En dépit de moyens financiers considérables, l'Ecole est une institution qui n'est plus en mesure de répondre aux objectifs fixés et attendus de la Nation à savoir: égalité des chances, citoyenneté, savoirs fondamentaux et réussite scolaire, encadrement éducatif et pédagogique. Ce diagnostic succinct fait désormais l'objet d'un large consensus et mériterait certainement d'être développé; mais ce sont les solutions qui sont les plus urgentes et pertinentes, dans une problématique qui conditionne directement la vie et la survie d'une nation.
Cahier de doléances · Éducation
Problème n° 2796
3 solutions proposées
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On attribue souvent les difficultés de l’École au « manque d’autorité » et de considération de l’institution et de ses employés, faussement présentés comme « des représentants de l’État » puisqu’ils en sont les fonctionnaires. Mais ce statut, qui semble commun à différentes professions (santé, sécurité, défense…), recouvre des réalités et des prérogatives très différentes. Que l’on crache au visage d’un professeur ou d’un gendarme : la réponse institutionnelle sera fort différente. Une amende (a minima) sera émise pour le second, alors que le premier aura pour seul recours donnant lieu à réparation le dépôt d’une plainte. On évoquera naturellement le fameux « conseil de discipline », qui n’a aucune valeur légale dès lors que le litige est porté devant la justice et que ses décisions sont en contradiction avec la loi sur l’obligation scolaire. Donc, première solution : un statut juridique adapté aux missions d’enseignement et d’encadrement et conforme aux prérogatives de l’État.
Cette exigence implique une nouvelle nécessité, qui est la formation des maîtres.
Il faut cesser d’encenser systématiquement la profession sur son engagement et son professionnalisme quand les résultats obtenus sont objectivement déplorables. Il y a là un effort démagogique de consolation condescendante pour les enseignants, qui n’a pas l’effet vraisemblablement escompté d’encouragement.
Une rupture factuelle existe dans la chaîne de transmission des savoirs : elle est multifactorielle et relève autant du manque de motivation des élèves que de la pédagogie.
L’institution, première coupable de cet état de fait, doit agir sur la formation qui, à l’heure actuelle et depuis des années, est en réalité quasi inexistante après la réussite au concours académique du CAPES, si ce n’est dans une forme de compagnonnage entre un ancien, dont le principal mérite est d’accepter de « prendre un stagiaire » (et les volontaires sont peu nombreux !), et le nouveau maître. On forme un mécanicien automobile en deux ans, un prof en 6 mois ! Là où deux années en institut spécialisé seraient nécessaires pour affronter les questions de pédagogie générale et de spécialité, les sciences de l’éducation, les aspects juridiques et la connaissance de l’institution…
L’établissement scolaire et le service rendu aux familles. « L’École est un lieu sanctuarisé » consacré à l’éducation.
Une belle rhétorique religieuse pour une réalité beaucoup plus prosaïque. On parvient, au mieux, à éviter les intrusions avec un système de filtration, d’interphones et de portes métalliques.
Et malgré ces équipements, une éternelle incompréhension subsiste entre usagers et enseignement : « Je souhaite que mon enfant soit encadré pendant que je suis au travail. » Déclaration suscitant inévitablement la réaction : « L’École n’est pas une garderie »… Et pourquoi pas ? La préoccupation du parent n’est-elle pas fondée et la fonction de professeur serait-elle déshonorée en s’occupant d’un enfant, pas nécessairement en le « gardant », mais en l’admettant au sein de l’univers culturel qui devrait être inhérent à ce « sanctuaire » ?
En ce qui concerne l’encadrement des élèves mineurs, j’ai toujours été surpris — même et surtout en tant que chef d’établissement — de voir des enfants scolarisés « se balader » dans les villes ou les villages, accompagnés ou non, à toute heure de la journée. Ils bénéficient de statuts spéciaux et sur mesure, attestés par des lettres et autorisations de la toute-puissance parentale, comme si l’école était un lieu à fuir dès qu’un cours n’est pas rendu et que l’enfant est irrémédiablement condamné à l’étude.
La toute-puissance parentale, qui depuis quelques années pouvait paradoxalement s’appliquer à la pédagogie, atteint désormais les contenus et génère parfois des excès catastrophiques. Il y a lieu de trouver ici les voies d’une concertation intelligente qui libère certains chefs d’établissement de la crainte de la contestation parentale : « Oui, mais les parents ont dit… »
Donc, des établissements scolaires où, d’une part, les mineurs respectent les horaires du fonctionnement général, avec des sorties régies par les trois statuts d’accueil en vigueur : externe, demi-pensionnaire, interne… Et, d’autre part, des établissements dont l’environnement doit être prioritairement et efficacement sécurisé par les forces de l’ordre disponibles : polices nationale et municipale, gendarmerie, vigiles… afin de dissuader les dealers, racketteurs et pédocriminels et délinquants de tous ordres…
Créer un institut de formation des maîtres avec un programme adapté à de nouvelles missions et à un nouveau statut des enseignants
Limiter les matières, recentrer les cours sur les matières essentielles (français, mathématiques, langues étrangères, histoire, etc.), plus de devoirs à la maison, mais réserver des moments dans l’école pour le travail personnel, et collectif avec des éducateurs. Évaluation nationale par trimestre et affichage des résultats, plus de notation par le professeur. Analyse des résultats et mise en place immédiatement de renfort pour les classes ou élèves en difficulté. Recrutement des profs par le directeur d’établissement avec marge de manœuvre sur la rémunération…
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