Renforcer la puissance aérienne disponible et sécuriser le renouvellement des flottes
Objectif : assurer les missions permanentes et les engagements extérieurs tout en préservant l’entraînement, l’entretien et la relève des équipages.
1. Ce qui est déjà programmé
La programmation actualisée en août 2026 prévoit notamment, pour 2030, 137 Rafale Air au standard F4, au moins 41 A400M et 15 ravitailleurs MRTT. Elle engage également le remplacement progressif des AWACS par des GlobalEye.
Les normes d’activité à atteindre en 2030 comprennent 180 heures annuelles par pilote de chasse et 320 par pilote de transport. Ce sont des objectifs d’activité, comprenant les opérations, et non exclusivement des heures d’entraînement.
La proposition sécurise ces objectifs et les capacités disponibles dans l’intervalle.
2. Décider du renforcement de la chasse sur son utilité réelle
Présenter en 2027 un arbitrage chiffré entre accélération des livraisons disponibles, acquisition complémentaire au standard existant et attente du futur standard F5.
Comparer, pour chaque option, les appareils effectivement utilisables chaque année, les équipages nécessaires, le coût d’entretien et les coûts éventuels de transformation. Ne pas supposer qu’une revente future financera automatiquement le renouvellement.
Retenir des commandes supplémentaires lorsque le besoin opérationnel et le financement complet sont établis. Tout report devrait expliciter les missions ou la marge de relève affectées. Les disponibilités détaillées resteraient protégées.
3. Éviter les ruptures lors du remplacement des flottes
Pour chaque retrait important, renforcer les revues existantes par une vérification de la capacité de remplacement : appareils réceptionnés, équipages qualifiés, soutien disponible et missions réalisables.
Conditionner le retrait à cette vérification, sauf impératif de sécurité ou décision explicite assumant une réduction temporaire de capacité.
En cas de retard, comparer le coût d’une prolongation limitée, d’une solution transitoire et d’une adaptation des missions. Les décisions concernant transport, ravitaillement et surveillance doivent être coordonnées avec celles de l’aviation de combat.
Ne compter les moyens partagés avec des alliés qu’avec des garanties d’accès explicites.
4. Rétablir une activité suffisante et équilibrée
Fixer des paliers proposés pour 2028 : 170 heures annuelles par pilote de chasse et 280 par pilote de transport, sur le périmètre des indicateurs existants, avant les normes prévues pour 2030.
Suivre également la répartition de l’activité : une moyenne satisfaisante peut masquer des pilotes très sollicités et d’autres insuffisamment entraînés. Vérifier le maintien des qualifications et la réalisation des entraînements indispensables.
Distinguer heures de vol, activité opérationnelle et simulation. Développer les simulateurs lorsque leur apport est démontré, en conservant le vol réel nécessaire à la sécurité et à la maîtrise des missions.
Financer ces paliers avec les moyens correspondants : disponibilité des appareils, carburant, consommables, instructeurs et mécaniciens.
5. Investir dans les moyens qui rendent les avions utilisables
Associer aux nouvelles livraisons les recrutements et formations nécessaires, les équipements de soutien, les infrastructures et les pièces de rechange. Financer et anticiper la qualification des personnels.
Dans les contrats d’entretien, renforcer les engagements sur les délais de réparation et la disponibilité pour les missions retenues, avec une répartition claire des responsabilités entre l’État et l’industriel.
Pour les nouveaux systèmes de surveillance et de commandement, vérifier l’accès français aux données, aux logiciels nécessaires et aux capacités de maintenance.
Évaluer la continuité d’activité des bases et financer les corrections prioritaires, sous confidentialité.
6. Financement, responsabilités et contrôle
Présenter au prochain budget le coût des paliers d’activité, des transitions de flotte et des éventuels achats supplémentaires. Séparer crédits déjà programmés, accélérations de paiement et dépenses nouvelles. Financer le personnel et le fonctionnement associés.
Le ministère et le Parlement arbitrent les moyens ; l’état-major des armées fixe les priorités ; l’armée de l’air et de l’espace organise les équipages et les missions. La DGA conduit les acquisitions, la DMAé pilote la maintenance aéronautique dans son périmètre.
Les préfets, collectivités et opérateurs civils contribuent à la continuité des infrastructures et des accès relevant de leurs compétences.
Un bilan annuel présenterait les livraisons, l’activité, les coûts des transitions et l’atteinte des objectifs, avec une information protégée sur les capacités sensibles.
Bénéfices attendus : missions mieux soutenues, équipages mieux préparés, renouvellement sans rupture évitable et investissements évalués sur leur utilité réelle.