Voici quelques pistes de travail proposées, point par point. Des spécialistes introuvables. Le manque de médecins vient d’abord de décennies de sous-formation.
Piste proposée : augmenter fortement le nombre de professionnels de santé formés chaque année. Comme ces formations prennent du temps, il faut aussi des relais immédiats :
des consultations avancées de spécialistes, qui viennent recevoir régulièrement dans les maisons de santé des territoires mal dotés ;
un stage obligatoire des internes en zone sous-dense
une aide à l’installation pour les médecins qui s’engagent plusieurs années dans ces zones ;
la délégation de certains actes aux infirmiers en pratique avancée et aux sages-femmes, pour libérer du temps médical
l’intégration de médecins étrangers francophones, dont les compétences et le diplôme sont vérifiés, grâce à une procédure d’autorisation d’exercice plus rapide et plus claire. Beaucoup exercent déjà dans nos hôpitaux avec des statuts précaires, alors qu’ils sont indispensables au fonctionnement du système de santé.
Des soignants qui ne se parlent pas. Le même patient refait ses examens, transporte ses papiers et reconstitue lui-même son parcours. Piste proposée : que les analyses, examens et ordonnances soient réellement versés dans Mon espace santé et visibles par tous les soignants qui suivent le patient.
Le développement de maisons de santé pluriprofessionnelles, réunissant généraliste, infirmier, pharmacien et kinésithérapeute, permet aussi un vrai suivi coordonné autour du médecin traitant.
Des coûts et des abus sans contrôle. Ce qui n’est pas mesuré n’est jamais corrigé. Pistes proposées :
obliger les établissements de santé à publier des indicateurs de qualité comparables (délais de prise en charge, infections, réhospitalisations), avec un contrôle indépendant et des conséquences financières liées aux résultats
afficher le prix réel de chaque médicament, pour que chacun sache ce que coûte ce qui est remboursé par tous ;
délivrer les médicaments à l’unité, pour en finir avec les boîtes entamées jetées à la poubelle.
Les dépassements d’honoraires. C’est un sujet majeur qui mérite d’être travaillé sérieusement, sans pénaliser les médecins qui exercent dans les règles ni réduire davantage l’offre de soins. Les contributions sur ce point sont les bienvenues.
Fil conducteur : un système de santé qui forme assez de soignants, qui les fait travailler ensemble et qui rend des comptes sur l’argent de tous.