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Cahier de doléances · Outre-mer

Problème n° 3646

Les territoires d'outre-mer sont trop souvent considérés comme des territoires à part au lieu d'être pleinement considérés comme appartenant au territoire national. Ces territoires ont des qualités géographiques et des ressources inexploitées. Mayotte ou la Guyane française sont comme laissées à l'abandon et ce, malgré tout l'argent qui peut y être injecté car il n'y aucune politique spécifique et intelligemment conduite : c'est un problème qui relève finalement de notre système démocratique une fois de plus : vertical, parisien, descendant, uniformisé.

Depuis Nord (59) · 10 octobre

1 solution proposée

Solution n° 4899Niveau : État

Constat juste. Trop souvent, les territoires d’outre-mer sont gérés depuis Paris avec des règles pensées pour l’Hexagone, puis appliquées telles quelles à des réalités totalement différentes. On y injecte de l’argent sans stratégie, et les résultats ne viennent pas : vie chère, chômage élevé, services publics défaillants. À Mayotte, l’accès à l’eau et aux soins reste un combat quotidien. Pourtant, ces territoires ont des atouts considérables : une position stratégique dans trois océans, une biodiversité exceptionnelle, des ressources et une jeunesse nombreuse. Voici quelques pistes de travail proposées.

En finir avec l’uniformité. Chaque territoire est différent : la Guyane n’est pas la Martinique, Mayotte n’est pas La Réunion. Piste proposée : un plan de réformes structurelles organisé en dix ordonnances, une par territoire, pour adapter les règles à chaque réalité locale, qu’il s’agisse de la fiscalité, de l’énergie, du foncier ou des zones franches.

Un engagement de l’État dans la durée. Piste proposée : une loi de programmation pluriannuelle pour l’outre-mer, avec des objectifs chiffrés et suivis :

lutter contre la vie chère, notamment sur l’alimentation ;

renforcer la continuité territoriale aérienne et maritime ;

créer un fonds de développement économique local ;

réduire l’écart de chômage et de pauvreté avec l’Hexagone.

Un État présent sur le terrain, pas seulement à Paris. Trop de dossiers ultramarins restent bloqués des mois, voire des années, entre plusieurs ministères à Paris. Piste proposée : un secrétaire d’État rattaché directement au Premier ministre, en résidence sur place. Il ne se substituerait pas au préfet, qui garde l’ensemble de ses compétences. Son rôle serait de débloquer les dossiers : faire avancer plus vite les projets en attente, coordonner les ministères concernés et faire remonter directement à Matignon les difficultés que Paris ne voit pas. Les décisions se prendraient ainsi au plus près des réalités, et beaucoup plus vite.

Les emplois d’abord pour les habitants. Trop de postes publics sont pourvus par des recrutements extérieurs, alors que des candidats locaux compétents existent. Piste proposée : donner la priorité aux candidats locaux dans les recrutements publics, avec une publicité obligatoire des postes sur place avant tout recrutement extérieur.

S’ouvrir à son environnement régional. Les territoires d’outre-mer sont entourés de pays avec lesquels ils pourraient bien davantage commercer. Piste proposée : développer le bilinguisme et l’apprentissage des langues des pays voisins, pour que la jeunesse ultramarine puisse saisir ces opportunités.

Mayotte, une urgence. Piste proposée : une loi de programmation dédiée à Mayotte sur dix ans, couvrant la santé, l’eau, la justice, le logement et le développement, avec notamment de nouveaux établissements de santé et une école de formation des soignants sur place.

Protéger un patrimoine naturel unique. Les territoires d’outre-mer abritent une part considérable de la biodiversité française : récifs coralliens, lagons, forêts tropicales, espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Le tourisme fait vivre ces territoires, mais il pèse aussi sur leurs ressources, leurs déchets et leurs espaces naturels, sans que les visiteurs participent à leur préservation. Piste proposée : une écotaxe touristique, qui fonctionnerait ainsi :

qui paie : chaque visiteur, par une contribution modeste lors de son séjour ;

Qui ne paie pas : les habitants, qui ne sont pas concernés ;

Où va l’argent : le produit est intégralement reversé aux îles, au prorata du nombre de visiteurs que chacune accueille chaque année. Celles qui reçoivent le plus de touristes, et donc subissent la plus forte pression sur leur environnement, perçoivent le plus de moyens ;

À quoi il sert : protéger les récifs et les espaces naturels, gérer les déchets, préserver l’eau et développer les énergies renouvelables.
Ceux qui profitent de la beauté de ces territoires contribuent à la préserver, et l’argent reste là où il est nécessaire.

Fil conducteur : l’outre-mer n’est pas un territoire à part, c’est la France. Mais pour le traiter à égalité, il faut cesser de le traiter de manière identique et partir de ses réalités.

Depuis Hauts-de-Seine (92) · 14 octobre

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