Réduire les dépendances critiques par une transition européenne ordonnée
Objectif : garantir les fonctions militaires essentielles tout en évitant le remplacement prématuré d’équipements encore utiles.
Existant. Des capacités nationales, des coopérations européennes et des moyens partagés existent déjà. La proposition organise leur articulation autour des dépendances présentant le risque le plus élevé.
1. Établir en 2027 une cartographie protégée des dépendances, classées selon l’effet d’une interruption et le délai de remplacement. Séparer l’origine américaine d’un matériel du risque concret de restriction : toutes les dépendances ne se valent pas.
2. Retenir trois priorités de transition, après examen des besoins, parmi le transport et le ravitaillement, la surveillance, les communications ou le soutien logiciel. Pour chacune, désigner un pays pilote, des partenaires financeurs et une capacité européenne vérifiable à atteindre d’ici 2030. Conserver un contrôle national sur les fonctions indispensables à la souveraineté.
3. Négocier dès maintenant les droits de maintenance, les stocks de pièces nécessaires, l’accès aux données et les conditions de continuité des contrats existants. À leur renouvellement, comparer les solutions sur quinze ans, en intégrant dépendances, migration, formation et soutien.
4. Inscrire dans 100 % des nouveaux contrats identifiés comme critiques une analyse du risque de restriction et un plan de continuité adapté. Privilégier les solutions françaises ou européennes lorsqu’elles satisfont les exigences opérationnelles et offrent une autonomie effectivement démontrée.
5. Mutualiser les moyens coûteux lorsque les règles d’accès en crise sont acceptables. Un accord devrait préciser priorités, disponibilité, contributions et conséquences d’un refus de mise à disposition. Tester ces règles avant de compter le moyen partagé dans les plans nationaux.
Financement et économies. Réorienter progressivement les renouvellements programmés et réunir les contributions des participants. Ne pas supposer que la France puisse financer seule le remplacement de capacités américaines pour toute l’Europe.
Les gains attendus porteraient sur les soutiens regroupés, la réduction des achats d’urgence et l’évitement de remplacements précipités. Les infrastructures et formations nouvelles seraient déduites. Certaines autonomies coûteront davantage : leur surcoût devra être assumé comme un choix de sécurité, et non présenté comme une économie.
Responsabilités. Le gouvernement arbitrerait les priorités, les armées définiraient les fonctions indispensables et la DGA négocierait les contrats. Les partenaires européens, y compris le Royaume-Uni selon les accords, contribueraient aux moyens partagés. Le Parlement contrôlerait la trajectoire et les coûts de transition.
Bénéfices attendus : une liberté d’action renforcée, une moindre exposition aux ruptures de soutien et une transition moins coûteuse qu’un remplacement général précipité.