Renforcer la présence navale et la protection des espaces maritimes français
Objectif : assurer une présence durable, protéger les populations et les droits français en mer, et conserver une capacité d’intervention militaire crédible.
1. Partir des programmes existants
Six patrouilleurs outre-mer ont déjà été commandés. La programmation actualisée prévoit notamment 15 frégates de premier rang et 6 sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda en 2030, ainsi que 3 bâtiments ravitailleurs de force à cette échéance, puis 4 en 2035.
Elle prévoit également de nouveaux patrouilleurs, le renouvellement des moyens de surveillance et la poursuite du porte-avions de nouvelle génération. Le double équipage existe déjà pour certains bâtiments.
La proposition complète ces programmes et leur soutien.
2. Renforcer la flotte de combat avec trois frégates supplémentaires
Proposer un passage de 15 à 18 frégates de premier rang d’ici 2035, soit trois bâtiments supplémentaires par rapport au format actuellement programmé. Cette ambition, déjà débattue publiquement, est une proposition, non une commande acquise.
Préparer dès 2027 une décision chiffrée sur leur commande, en privilégiant un modèle éprouvé adapté aux besoins pour limiter les risques de développement.
Inclure équipages, armements, entretien, infrastructures et ravitaillement dans le financement. Trois coques supplémentaires ne produiraient pas automatiquement 20 % de disponibilité en plus. Le calendrier industriel et le coût complet devraient être validés avant contractualisation.
3. Accroître la présence utile outre-mer
Fixer un objectif proposé de hausse de 20 % d’ici 2030 des journées de présence opérationnelle consacrées aux missions prioritaires outre-mer, par rapport à 2026, à périmètre comparable.
Distinguer présence utile, transit, entraînement et entretien. Vérifier aussi les interruptions de couverture : une bonne moyenne annuelle peut masquer une longue absence.
Achever les livraisons programmées et financer leur soutien local. Renforcer les contrats de réparation, les compétences et les pièces disponibles dans les territoires pour limiter les immobilisations et les retours évitables en métropole.
Étendre le double équipage là où l’évaluation démontre un gain durable, en finançant les marins supplémentaires et l’usure accrue des navires. Préserver les temps de repos et de formation.
4. Sécuriser le remplacement des bâtiments vieillissants
Pour les frégates de surveillance et les patrouilleurs concernés, comparer dès 2027 le coût et les risques d’une prolongation avec ceux d’une accélération du remplacement.
Avant chaque retrait majeur, vérifier que le service attendu peut être assuré par les nouveaux moyens ou par une solution transitoire financée. Un impératif de sécurité resterait prioritaire.
Maintenir une distinction claire entre les besoins de police et de surveillance maritime, ceux de secours et ceux de combat.
5. Relier la surveillance à une capacité d’intervention
Mieux coordonner les moyens existants de la Marine, des douanes, des affaires maritimes et des autres services compétents. Partager les informations utiles selon leurs habilitations, sans créer une administration parallèle.
Associer aux moyens satellitaires, aériens et aux drones une organisation capable de traiter les alertes et d’engager les moyens autorisés. Mesurer le délai de prise en charge et l’issue des alertes, pas seulement leur nombre.
Pour les câbles et autres infrastructures sous-marines essentielles, renforcer les conventions entre l’État et les opérateurs : signalement, expertise, disponibilité des capacités de réparation et continuité du service. Les dispositifs détaillés resteraient confidentiels.
6. Financement, responsabilités et résultats
Présenter au prochain budget le coût des trois frégates proposées, du palier de présence outre-mer et des transitions prioritaires. Distinguer investissements supplémentaires, dépenses annuelles et crédits déjà programmés. Les prix publics des navires ne suffisent pas à établir ce budget : les prestations incluses diffèrent selon les contrats.
L’État finance les capacités militaires ; la Marine définit les besoins et prépare les équipages ; la DGA conduit les acquisitions et le Service de soutien de la flotte organise l’entretien.
Pour l’action de l’État en mer, les préfets maritimes en métropole et les représentants compétents de l’État outre-mer assurent la coordination. Les collectivités et autorités portuaires interviennent dans leurs compétences, notamment pour les infrastructures et la continuité des services.
Le Parlement suivrait les livraisons, les coûts, la présence réellement assurée et les interruptions de service. Les informations révélant les vulnérabilités seraient protégées.
Bénéfices attendus : présence plus régulière outre-mer, capacité accrue à répondre aux crises, équipages moins sursollicités et renouvellement des navires mieux maîtrisé.