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Cahier de doléances · Ruralité

Problème n° 296

Il est devenu bien difficile de vivre à la campagne.
1. Le chômage : les emplois sont rares en milieu rural. L’industrie y est quasi inexistante et l’agriculture se meurt. Dans mon département, le plus gros employeur est une entreprise de services à la personne.
2. Les déserts médicaux : l’accès aux soins est très compliqué et il est difficile de trouver un médecin traitant. Il faut parfois se rendre dans un autre département pour consulter un spécialiste ou accoucher. Les difficultés sont les mêmes en matière de santé mentale.
3. La fermeture des services de proximité : les bureaux de poste ferment, les centres des finances publiques s’éloignent et les délais pour rencontrer une assistante sociale deviennent interminables.
4. La petite enfance et l’enseignement : les crèches et les écoles ferment, faute de moyens et d’enfants.
5. Les transports : à la campagne, la voiture personnelle est indispensable pour aller travailler, faire ses courses ou accéder aux soins. Il est presque impossible de vivre sans véhicule, tandis que les transports en commun sont quasi inexistants.
La ruralité se meurt. Les jeunes quittent la campagne pour les grandes villes, à la recherche d’un emploi. Les villages sont peu attractifs, sauf lorsqu’ils se trouvent à proximité d’une grande ville. La situation démographique est préoccupante : les jeunes y sont bien moins nombreux que les aînés. Les commerces ferment les uns après les autres.
Il est également difficile de se loger : les logements disponibles à la location sont trop peu nombreux, et l’accès à la propriété semble réservé à une poignée de privilégiés.

Depuis Lot-et-Garonne (47) · 4 octobre

10 solutions proposées

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Solution n° 297Préférée des inscritsNiveau : État

Il est impératif de briser le cercle vicieux qui pousse les jeunes actifs à quitter les territoires ruraux. Pour cela, il faut y ramener des emplois et créer les conditions qui permettront aux familles de s’y installer et d’y rester.

Rendons nos territoires plus attractifs pour les entreprises, décentralisons le pouvoir au profit des régions/départements et soutenons les agriculteurs, notamment en facilitant l’accès des producteurs locaux à la commande publique. Encourageons également l’artisanat, les commerces de proximité, la création d’entreprises et le télétravail.

Mais l’emploi ne suffit pas à lui seul. Il faut aussi améliorer l’accès aux soins, y compris à la santé mentale, développer des transports adaptés et remettre sur le marché des logements accessibles et de qualité.

L’emploi attire les familles, et leur présence contribue à faire vivre les commerces et préserve les écoles et les services. En agissant sur tous ces leviers, avec les habitants et les élus locaux, il est possible de rendre les territoires ruraux plus vivants, plus accessibles et durablement attractifs.

Depuis Lot-et-Garonne (47) · 4 octobre
Solution n° 4563Niveau : État

Votre liste décrit cinq domaines : emploi, santé, services publics, école, transports. Je voudrais proposer qu’il ne s’agit pas de cinq problèmes, mais d’un seul mécanisme qui les produit tous les cinq.

À chaque fois, une fermeture se déclenche sous un seuil chiffré. Une maternité ferme en dessous de 300 accouchements par an — c’est un décret de 1998. Une classe ferme sous un effectif. Une ligne ferme sous un nombre de voyageurs. Le seuil paraît neutre : il ne l’est pas, parce qu’il frappe toujours le plus petit d’abord et qu’il ne se franchit que dans un sens. Quand vous écrivez qu’il faut parfois changer de département pour accoucher, c’est l’aboutissement de cette règle, pas un accident.

Vous notez aussi que les villages sont peu attractifs sauf à proximité d’une grande ville. C’est exact, et c’est mesuré : entre 2017 et 2023, le rural proche des pôles a gagné des habitants quand le rural éloigné stagnait ou en perdait. La campagne ne se vide pas partout — elle se vide là où les services sont partis. La fermeture ne suit pas le déclin : elle le précède.

Si cela se corrige si mal, c’est que nous sommes mal comptés. Tout se mesure par habitant, jamais au kilomètre carré. La couverture mobile est annoncée à 99,9 % — de la population ; en surface, elle est de 91,8 %. Nous disparaissons des statistiques avant de disparaître du terrain.

Vous dites que les crèches et les écoles ferment faute de moyens. Les moyens existent, mais ils ont changé de forme : l’aide publique est passée de la dotation à l’appel à projets. Or l’État a supprimé en 2014 l’assistance technique qu’il fournissait aux petites communes. Celles qui n’ont plus d’ingénieur ne montent pas de dossier, donc ne candidatent pas — et une commune qui ne candidate pas ne figure ni parmi les bénéficiaires, ni parmi les besoins, puisque le besoin se mesure aux dossiers reçus.

Même chose pour les guichets que vous voyez fermer. La dématérialisation fait renoncer : 31 % des 60-74 ans abandonnent leurs démarches en ligne, et 49 % des plus de 75 ans n’utilisent pas Internet. Le nombre de dossiers déposés baisse, et cette baisse sert ensuite à prouver que le guichet était inutile. Le Défenseur des droits a enregistré 165 011 réclamations en 2025, en hausse de 70 % depuis 2020.

Enfin, beaucoup de ces règles s’appliquent sans que personne ne les vote. Les bases de la taxe foncière montent automatiquement chaque année : près de 18 % en cinq ans, sans décision d’aucun élu.

Aucune de ces règles n’a été conçue contre nous, et c’est précisément le problème. Personne n’a décidé d’abandonner la campagne. Chacune, prise séparément et souvent pour de bonnes raisons, produit le même effet.

Nous ne sommes pas maltraités. Nous ne sommes pas comptés.

Trois règles suffiraient à inverser la mécanique. Aucune fermeture de service public sans alternative constatée sur place — l’Arcep l’impose déjà à Orange pour la fermeture du réseau téléphonique, commune par commune, avec douze mois de préavis. Tout indicateur de couverture publié en surface autant qu’en population. Et le retour d’une ingénierie publique de droit pour les communes trop petites pour candidater. Les trois seuls cas où la dégradation rurale s’est inversée — les zones blanches 4G, la fibre en zone publique, la fermeture encadrée du cuivre — reposent tous sur une obligation de résultat assortie d’un calendrier. Aucun n’est passé par un appel à projets.

Depuis Saône-et-Loire (71) · 13 octobre
Solution n° 598Niveau : État

Il faut réindustrialiser les territoires en définissant des pôles de compétitivité par département, en mettant en place une fiscalité dédiée plus attractive. Ex. :

- Textile et chaussure dans la région de Cholet, dans le Maine-et-Loire : fiscalité plus attractive pour ces secteurs que pour les autres.
- Laboratoires pharmaceutiques à Lyon : idem.
- Pépiniéristes dans le Maine-et-Loire : idem.
- Viticulture dans les zones concernées : idem.

Depuis Maine-et-Loire (49) · 4 octobre
Solution n° 822Niveau : département

Il serait bien aussi que les entreprises qui perçoivent des aides du département ou de la région emploient des Lot-et-Garonnais au lieu de faire venir des personnes de l'UE ou d'ailleurs qui vont travailler pour des salaires moindres ou dans des conditions plus difficiles.

Remettre la valeur travail au plus haut niveau est absolument nécessaire pour réduire de manière drastique les détenteurs du RSA et des aides sociales.

Notre pays incite les handicapés à travailler ; simultanément, il encourage les bien-portants à vivre chichement en restant sur le canapé.

Depuis Lot-et-Garonne (47) · 5 octobre
Solution n° 2557Niveau : État

Aménager des lignes de chemin de fer : 2 axes, nord-sud et est-ouest, pour chaque département, afin de relier la ruralité à la principale ville du département. Privilégier les déplacements secondaires à vélo.

Depuis Vienne (86) · 7 octobre
Solution n° 4069Niveau : État

Développer des zones franches dans les zones rurales pour y attirer l’activité industrielle et tertiaire.
Déplacer des ministères en région.
Déplacer de gros centres administratifs en sous-préfectures.
La concentration de la population en ville favorise la spéculation immobilière et augmente les problèmes de transport en ville et à la campagne !

Depuis Gard (30) · 11 octobre
Solution n° 5727Niveau : commune

1- Immobilité douce :
La métropolisation + le tout TGV ont depuis 40 ans détruit méthodiquement et inexorablement le maillage subtil qui existait en France depuis Louis XIV en passant par Napoléon, Napoléon III et la 3e République.
Remédier à l’assassinat de la ruralité depuis 40 ans ne peut être que long et difficile. Rétablir les petites lignes de chemin de fer long et coûteux.

On peut dès maintenant modifier les documents d’urbanisme SCOT et PLU de façon à corréler le nombre de logements à créer avec les emplois sur zone considérée. Un des moyens est de fixer des droits à construire par destination (habitation, artisanat, industrie, services). Ce remède ne sera pas miraculeux mais devrait permettre un rééquilibrage progressif des territoires ayant pour finalité de diminuer les mouvements pendulaires et les longs déplacements domicile-travail.

Depuis Haute-Savoie (74) · 15 octobre
Solution n° 6239Niveau : département

Ici, un tissu associatif dense et riche pour des communautés de communes peu peuplées, ce tissu associatif structure et développe des compétences recherchées par les entreprises locales, qui sponsorisent et entretiennent le dynamisme et l’ouverture de cette ruralité et doit être soutenu. Exemple Jura Sud Handball…
Idem pour les réseaux de producteurs et leur visibilité (AMAP, filière comté), nombreuses associations et événements culturels. (Adapemont, réseaux de festivals divers très implantés…)
Nous souffrons du manque de médecins et de la suppression, année après année, des lignes de chemin de fer…
Tout cela renforce le territoire

Depuis Jura (39) · 17 octobre
Solution n° 7152Niveau : commune

Les réponses sont en partie dans les questions. Il faut faire revenir du monde dans les campagnes. Pour cela il faut créer de l’emploi.
- La première chose qui ne peut se faire qu’à la campagne : favoriser les motivations pour travailler dans l’agriculture afin d’augmenter le nombre d’agriculteurs. Cela permettrait aussi de favoriser l’alimentation de proximité et de qualité.
- Favoriser le maintien des entreprises existantes et/ou l’installation de nouvelles entreprises en rendant le territoire attractif. Ce qui pourrait être favorisé par la volonté de relocalisation des productions de Natacha Polony. Certaines entreprises n’ont pas besoin d’être proches d’un grand axe routier.
- Parallèlement recenser les maisons disponibles et les rendre habitables. Soit en les vendant à un prix attractif, soit la commune les rachète et les revend ou les loue par la suite. Favoriser les systèmes d’achat comme les locations-ventes, … Cela pourrait être une orientation nationale car le coût de l’habitat est un réel problème.
- Maintenir une bonne qualité de vie saine à la campagne. Les villes risquent de devenir invivables à court terme à cause du changement climatique et les gens risquent de vouloir revenir vivre à la campagne.
- Favoriser les maisons de santé car les nouveaux médecins ne veulent plus la charge d’un cabinet individuel.
- Si la population revient, les transports collectifs peuvent être mis en place. Surtout avec la problématique du réchauffement climatique qui devrait aller dans ce sens. En attendant, peut-être trouver des solutions avec des véhicules partagés ou organiser des covoiturages.
- Globalement, il faudrait que les populations se regroupent et en discutent avec le maire et le conseil municipal pour évaluer la faisabilité pour chaque commune. Le maire ne peut pas tout faire à lui tout seul. Une volonté et une implication des populations semblent nécessaires.

Depuis Aveyron (12) · 20 octobre
Solution n° 7918Niveau : commune

Passer d’une gouvernance verticale et infantilisante à une co-construction citoyenne.
Activer la puissance de l’entraide citoyenne. Du tout-État au lien sociétal : reconnaître et encourager l’initiative locale et les réseaux d’échanges de proximité. L’État ne peut pas (et ne doit pas) tout faire tout seul ; sa mission est de libérer les énergies solidaires.
Investissement dans le capital humain et local : créer des passerelles officielles entre les collectivités et les dynamiques d’entraide citoyenne (partage de compétences, circuits courts de solidarité, banques de savoirs locaux). Redonner à chacun le pouvoir d’agir à son échelle pour subvenir aux besoins fondamentaux et retisser du lien social là où règne la solitude urbaine ou rurale.
Redéfinir le rôle du dirigeant : non pas un monarque républicain qui sait tout sur tout, mais un facilitateur qui nettoie les complexités inutiles, rend des comptes clairs sur l’argent public et fait confiance à l’intelligence et à la solidarité de terrain des citoyens.

Depuis Gironde (33) · 25 octobre

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