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Cahier de doléances · Recherche

Problème n° 3621

Comment continuer à former des chercheurs et garder une recherche publique de haut niveau ?
Nous étions enviés par de nombreux pays européens mais pas que, nous perdons nos chercheurs chevronnés et nous n’en formons plus ;)

Depuis Paris (75) · 10 octobre

2 solutions proposées

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Solution n° 6637Niveau : État

La France dispose d’atouts majeurs dans la capacité à former des élites : École normale, Centrale, École des mines, X, etc.

La difficulté n’est pas la formation mais la capacité à déployer ensuite les savoir-faire en France.

Il faut revoir les embûches administratives, la capacité à lever des fonds, la capacité à innover/entreprendre. En contrepartie, nos élites devraient avoir un engagement de services à la nation : x années obligatoires sur le territoire dans des entreprises publiques ou privées classifiées stratégiques.

Depuis Pas-de-Calais (62) · 18 octobre
Solution n° 8852Niveau : État

La solution n° 6637 identifie bien le vrai problème, qui n’est pas la formation mais ce qu’on fait ensuite des gens formés. Mais elle se trompe de lieu et d’outil.

De lieu, parce que les chercheurs ne sont pas formés à l’X, à Centrale ou aux Mines : ils sont formés par le doctorat, dans les laboratoires des universités, y compris les normaliens et les polytechniciens qui y font leur thèse. C’est l’université qui fabrique les chercheurs de ce pays, et c’est l’institution que personne ne nomme quand on parle de recherche.

D’outil, parce qu’on ne retient pas des gens par une obligation de service, on les retient par des postes. L’engagement décennal existe déjà pour les grandes écoles, et ceux qui en ont les moyens le rachètent pour partir.

Le mécanisme réel tient en trois maillons manquants. D’abord le financement des thèses : près de la moitié des doctorats en sciences humaines et sociales ne sont pas financés, et un jeune qui n’obtient pas de contrat doctoral à Paris va le chercher à l’étranger, puis y reste. Ensuite les carrières : recrutements gelés, salaires d’entrée deux à trois fois inférieurs à ceux des pays voisins, pas de voie d’accès lisible. Enfin, et surtout, la lecture du diplôme : en France, ni les entreprises ni les administrations ne savent quoi faire d’un docteur, là où l’Allemagne, la Suisse ou les Pays-Bas l’embauchent dans l’industrie, les agences publiques et les banques centrales.

Je propose donc cinq mesures : financer toutes les thèses par un contrat doctoral ; ouvrir les concours de la haute fonction publique, de l’Insee, de la Banque de France et des agences d’évaluation à un recrutement sur titre de docteur ; créer, sur le modèle des instituts Fraunhofer allemands, des instituts de recherche appliquée financés par des contrats industriels sous gouvernance publique, pour que les docteurs circulent entre laboratoire et entreprise ; conditionner le crédit d’impôt recherche à l’embauche effective de docteurs ; et mesurer chaque année, publiquement, où vont les docteurs formés en France trois ans après leur thèse, pays par pays, employeur par employeur. On ne corrige pas une fuite qu’on refuse de compter.

Depuis Seine-et-Marne (77) · 31 octobre

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