Comment faire en sorte que les détenus en France puissent travailler pour participer à l'intérêt général pendant leur peine ? À la fois, cela leur offrirait un quotidien plus digne et, en même temps, ils contribueraient à la vie économique de la cité (artisanat, industrie, écologie, agriculture…). La peine devrait être utile à la France tout en étant un moyen de réintégration des détenus. Les Français n'ont pas à payer pour ceux qui ont commis des délits. Comment penser de nouveaux centres pénitentiaires en ce sens ?
Cahier de doléances · Justice
Problème n° 380
5 solutions proposées
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Garantir à chaque condamné un parcours de réparation et de rédemption
Je propose que chaque condamné puisse bénéficier d’un parcours individualisé associant reconnaissance du mal causé, soins, formation, travail utile et réparation lorsque celle-ci est possible.
Même durant un enfermement long, chacun devrait avoir la possibilité d’apprendre, d’évoluer et de rendre service à la société. Les progrès et la dangerosité feraient l’objet d’évaluations régulières, sous responsabilité humaine et judiciaire.
La rédemption ne signifierait jamais une libération automatique. La protection de la société resterait impérative, et aucune victime ne serait tenue de pardonner ou de rencontrer son agresseur.
Faire de la peine un temps utile
La prison doit d’abord sanctionner. Mais le temps de la peine ne devrait jamais devenir un temps d’oisiveté.
Dans des centres d’incarcération de responsabilisation, chaque condamné suivrait un parcours adapté à sa situation : travail, formation, enseignement, activité physique, programmes de responsabilisation ou missions d’intérêt collectif. La privation de liberté resterait la sanction, mais elle s’accompagnerait d’un effort destiné à préparer le retour dans la société.
Lorsqu’une activité constitue réellement un travail, elle devrait être rémunérée. Une partie de cette rémunération pourrait être consacrée à l’indemnisation des victimes, à certaines obligations liées à la condamnation ou à la constitution d’une épargne pour la sortie.
Les détenus pourraient également participer, selon leurs compétences et leur niveau de confiance, à des missions utiles : réhabilitation du patrimoine public, remise en état de bâtiments, entretien des espaces naturels, des forêts ou des cours d’eau.
À mesure que leur comportement montrerait leur capacité à respecter les règles, certaines activités pourraient progressivement être réalisées à l’extérieur dans le cadre de la semi-liberté, du placement extérieur ou de la surveillance électronique, avec les garanties nécessaires pour la sécurité de la population.
Cette progression ferait partie de la peine elle-même : la liberté ne serait pas simplement rendue à une date donnée. Elle pourrait être progressivement retrouvée à mesure que le condamné démontre sa capacité à en respecter les règles.
L’objectif serait double. Pour le condamné, retrouver les habitudes nécessaires à une vie autonome : respecter des horaires, travailler avec d’autres, accomplir une tâche, acquérir une compétence et préparer concrètement sa sortie. Pour la société, utiliser le temps de détention pour diminuer le risque de récidive.
Une peine mobilise des moyens humains et financiers considérables. Ce temps ne devrait pas être simplement suspendu.
La peine doit sanctionner. Mais elle devrait aussi chercher à faire en sorte que celui qui sort de prison ait davantage de chances de ne jamais y revenir.
Afin d'augmenter les possibilités de réinsertion dans la vie civile, les prisonniers doivent se sentir utiles et doivent « fonctionner » comme ils le feraient dans la vie en dehors des prisons. Travailler, payer un loyer sont des éléments très importants pour ne pas perdre pied et continuer à vivre comme en dehors des barreaux. Continuer à gérer un budget, payer ses factures me semble important. Cette prise en compte serait également vertueuse d'un point de vue financier pour l'État, car le paiement d'un loyer allégerait la facture du contribuable.
Il existe déjà de nombreux dispositifs de retour à l’emploi et de contribution à la vie économique : ateliers de production (assemblage, fabrication, menuiserie, métallerie, conditionnement…), réparation/recyclage de matériel informatique ou électronique, et même certains services.
Les détenus participent aussi aux services généraux de la prison (entretien, cuisine, blanchisserie, maintenance…).
De nombreux établissements proposent des initiatives en ce sens, avec l’appui d’associations notamment, mais elles pourraient être développées. Il pourrait, par exemple, être envisagé de mettre en place des partenariats avec des entreprises et collectivités locales pour qu’elles bénéficient de ces ressources moyennant un temps de formation, voire même une rétribution selon les cas. Je pense que ce sont les aspects logistiques et de sécurité qui freinent parfois ces dispositifs. Il faut aussi faire en sorte qu’ils ne génèrent pas de coûts additionnels pour les centres pénitentiaires, qui manquent déjà terriblement de moyens.
Directeur pénitentiaire d’insertion et de probation, il me semble important de remettre nos missions au centre du débat public. L’administration pénitentiaire ne gère pas que les prisons. Le modèle pénal doit évoluer en faisant de la peine de probation une peine autonome.
Malheureusement, les conditions de détention ne permettent plus de travailler la question de l’insertion. La multitude de textes nuit à la mise en œuvre de vrais projets d’insertion.
En effet, la cité doit jouer son rôle, élément essentiel de la lutte contre la récidive.
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