On entre trop tard :
Effectivement, l’Éducation nationale pousse nos enfants vers des études de plus en plus longues, sans pour autant leur assurer un emploi dans la filière concernée, et bien souvent sans rapport avec leurs capacités. Une réforme importante est nécessaire de ce côté-là (voir la proposition plus loin). Les solutions sont à rechercher, sans doute, dans la rubrique concernée parmi les propositions de solutions du cahier de doléances.
Natacha Polony a beaucoup travaillé le sujet, et les articles dans la revue l’Audace de septembre nous fournissent quelques pistes.
On sort trop tôt :
C’est, à mon avis, à la fois vrai et à la fois inexact.
Car tout dépend du métier exercé. Entre un métier, par exemple de maçon ou couvreur (physiquement éprouvant et par tous les temps) et un métier d’architecte (pour rester dans le bâtiment), le temps passé aux études et l’âge de départ dans la vie active ne sont pas comparables, pas plus que les efforts fournis durant une quarantaine d’années.
Si l’on parle d’égalité dans la durée d’exercice, 40 ans par exemple, l’un est sévèrement éprouvé quand le second l’est moins.
Il vaut mieux parler d’équité, les années physiquement éprouvantes sont majorées par un coefficient.
S’il est vrai que la durée en retraite a augmenté (en 1970, les départs à 64 ans permettaient d’envisager une quinzaine d’années de retraite, contre près de 24 ans pour la génération 1960), ainsi que le nombre de retraités (en 2000, il y avait environ 9,7 millions de retraités dans le régime général tous droits confondus, selon les données de l’Insee. Pour 2025, selon les données de l’Assurance retraite et du Conseil d’orientation des retraites (COR), on estime le nombre total de retraités à environ 17,9 millions tous régimes confondus), ce qui provoque une pression fiscale accentuée, et a pour conséquence une incitation à augmenter le nombre d’années de cotisation. Seulement :
- Le système actuel ne permet pas une conversion de fin de carrière.
- Quand les offres d’emploi sont nettement inférieures au nombre de personnes en recherche, garder les personnes dans leurs postes n’arrange en rien le taux de chômage.
- Les revenus ou les conditions de vie pour beaucoup de retraités ne permettent pas d’extras. Ils s’isolent progressivement.
- Le difficile passage d’une occupation à temps plein à des journées sans but.
Une autre voie, diminuer progressivement le temps effectif dans la profession (salaire diminué d’autant) compensé par des emplois rémunérés sans charges au service des communautés (locale, départementale) selon les compétences ou les aspirations de chacun (formation, garderie, aide aux associations, etc.).
Ou encore chez le même employeur (ou un autre) pour former de jeunes apprentis, la perte de salaire et des charges de l’un compense la progression de l’autre.
Puis une diminution d’heures de travail pour du temps libre.
Des formations sont peut-être nécessaires (pour former un jeune, il ne suffit pas de bien connaître son métier), cela demande donc une anticipation.
L’âge de la retraite est repoussé et accepté, diminution de la pression fiscale, formation des jeunes, stabilité pour les employeurs.