Une solution consisterait à mettre en œuvre, sur cinq ans, un plan national de lutte contre les déserts médicaux doté d’une enveloppe de 15 milliards d’euros, soit 3 milliards par an, pour renforcer les soins de proximité dans notre pays. Un financement pluriannuel permettrait de planifier les investissements et d’éviter les dispositifs ponctuels et mal coordonnés.
Le montant de 15 milliards d’euros correspondrait à une enveloppe annuelle de 3 milliards, suffisamment importante pour agir sur les principaux freins à l’accès aux soins dans notre pays. Cette enveloppe permettrait de financer, sur cinq ans : la création et la rénovation de structures médicales de proximité de type de centres médicaux pluridisciplinaires, le recrutement et la formation de professionnels de santé, l’aide à l’installation de médecins dans les zones désertifiées, la construction de logements médicalisés adaptés, le développement de la télémédecine. L’enveloppe globale pourrait être précisée et affinée par une programmation pluriannuelle détaillant, pour chaque poste, les objectifs, les coûts unitaires et le nombre de territoires bénéficiaires.
Cette enveloppe est justifiée par le vieillissement de la population, les départs à la retraite non remplacés et les inégalités territoriales. Les crédits seraient attribués selon les besoins des territoires, en tenant compte de la population, de son vieillissement, de la démographie médicale et des difficultés d’accès aux soins. L’objectif est de garantir à chacun une solution effective d’accès aux soins, de réduire le nombre de personnes sans médecin traitant et de résorber les inégalités territoriales.
Le financement, sans hausse d’impôts, pourrait reposer sur les mécanismes suivants : redéploiements budgétaires par l’État, économies liées à la simplification des strates administratives dans notre pays, lutte contre la fraude sociale, ouverture d’un emprunt national (de type obligations d’État dédiées à la santé) auprès des Français avec des taux attractifs et garanti par l’État.