Disposer de forces terrestres complètes, entraînées et capables de se relever
Objectif : transformer les moyens programmés en formations réellement disponibles, capables d’agir avec leurs appuis et de soutenir un engagement prolongé.
1. Ce qui est déjà engagé
La feuille de route de l’armée de Terre prévoit une division déployable en 2027 et un corps d’armée polyvalent en 2030, notamment dans un cadre multinational. Le retour à la norme annuelle d’activité est déjà prévu pour 2030.
La programmation actualisée en août 2026 prévoit notamment 200 chars Leclerc, dont 160 rénovés, et 120 CAESAR ou CAESAR NG en 2030. Elle renforce également les moyens de protection, de génie et de soutien.
La proposition renforce la réalisation de ces ambitions existantes.
2. Accélérer le rétablissement de l’activité
Fixer un palier public proposé d’au moins 90 % de la norme annuelle d’activité dès 2028, avant l’objectif existant de 100 % en 2030. Maintenir une méthode de calcul comparable et publier les changements éventuels de périmètre.
Financer simultanément le temps de préparation, la disponibilité des matériels, les consommables et l’encadrement. Identifier les activités annulées et leur cause : mission supplémentaire, panne, manque de personnels ou arbitrage budgétaire.
Protéger les périodes d’entraînement collectif inscrites au calendrier. Lorsqu’une mission prioritaire les interrompt, décider explicitement du rattrapage et de son financement. La simulation compléterait la préparation réelle, sans remplacer les activités indispensables sur le terrain.
3. Vérifier la cohérence des formations annoncées disponibles
Renforcer les évaluations existantes pour apprécier ensemble effectifs qualifiés, matériels utilisables, commandement, protection, appuis et soutien. Une livraison de véhicules ne suffirait pas à déclarer une capacité complète.
Objectif proposé : dès 2027, chaque formation désignée pour un engagement majeur disposerait d’une évaluation actualisée de cette cohérence, avec les écarts et leur calendrier de correction.
Les transferts temporaires de matériels ou de personnels seraient comptabilisés : compléter une unité ne doit pas masquer l’affaiblissement d’une autre. L’évaluation porterait ainsi sur l’ensemble des forces.
Les résultats détaillés resteraient confidentiels.
4. Financer la relève autant que le premier engagement
Dans chaque contrat opérationnel, identifier les moyens nécessaires pour assurer successivement engagement, relève et remise en condition, en maintenant les missions essentielles sur le territoire.
Prévoir les postes de spécialistes, les capacités de formation et les équipements permettant ce cycle. Ne compter les réservistes qu’à hauteur de leurs qualifications et de leur disponibilité vérifiées.
D’ici 2028, soumettre les principaux scénarios de relève à une évaluation intégrée aux exercices et travaux de planification existants. Les insuffisances constatées conduiraient à un financement complémentaire, une adaptation des missions ou une révision explicite de l’ambition.
Toute augmentation du format serait accompagnée du coût de ce cycle complet.
5. Adapter l’ensemble des unités aux transformations du combat
Intégrer systématiquement aux formations et exercices concernés l’évolution des drones, de la protection, de la guerre électronique et des communications. Développer les compétences des utilisateurs et des maintenanciers avec les livraisons.
Dans les arbitrages d’équipement, donner priorité aux moyens dont l’absence rend une formation incomplète : protection, génie, communications ou soutien, selon l’évaluation militaire. Préserver les compétences nécessaires à l’emploi des blindés et de l’artillerie tout en adaptant les matériels aux menaces nouvelles.
6. Financement, responsabilités et contrôle
Présenter au prochain budget le coût du palier d’activité de 2028 et des compléments nécessaires à la cohérence des formations. Distinguer crédits déjà programmés, besoins annuels supplémentaires et investissements ponctuels. Une hausse de l’activité ne se traduit pas mécaniquement par une hausse identique du budget.
Le ministère et le Parlement arbitrent les moyens ; l’état-major des armées fixe les contrats opérationnels ; l’armée de Terre organise la préparation et les effectifs. La DGA et les services de soutien assurent leurs missions d’équipement et de disponibilité.
Les préfets et collectivités interviennent pour les infrastructures, les accès et la coordination civile relevant de leurs compétences, sans se substituer au commandement militaire.
Le bilan public annuel présenterait l’activité réalisée, les annulations, les coûts et l’avancement des objectifs, en protégeant les données sensibles.
Bénéfices attendus : entraînement plus régulier, modernisation mieux utilisée, personnels moins sursollicités et engagements compatibles avec une capacité de relève réelle.