Dure réalité du moment : les importations massacrent l'économie française ; les plus modestes n'arrivent pas à finir leur mois et l'humain est occis par le virtuel. L'économie française est en panne et le budget de l'état est structurellement déficitaire. Voilà deux problèmes dont les solutions sont apparemment contradictoires. Les cotisations sociales, patronales, salariales, comme celles des indépendants (artisans, agriculteurs...) sont trop élevées pour assurer le maintien et le développement du tissu productif. Pourtant, les Françaises et Français sont très attachés à notre système social et à ses prestations. De plus, la sacro-sainte croissance n'est plus génératrice d'emploi. L'activité en croissance est de plus en plus dématérialisée (conseil, commerce, trading, services, IA...). Ainsi, l'activité génère moins de cotisations et plus de prestations de type allocation chômage. A l'opposé, la fiscalité, très juste et redistributive dans son principe (impôt sur le revenu), est un panier percé de niches pour les plus riches : pas de tranche supérieure créée pour les plus gros revenus, de plus en plus gros et nombreux, une fiscalité avantageuse à la finance, de nombreuses niches pour les entreprises, sans contrepartie redistributive ou écologique, des attaques incessantes contre les prélèvements sur les transmissions, contre l'impôt sur la fortune...
Cahier de doléances · Économie
Problème n° 3691
3 solutions proposées
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Une vision d'ensemble de la formation des recettes de l'état est nécessaire pour ébaucher une solution à ces deux problèmes. C'est désormais à l'activité économique de payer une part de la cotisation sociale puisque la croissance se fait sans générer d'emploi. Une baisse des cotisations sociales, patronales, salariales et des indépendants rendrait de la compétitivité à l'emploi et à l'artisanat. Pour compenser la baisse de recettes, alors on peut augmenter la TVA. La TVA est une contribution de toute l'activité qui porte sur les biens et les services, y compris importés. Le principal grief que l'on peut reprocher à cette TVA "sociale" est de toucher tout le monde sans distinction de ressources. Ce grief est ici contrebalancé par la baisse des cotisations pour l'entreprise française, pour le salarié qui voit son revenu augmenter, ou pour l'entreprise indépendante. Les gagnants sont ceux qui privilégient l'humain. Ainsi, la réindustrialisation est envisageable. De plus, il y a peu de risque de chantage à la délocalisation sur ces mesures. De la sorte, on rend de la compétitivité à l'humain face à la machine, face à l'IA et toute l'économie française est favorisée face aux importations. Il ne reste plus qu'à :
- consolider l'impôt sur le revenu par une tranche marginale supérieure adaptée aux nouveaux ultra riches.
- éviter les fuites sur les mouvements financiers.
- consolider les prélèvements sur les transmissions de patrimoine et d'entreprises lorsqu'elles placent les héritiers en position de rentiers.
Pas de nouveaux impôts, pas de nouvelles taxes, pas de nouvelles contributions, il s'agit juste d'adapter les curseurs sociaux et fiscaux à la réalité du moment.
Je me permets de vous soumettre une idée de réforme de l’assurance chômage. Une réforme plus équitable tout en dégageant, je le crois, quelques milliards d’économies.
Le système actuel repose avant tout sur deux leviers : les revenus antérieurs et la durée d’indemnisation. Ma proposition de réforme de l’assurance chômage est fondée sur un principe simple : davantage tenir compte des besoins réels de chacun.
Retravailler les seuils et les plafonds, au cas par cas, en croisant les données fiscales et sociales.
Le montant de l’allocation et la durée d’indemnisation devraient dépendre des dépenses incompressibles et de la situation personnelle du demandeur d’emploi : logement, charges essentielles, composition du foyer, etc.
Je vis à Sceaux, j’ai deux enfants, je suis cadre et gagne 2 500 euros nets par mois. Je n’ai évidemment droit à rien en termes de prestations sociales. Mon loyer est de 1 650 euros pour 72 m². (Somme que j’aurais préféré mettre dans un crédit immo, mais je ne gagne paradoxalement pas assez + aucun apport ou héritage à venir… mais c’est un autre sujet). Si je perds mon emploi, je tombe à 1 800 euros. Ça serait me plonger très vite dans la précarité. Et il faudrait en plus me laisser seulement 12 mois (E. Philippe) ou 15 mois (G. Attal) pour retrouver un emploi, sachant qu’il n’est pas si simple de retrouver ce niveau de salaire ? C’est intenable.
Alors qu’un cadre aux revenus mensuels de 13 000 € bruts toucherait quant à 7 400 € d’allocations, alors qu’il est (qui plus est) probablement déjà propriétaire de sa maison et a de l’épargne. Ne peut-on pas limiter son indemnisation à 2 000 € mensuels sur une période de 6 mois dans son cas ?
L’objectif ne serait donc plus seulement de compenser une fraction du salaire perdu, mais de garantir à chacun un niveau de ressources adapté à ses besoins essentiels, tout en conservant des incitations financières suffisamment fortes au retour à l’emploi.
Cette approche pourrait, me semble-t-il, constituer une piste intéressante pour rendre notre système d’assurance chômage à la fois plus équitable, plus individualisé et davantage orienté vers la protection réelle des personnes. Cerise sur le gâteau, elle permettrait de réaliser de réelles économies budgétaires.
Le libéralisme économique mondialisé montre ses limites au moment où il faut engager une véritable révolution dans le modèle de développement pour engager la transition écologique et la fin de la production et consommation de masse, et notre système de protection sociale hérité de la Libération dans un autre contexte en particulier démographique n’est plus durable. Face à cela, il faut mettre en œuvre une politique reposant sur deux grands principes, politique qui prendra au moins une décennie pour être opérationnelle : 1) un protectionnisme français et européen contraignant avec des interdictions d’importation dans les filières industrielles stratégiques, lesquelles redéfiniront l’échelle de valeurs des métiers (par exemple, un ouvrier qualifié devra bénéficier de conditions de travail et de rémunération plus favorables que certains des emplois de conseil ou services aux entreprises ; par ailleurs, cette échelle de valeur nouvelle bénéficiera aussi aux métiers peu qualifiés mais les plus utiles pour la collectivité nationale) ; 2) une refonte de la protection sociale pour une plus grande vérité de son financement (par exemple, inclure la dépendance, faire cotiser les robots, recourir aux patrimoines pour son financement), et la réforme du système de retraite avec un taux d’emploi plus élevé des jeunes et séniors. Pour finir, il faudra rétablir une imposition plus forte des hauts revenus et patrimoines qui alimentera un fonds souverain au service de ce changement de modèle de développement plus sobre.
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