Bonjour,
Je travaille depuis 30 ans dans les champs de la prévention et de la promotion de la santé, essentiellement en milieu associatif. Je suis assez découragé de voir combien les questions d'éducation pour la santé ne sont pas intégrées, prises en compte dans les politiques de santé.
La promotion de la santé reste un joli mot dans les différents plans de santé, mais elle est rarement mise en œuvre. Elle est pourtant un véritable levier pour réduire les inégalités de santé, pour agir sur les déterminants de santé, rendre les personnes actrices de leur santé. Cette notion permet de mettre autour de la table les acteurs qui peuvent, chacun à leur niveau, influer positivement sur la santé des personnes.
Les élus ne sont pas suffisamment formés à ces questions et ne voient que la question des déserts médicaux pour seule réponse, alors que les études montrent que les soins ne représentent que 15 % des déterminants (contre 45 % pour les facteurs socio-économiques).
À quoi bon financer des associations de promotion de la santé quand le ministère lui-même ne promeut pas ce qu'il subventionne ? Sur le terrain, les professionnels sont largement acquis à la cause, mais entravés par des politiques et des financements qui ne sont pas à la hauteur.
La création des CPTS ne va pas résoudre les problèmes et la santé ne doit pas être l'apanage des soignants ; la prévention primaire est une chose, mais sans éducation, elle ne suffit pas !