Constat largement partagé. Ces dernières années, l’État a eu massivement recours aux cabinets de conseil privés, y compris sur des missions que ses propres agents savent accomplir. Ce choix coûte cher, affaiblit l’expertise publique et pose un vrai problème de souveraineté quand des données ou des décisions sensibles passent entre les mains de cabinets étrangers. Gouverner un pays demande des compétences solides et durables, que l’État doit posséder lui-même. Voici quelques pistes de travail proposées.
Encadrer strictement le recours aux cabinets. Piste proposée : plafonner l’enveloppe annuelle consacrée au conseil, n’y recourir que lorsque la compétence n’existe pas en interne, et exiger une obligation de résultat. Chaque mission serait évaluée et ses conclusions rendues publiques.
Miser d’abord sur l’expertise de l’État. Piste proposée : renforcer les équipes internes de conseil de l’administration pour qu’elles deviennent le premier recours des ministères, et consacrer une partie de l’argent économisé sur les cabinets à former et à garder des experts publics.
Transmettre avant de perdre. De nombreux hauts fonctionnaires expérimentés partiront à la retraite dans les prochaines années. Piste proposée : organiser des binômes entre agents expérimentés et nouvelles recrues avant chaque départ, pour que le savoir-faire ne disparaisse pas avec eux.
Protéger les missions sensibles. Piste proposée : pour les missions qui touchent à la sécurité, aux données des citoyens ou aux décisions stratégiques, exiger des garanties strictes de confidentialité et un hébergement des données en Europe, et privilégier dans ce cas l’expertise interne.
Fil conducteur : l’État doit savoir penser par lui-même. Chaque euro dépensé en conseil extérieur sans nécessité est un euro qui n’a pas servi à construire une expertise publique durable.