plus professionnel pourrait sans doute être mis en place au collège, pour les élèves ayant peu d’appétit pour les connaissances générales. Mais comme tout cela n’est jamais figé, si l’on fait cela, des classes passerelles doivent être mises en place. Un élève dans un parcours plus professionnel peut changer, des enseignants le remarquer et lui proposer de réintégrer la filière générale. Ce système existait au lycée jusqu’en 2007, j’ai eu cette classe d’élèves qui étaient d’abord en première professionnelle, intégraient ensuite une « première d’adaptation » (ma classe) puis une terminale générale. Cela fonctionnait ! Et a bien sûr été supprimé…

Depuis Haute-Garonne (31) · 11 octobre

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