Ouvrir des clubs accessibles à tous et garantir un accueil après les cours
1. Une offre gratuite et un choix réel
De la maternelle au lycée, organiser un accueil après les cours, jusqu’à 18 h 30 selon les besoins locaux. La participation reste facultative. À la maternelle, privilégier jeux, repos et activités adaptées ; à partir du CP, proposer des clubs réguliers.
Donner accès à deux heures hebdomadaires d’activité culturelle, scientifique, technique ou citoyenne : théâtre, musique, échecs, lecture, sciences, robotique, jardinage, cuisine ou journal scolaire. Le sport relève de la fiche dédiée et complète ce choix.
Garantir la gratuité de cette offre et de l’accueil associé, sans sélection scolaire. Prêter le matériel. Prévoir une inscription sans application obligatoire.
2. Des projets suivis, portés aussi par les élèves
Proposer des cycles trimestriels ou annuels, avec un intervenant régulier et une réalisation concrète : spectacle, exposition, objet construit, expérience ou publication.
Au collège et au lycée, permettre aux élèves de proposer un club et de participer à son organisation, avec un adulte référent, un budget validé et des règles communes. Les élèves ne remplacent pas l’encadrement requis.
Prévoir une période de découverte. En cas de demandes excédentaires, ouvrir des groupes supplémentaires ou organiser une rotation transparente. Ne pas réserver les places aux familles les plus rapides à s’inscrire.
3. Respecter le repos et inclure tous les enfants
Permettre chaque jour une activité calme, de la lecture libre ou du repos. L’accueil ne doit pas devenir une succession obligatoire d’ateliers.
Adapter les activités au handicap et financer l’accompagnement nécessaire, sans supposer que les AESH scolaires seront disponibles gratuitement après les cours.
Coordonner clubs, étude accompagnée et sport pour que les élèves bénéficiant d’aide puissent aussi accéder aux activités choisies. Articuler le goûter avec la restauration scolaire.
Organiser les déplacements vers les lieux d’activité et le retour, particulièrement dans les territoires ruraux. Aucun enfant ne doit perdre sa place faute de solution de transport.
4. S’appuyer sur les structures existantes
Utiliser les projets éducatifs territoriaux et les conventions avec les collectivités, CAF, associations, bibliothèques, conservatoires et clubs. Mutualiser les intervenants entre petits établissements.
Mobiliser des animateurs et intervenants qualifiés, avec contrôle de l’honorabilité et respect des règles d’encadrement. Financer préparation, coordination et remplacements. Le bénévolat reste complémentaire.
Les collectivités et établissements désignent un organisateur responsable pour chaque accueil. Les enseignants peuvent intervenir volontairement et être rémunérés ; aucune obligation générale supplémentaire ne leur est imposée.
5. Un budget distinguant clubs et accueil
Scénario de dimensionnement pour un million d’élèves utilisant chacun 400 heures annuelles, soit 2 h 30 sur 160 jours :
• Clubs non sportifs : 72 heures par élève, soit 2 heures sur 36 semaines. Avec douze participants par groupe et 60 € par heure d’encadrement : 360 M€/an.
• Matériel, préparation, coordination, inclusion et déplacements des clubs : provision de 90 M€/an.
• Accueil hors clubs : 328 millions d’heures-enfants à 5 € de coût complet moyen, soit 1,64 Md€/an.
Total brut indicatif : 2,09 Md€/an. Ces hypothèses doivent être vérifiées selon l’âge, le territoire et les obligations d’encadrement. Ce scénario finance un million de places régulières, pas encore un droit national intégralement déployé.
Les heures de sport et d’étude déjà financées dans les autres fiches remplacent des heures d’accueil dans le calcul individuel ; elles ne s’y ajoutent pas une seconde fois. Les repas restent dans leur budget propre.
Le financement supplémentaire correspond au coût réel diminué des crédits publics existants maintenus et mobilisés. Prévoir le remplacement des participations familiales supprimées. Vérifier ou adapter les conditions de financement des Caf à la gratuité proposée.
6. Déploiement et responsabilités
Expérimenter pendant deux ans pour 100 000 élèves : 209 M€/an de fonctionnement brut selon ce scénario, plus 10 M€ proposés pour les adaptations matérielles, soit 428 M€ avant déduction des financements existants. Les constructions lourdes nécessitent un budget distinct.
État : garantie progressive, financement complémentaire et évaluation. Collectivités et organismes gestionnaires : organisation, locaux et contrats. Caf : cofinancement conventionné. Rectorats et services départementaux : articulation scolaire et contrôles relevant de leurs compétences.
Commencer dans les territoires les moins dotés, puis étendre sur cinq ans selon les besoins constatés. Suivre participation durable, diversité sociale, inclusion, satisfaction, fatigue, stabilité des intervenants et coût réel, sans mesurer la réussite au seul nombre d’inscrits.