Les guerres actuelles ont mis en lumière notre incapacité à produire la masse face aux guerres de drones
Les conflits contemporains en Ukraine et au Proche-Orient ont bouleversé la réalité militaire. Face aux systèmes d'armes d'exception comme le Rafale ou les chars lourds (indispensables mais hors de prix et livrés au compte-gouttes), la décision tactique se fait désormais par la saturation, les drones low-cost, les munitions télé opérées et l'usure de haute intensité.
Notre base industrielle reste conçue comme une orfèvrerie de temps de paix, incapable de sortir rapidement des milliers d'équipements consommables par mois. Parallèlement, nos usines mécaniques et automobiles civiles perdent des marchés et menacent de fermer faute de débouchés.
Pire encore, le discours officiel sur « l’économie de guerre » est resté lettre morte. Sans visibilité pluriannuelle ni bons de commande fermes de la part de l'État, aucun industriel ne peut réorienter ses chaînes de montage ou embaucher sur de simples déclarations d'intention. Ne pas organiser cette conversion par des contrats clairs crée une dépendance mortelle aux composants asiatiques et nous expose à un décrochage stratégique immédiat.
Cahier de doléances · Défense
Problème n° 2799
1 solution proposée
Bâtir une filière nationale de drones en mobilisant nos usines civiles grâce à des commandes d’État fermes
Pour passer du slogan d’« économie de guerre » à une capacité de production réelle sans creuser les déficits, l’État doit servir de donneur d’ordre stratège :
1. Remplacer les discours par des commandes publiques pluriannuelles : les industriels ne convertiront pas leurs ateliers à l’aveugle. Le ministère des Armées et la Direction générale de l’armement doivent garantir des volumes d’achat massifs et contractuels sur 3 à 5 ans, donnant aux entreprises la visibilité financière indispensable pour adapter leurs outils de production.
2. Mobiliser les chaînes de grande série de l’industrie civile (automobile et mécanique de précision) : confier l’assemblage des structures, des moteurs électriques standards et des pièces consommables à des constructeurs comme Renault ou aux équipementiers automobiles menacés par la désindustrialisation. Ils maîtrisent la robotisation, les flux tendus et la production de masse à coût serré.
3. Sécuriser une filière de composants 100 % souveraine : bannir la dépendance aux circuits chinois grand public (moteurs et transmissions DJI). Affecter une part des crédits de recherche militaire au codéveloppement de micromoteurs et de puces électroniques durcies fabriqués sur le sol national ou européen.
4. Allier l’agilité logicielle des PME à la puissance de production : faire concevoir les systèmes de navigation sans GPS, le guidage terminal et l’IA embarquée résistant au brouillage par nos start-ups de tech souveraine, tout en confiant leur assemblage en grande série aux usines mécaniques traditionnelles.
5. Articuler la masse et le haut de gamme : le drone peu coûteux ne remplace pas nos systèmes stratégiques (dissuasion, chasseurs-bombardiers) ; il les protège et les complète en servant de bouclier saturant et d’éclaireur consommable sur le terrain.
Cette formulation met directement l’État devant ses responsabilités tout en apportant une réponse industrielle concrète pour l’emploi ouvrier et la défense.
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