Malheureusement, les banlieues et quartiers à forte immigration ont été livrés à eux-mêmes et ceux qui ont alerté sur les risques et la nécessité de mener une politique de la ville n’ont jamais été écoutés. Je me souviens qu’il y a une vingtaine d’années, une jeune fille de banlieue nord de Paris, disait que les lois de la République s’arrêtaient à la porte Saint-Denis. Les gouvernements ont abandonné les habitants de ces banlieues qui n’ont désormais aucun espoir, aucun avenir et quand des jeunes ne peuvent ni trouver de travail, ni avoir une place dans notre société, ils se tournent vers les trafics et les extrémismes en tout genre, qu’ils soient religieux, sous forme de délinquance ou de pillage. Ils n’ont plus rien à perdre et une personne qui n’a plus rien à perdre est capable du pire.
Il faut donc une politique de la ville qui prenne en compte toutes ces populations laissées sur le bord du chemin. Pour moi cela passe par une éducation, une véritable éducation qui leur donne envie d’apprendre, leur ouvre des perspectives d’emploi, leur permette d’être fiers d’eux-mêmes et qui leur permette de s’insérer de manière positive dans notre société. Pour arriver à faire cela, il faut aussi impliquer les parents en les faisant participer à reconstruire des banlieues viables, propres, sécurisées où ceux qui font la loi ne sont pas des trafiquants de drogue ou des extrémistes religieux.
C’est certes un combat de longue haleine puisqu’il faut commencer dès le plus jeune âge mais c’est indispensable si on veut que les choses changent. Et croyez-moi, je peux vous dire pour avoir travaillé dans un collège de ZEP qu’il y a des jeunes extrêmement intelligents, volontaires et courageux qui seraient prêts à relever le défi si on leur donnait leur chance.