Sécurité, zones de non-droit.
Cahier de doléances · Sécurité
Problème n° 2425
2 solutions proposées
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Remettre les commissariats de quartier.
Remettre les éducateurs de rue.
La question de la sécurité et des « zones de non-droit » ne concerne pas uniquement la France. Plusieurs pays européens rencontrent des difficultés similaires et certaines de leurs expériences pourraient nous inspirer, sans pour autant chercher à les reproduire à l’identique.
À mon sens, trois axes mériteraient d’être développés.
1. Rétablir une présence durable de l’État dans les quartiers concernés.
L’exemple de la Suède est intéressant. Le pays a mis en place une classification des quartiers les plus vulnérables, en prenant notamment en compte l’influence des réseaux criminels sur la vie quotidienne.
En France, nous pourrions nous inspirer de cette démarche pour identifier les territoires où l’emprise criminelle est réellement installée et y concentrer les moyens nécessaires. L’idée ne serait pas de multiplier les opérations ponctuelles, mais d’assurer une présence policière continue, de protéger les habitants et de rétablir progressivement leur confiance envers les institutions.
2. S’attaquer à l’argent des réseaux plutôt qu’uniquement aux petits trafiquants.
C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants des Pays-Bas et de l’Italie.
Arrêter les vendeurs de rue est nécessaire, mais tant que les organisations conservent leurs financements, elles peuvent rapidement les remplacer. Il faudrait donc renforcer les enquêtes financières, lutter davantage contre le blanchiment et faciliter la confiscation des avoirs criminels.
L’Italie va même plus loin en permettant la réutilisation sociale de certains biens confisqués à la mafia. Une approche qui aurait du sens en France : faire en sorte que l’argent du crime puisse, lorsque la loi le permet, bénéficier aux territoires qui en subissent les conséquences.
3. Empêcher les réseaux de recruter continuellement de nouveaux jeunes.
La répression, aussi nécessaire soit-elle, ne suffira jamais si chaque personne arrêtée est immédiatement remplacée.
Le Danemark a notamment travaillé sur la transformation de certains quartiers et la réduction de la concentration des difficultés sociales. Cette expérience mérite d’être étudiée, même si certaines mesures danoises ont soulevé d’importantes questions juridiques concernant les discriminations.
En France, il faudrait davantage articuler sécurité, école, formation, accompagnement des familles et possibilités de sortie des réseaux. Non pas pour excuser les comportements délinquants, mais pour éviter que la criminalité ne devienne une perspective pour certains jeunes.
Au final, je pense que ces trois axes sont indissociables.
Il faut une réponse ferme et immédiate pour protéger les habitants, une action judiciaire et financière pour affaiblir durablement les organisations criminelles, mais également un véritable travail de fond pour empêcher leur reconstitution.
Tout cela peut largement s’inscrire dans le cadre du droit français et européen, sans remettre en cause les libertés fondamentales.
La véritable difficulté me semble moins résider dans l’absence de lois que dans notre capacité à coordonner les moyens, à assurer une continuité de l’action publique et surtout à mesurer les résultats.
L’objectif ne devrait pas simplement être de reprendre temporairement le contrôle d’un quartier, mais de faire en sorte que ses habitants puissent y vivre normalement, en sécurité, avec les mêmes droits et les mêmes libertés que partout ailleurs en France.
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