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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 2759

Sport à l’école : une pratique physique insuffisante et des inégalités d’accès

L’activité physique des enfants et des adolescents reste marquée par des écarts selon le sexe, l’âge et le milieu social. L’étude française Esteban, réalisée en 2014-2016 et reprise dans la synthèse de Santé publique France de 2024, indiquait que seuls 51 % des garçons et 33 % des filles de 6 à 17 ans atteignaient les recommandations d’activité physique. Ces données anciennes ne constituent pas une mesure de la situation en 2026. Elles montrent cependant une diminution de l’activité après dix ans et une pratique moins importante dans les ménages les moins diplômés.

Les horaires scolaires prévoient trois heures hebdomadaires d’EPS à l’élémentaire, quatre heures en sixième et trois heures dans les autres classes du collège. Ces volumes inscrits à l’emploi du temps ne renseignent toutefois pas, à eux seuls, sur le temps effectivement passé en mouvement, les disciplines accessibles ou la continuité des apprentissages.

L’accès à une pratique complémentaire dépend notamment de la proximité des installations, des créneaux disponibles, du transport, du coût des inscriptions et de la disponibilité familiale. Ces contraintes peuvent se cumuler pour les élèves des territoires peu équipés ou des familles disposant de moins de ressources.

Les possibilités de participation diffèrent également selon le niveau sportif, la confiance en soi, l’état de santé ou le handicap. Une offre existante ne signifie donc pas que chaque élève puisse effectivement y accéder et s’y engager durablement.

Le problème est double : une activité physique insuffisante pour une partie des jeunes et des conditions inégales pour découvrir, pratiquer et poursuivre un sport au cours de la scolarité.

Depuis 99 · 7 octobre

1 solution proposée

Solution n° 2760Niveau : État

Faire du sport une composante quotidienne et accessible de la vie scolaire

1. Assurer les enseignements prévus

De la maternelle au lycée, programmer effectivement l’EPS et suivre les séances réalisées, annulées et rattrapées. À l’élémentaire, garantir les trois heures hebdomadaires prévues et organiser les trente minutes d’activité physique les jours sans EPS.

Les pauses actives complètent les cours, sans les remplacer. L’EPS reste un enseignement assuré sous responsabilité pédagogique, avec des objectifs de progression.

Intégrer l’accompagnement des professeurs des écoles à la formation déjà prévue dans le pb dédié. Mobiliser le dispositif de remplacement proposé précédemment ; identifier et chiffrer séparément les besoins supplémentaires propres à l’EPS.

2. Ouvrir une pratique régulière à tous

Créer progressivement une offre gratuite de deux heures de sport par semaine, en complément de l’EPS, pour les élèves volontaires du CP à la terminale. Viser d’abord un million de participants, en donnant priorité aux élèves actuellement éloignés de la pratique.

S’appuyer sur les associations sportives scolaires, l’USEP, l’UNSS, l’UGSEL et les clubs conventionnés, en articulant les dispositifs existants. Inscription simple, matériel prêté et transport organisé lorsque nécessaire.

Programmer les séances après les cours ou le mercredi, en cohérence avec l’objectif d’une fin des enseignements obligatoires à 16 heures. L’inscription ouvre droit à une place régulière, sans sélection sur la performance.

Adapter activités, équipements et encadrement au handicap, à la santé et au niveau des élèves. Diversifier les propositions pour favoriser notamment la participation des adolescentes.

3. Faire vivre des équipes et des rencontres scolaires

Proposer sports collectifs, athlétisme, natation, danse, activités de pleine nature et autres disciplines selon les équipements disponibles.

Organiser trois rencontres annuelles par groupe participant entre établissements proches, intégrées au volume d’activité. Prévoir des formats de découverte et de compétition, avec des groupes de niveau évolutifs permettant à chacun de participer.

Valoriser la progression, l’entraide, l’arbitrage et le respect des règles. Les équipes représentant l’établissement peuvent rechercher la performance, sans monopoliser les moyens ni exclure les débutants.

4. Garantir des lieux et un encadrement adaptés

Établir une carte locale des créneaux disponibles : gymnases, terrains, piscines et équipements scolaires. Mutualiser leur utilisation par conventions précisant entretien, responsabilité et coûts.

Prioriser le savoir-nager et l’aisance aquatique dans les programmations, en réservant les créneaux et transports nécessaires. Un manque de piscine ne se résout pas par une simple consigne nationale : prévoir un plan territorial d’accès.

Employer des intervenants qualifiés, vérifier leur honorabilité selon les règles applicables et financer leur temps. Préciser les responsabilités respectives des enseignants, éducateurs et accompagnateurs. Adapter les taux d’encadrement à l’activité ; ne pas dépendre du seul bénévolat.

5. Un budget progressif et identifiable

Pour un million de participants à l’offre complémentaire :
• 2 heures × 36 semaines × 1 million d’élèves ÷ 15 participants en moyenne = 4,8 millions d’heures d’encadrement ;
• à 60 € de coût employeur moyen par heure : 288 M€/an ;
• transports : 30 M€/an ;
• licences, assurances et petit matériel : 20 M€/an ;
• coordination, formation spécifique, location, entretien et évaluation : 22 M€/an.

Total brut indicatif : 360 M€/an, soit 360 € par participant. Les coûts horaires et tailles de groupes sont des hypothèses à vérifier ; les activités exigeant davantage d’encadrement nécessitent un ajustement.

Proposer en complément 100 M€/an pendant cinq ans pour adapter 500 sites par an, à 200 000 € en moyenne. Cette enveloppe finance des rénovations ou équipements de proximité, pas un programme de construction de piscines.

Déduire uniquement les crédits existants effectivement mobilisés. Ne pas compter ces activités une seconde fois dans la future fiche consacrée aux clubs périscolaires.

6. Responsabilités et évaluation

État : cadre, financement de l’encadrement et aide aux investissements. Rectorats et services départementaux : EPS, personnels et conventions avec le mouvement sportif. Communes, départements et régions : équipements de leur ressort, accès et entretien ; autorités organisatrices : transports.

Établissements et associations : inscriptions, séances, rencontres et suivi. Financer toute charge nouvelle confiée aux collectivités.

Piloter pendant deux ans pour 100 000 élèves : 36 M€/an de fonctionnement brut et 10 M€ d’investissement initial, soit 82 M€ au total. Mesurer assiduité, activité réelle, progression motrice, accès des filles et des élèves handicapés, incidents et coûts. Étendre selon les résultats et les capacités, sans promettre d’économies de santé automatiques.

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