On ne redressera pas l’économie de la France avec des institutions qui ne peuvent plus décider. Les Français le ressentent avant de savoir le nommer : l’État est impuissant. Un budget qui ne passe pas. Des réformes annoncées, jamais votées. Des gouvernements qui tombent avant d’avoir gouverné. Chaque année, le même spectacle : beaucoup de promesses, peu d’actes, et l’impression que plus personne ne tient le volant. Ce n’est pas une question de personnes. Les problèmes économiques sont graves et connus : la dette, la désindustrialisation, le chômage, l’école en difficulté. Les réponses existent aussi — les rapports les formulent depuis des années. Ce qui manque, c’est la machine pour les mettre en œuvre. Notre système politique peut difficilement produire une réponse. Il passe son temps à survivre : former un gouvernement, le garder, éviter la censure, recommencer. Il n’a plus le temps de gouverner. De là, une conséquence simple : proposer un redressement économique sans réparer les institutions, c’est annoncer un voyage sans voiture. N’importe quel programme — production, industrie, école — sera broyé par la même machine qui broie les autres : Assemblée sans majorité, textes bloqués, décisions remises, exécutif qui change mais problème qui reste. L’ordre est donc le suivant : les réponses institutionnelles d’abord, pour rendre possibles les réponses économiques. Changer la machine, pas seulement les discours. Ces mécanismes existent. Ce qui change, en bref : — Un président qui préside, un Premier ministre qui gouverne. Le pouvoir est séparé en deux rôles nets : le président garantit le contrat social, le Premier ministre applique le contrat de gouvernement, négocié avec sa coalition. Finie l’ambiguïté du chef qui ne gouverne pas et du gouvernant sans légitimité. — Le peuple consulté, mais encadré. La consultation du peuple a des formes définies : consultation nationale, vote républicain, référendum, pétition. Le peuple parle quand c’est prévu, et sa parole est recueillie proprement. Un contrôle citoyen permanent par un Conseil national de citoyens tirés au sort surveille le fonctionnement des institutions en continu. Le pays n’attend plus les élections pour savoir si ceux qui le dirigent font leur travail. — Une Assemblée qui produit des résultats. L’obstruction devient difficile : limite au droit d’amendement, des votes à la majorité simple, pas de censure. L’Assemblée est faite pour voter des lois, pas pour bloquer des gouvernements. Des blocages trouvent toujours une sortie : chaque impasse a une réponse prévue, dans le pire des cas, le peuple arbitre. Plus aucune crise ne peut durer en attendant l’inspiration. — Un Sénat recentré contre l’inflation législative. Il n’ajoute plus de lois : il évalue, supprime l’inutile et l’obsolète. La France cesse d’empiler des textes que plus personne ne lit. — Une justice indépendante. Son organisation et sa gestion sont détachées du gouvernement, qui garde la politique pénale. Avec ces mécanismes, une politique de redressement devient possible. Sans elle, aucun programme ne tiendra. Je peux fournir une synthèse de ce projet. Et si cela intéresse, je peux aussi fournir le texte complet, plus abouti.