Faire du sport une composante quotidienne et accessible de la vie scolaire
1. Assurer les enseignements prévus
De la maternelle au lycée, programmer effectivement l’EPS et suivre les séances réalisées, annulées et rattrapées. À l’élémentaire, garantir les trois heures hebdomadaires prévues et organiser les trente minutes d’activité physique les jours sans EPS.
Les pauses actives complètent les cours, sans les remplacer. L’EPS reste un enseignement assuré sous responsabilité pédagogique, avec des objectifs de progression.
Intégrer l’accompagnement des professeurs des écoles à la formation déjà prévue dans le pb dédié. Mobiliser le dispositif de remplacement proposé précédemment ; identifier et chiffrer séparément les besoins supplémentaires propres à l’EPS.
2. Ouvrir une pratique régulière à tous
Créer progressivement une offre gratuite de deux heures de sport par semaine, en complément de l’EPS, pour les élèves volontaires du CP à la terminale. Viser d’abord un million de participants, en donnant priorité aux élèves actuellement éloignés de la pratique.
S’appuyer sur les associations sportives scolaires, l’USEP, l’UNSS, l’UGSEL et les clubs conventionnés, en articulant les dispositifs existants. Inscription simple, matériel prêté et transport organisé lorsque nécessaire.
Programmer les séances après les cours ou le mercredi, en cohérence avec l’objectif d’une fin des enseignements obligatoires à 16 heures. L’inscription ouvre droit à une place régulière, sans sélection sur la performance.
Adapter activités, équipements et encadrement au handicap, à la santé et au niveau des élèves. Diversifier les propositions pour favoriser notamment la participation des adolescentes.
3. Faire vivre des équipes et des rencontres scolaires
Proposer sports collectifs, athlétisme, natation, danse, activités de pleine nature et autres disciplines selon les équipements disponibles.
Organiser trois rencontres annuelles par groupe participant entre établissements proches, intégrées au volume d’activité. Prévoir des formats de découverte et de compétition, avec des groupes de niveau évolutifs permettant à chacun de participer.
Valoriser la progression, l’entraide, l’arbitrage et le respect des règles. Les équipes représentant l’établissement peuvent rechercher la performance, sans monopoliser les moyens ni exclure les débutants.
4. Garantir des lieux et un encadrement adaptés
Établir une carte locale des créneaux disponibles : gymnases, terrains, piscines et équipements scolaires. Mutualiser leur utilisation par conventions précisant entretien, responsabilité et coûts.
Prioriser le savoir-nager et l’aisance aquatique dans les programmations, en réservant les créneaux et transports nécessaires. Un manque de piscine ne se résout pas par une simple consigne nationale : prévoir un plan territorial d’accès.
Employer des intervenants qualifiés, vérifier leur honorabilité selon les règles applicables et financer leur temps. Préciser les responsabilités respectives des enseignants, éducateurs et accompagnateurs. Adapter les taux d’encadrement à l’activité ; ne pas dépendre du seul bénévolat.
5. Un budget progressif et identifiable
Pour un million de participants à l’offre complémentaire :
• 2 heures × 36 semaines × 1 million d’élèves ÷ 15 participants en moyenne = 4,8 millions d’heures d’encadrement ;
• à 60 € de coût employeur moyen par heure : 288 M€/an ;
• transports : 30 M€/an ;
• licences, assurances et petit matériel : 20 M€/an ;
• coordination, formation spécifique, location, entretien et évaluation : 22 M€/an.
Total brut indicatif : 360 M€/an, soit 360 € par participant. Les coûts horaires et tailles de groupes sont des hypothèses à vérifier ; les activités exigeant davantage d’encadrement nécessitent un ajustement.
Proposer en complément 100 M€/an pendant cinq ans pour adapter 500 sites par an, à 200 000 € en moyenne. Cette enveloppe finance des rénovations ou équipements de proximité, pas un programme de construction de piscines.
Déduire uniquement les crédits existants effectivement mobilisés. Ne pas compter ces activités une seconde fois dans la future fiche consacrée aux clubs périscolaires.
6. Responsabilités et évaluation
État : cadre, financement de l’encadrement et aide aux investissements. Rectorats et services départementaux : EPS, personnels et conventions avec le mouvement sportif. Communes, départements et régions : équipements de leur ressort, accès et entretien ; autorités organisatrices : transports.
Établissements et associations : inscriptions, séances, rencontres et suivi. Financer toute charge nouvelle confiée aux collectivités.
Piloter pendant deux ans pour 100 000 élèves : 36 M€/an de fonctionnement brut et 10 M€ d’investissement initial, soit 82 M€ au total. Mesurer assiduité, activité réelle, progression motrice, accès des filles et des élèves handicapés, incidents et coûts. Étendre selon les résultats et les capacités, sans promettre d’économies de santé automatiques.