Relier chaque engagement de défense à des moyens disponibles, soutenables et financés
1. Fixer une priorité politique explicite
Retenir comme objectif la capacité à maintenir la dissuasion et la protection du territoire, outre-mer compris, tout en contribuant à une opération majeure de défense collective en Europe et en conservant une capacité d’urgence pour protéger ou évacuer des ressortissants.
Les autres engagements doivent être arbitrés selon leur intérêt stratégique, nos obligations et les moyens disponibles. Toute ambition supplémentaire doit préciser ce qu’elle mobilise et ce qu’elle rend temporairement indisponible ailleurs.
2. Vérifier la capacité à remplir plusieurs missions ensemble
Dans les six mois suivant le lancement, réexaminer les contrats opérationnels existants sous l’autorité du chef d’état-major des armées.
Pour chaque mission, identifier : forces disponibles, délai de préparation, durée soutenable, relève, stocks, transport, maintenance, soutien médical et dépendances alliées. Un même moyen ne doit pas être compté comme disponible simultanément pour deux missions incompatibles.
Tester trois situations de soutien américain : contribution habituelle, soutien réduit et indisponibilité de certains moyens critiques. Intégrer les enseignements vérifiés des conflits récents, notamment l’usure, les drones et les communications perturbées.
Présenter au gouvernement les capacités assurées, conditionnelles et insuffisantes. Faire examiner les hypothèses par d’autres équipes, au sein des organismes existants.
3. Arbitrer les écarts au lieu de les reporter silencieusement
Dans les neuf mois, associer à chaque insuffisance critique une décision : renforcement financé, coopération contractualisée ou révision d’un engagement. Préciser responsable, coût complet et échéance.
Pour les capacités de protection nationale, privilégier le traitement du manque ; pour les missions supplémentaires, vérifier leur compatibilité avec les priorités avant tout engagement.
Une capacité annoncée par un partenaire ne doit être considérée comme acquise qu’avec des conditions de disponibilité et d’emploi explicites. La coopération européenne doit renforcer la capacité d’action française tout en répartissant les charges.
4. Mettre les décisions à l’épreuve chaque année
Organiser un examen annuel combinant exercices déjà programmés, simulations et vérification des capacités de relève. Les simulations complètent les essais réels et ne prouvent pas, seules, la disponibilité des forces.
Objectifs de gestion proposés : 100 % des missions prioritaires assorties d’un responsable, d’un coût et d’un échéancier ; chaque écart critique constaté assorti d’une décision corrective sous trois mois.
Présenter au Parlement un bilan annuel agrégé et organiser l’accès aux informations sensibles dans le respect des règles de protection du secret. Publier les objectifs, les progrès et les arbitrages sans révéler les stocks détaillés ni les vulnérabilités exploitables.
5. Chiffrer cette mise en cohérence, puis les capacités
Mobiliser les équipes de planification et de contrôle existantes, sans créer d’agence. Recenser leur charge de travail et supprimer les comptes rendus redondants ; ne pas annoncer d’économie de personnel non démontrée.
Plafond supplémentaire proposé :
• première année : 1 M€ pour adapter les outils sécurisés de suivi et 1 M€ pour les simulations et analyses complémentaires ;
• deuxième et troisième années : 1 M€/an pour actualiser et vérifier le dispositif.
Total maximal proposé : 4 M€ sur trois ans, en euros 2026, hors rémunération des équipes existantes. Cette enveloppe de travail, à confirmer par devis, serait explicitement autorisée dans les crédits des Armées.
Elle finance la méthode de vérification, pas le renforcement militaire. Les équipements, stocks et effectifs supplémentaires seront chiffrés dans les problèmes correspondants, puis consolidés sans doublons. Distinguer crédits déjà programmés, réaffectations décidées et dépenses nouvelles ; aucune commande ne repose sur une économie hypothétique.
6. Des responsabilités identifiées
Président de la République et gouvernement : orientations et arbitrages, selon leurs compétences. Ministre des Armées et chef d’état-major : cohérence des missions et préparation des forces. Direction générale de l’armement : faisabilité industrielle et coûts des équipements. Premier ministre et SGDSN : coordination interministérielle.
Parlement : vote des moyens et contrôle. Collectivités : contributions relevant de leurs compétences, notamment infrastructures et continuité civile, sans responsabilité de commandement militaire.
Bénéfices attendus : engagements mieux soutenus, dépenses orientées vers les manques prioritaires, moindre risque d’épuisement des moyens et contribution européenne plus crédible. Évaluer les résultats sur les capacités vérifiées et les corrections réalisées.