Ce qui se passe dans les hôpitaux psychiatriques est innommable. Je pense que cela est dû au manque de personnel formé et au manque de personnel tout court. La contention physique ne doit jamais être une solution. On n'est plus au Moyen Âge. Les personnes qui souffrent de bipolarité ou de schizophrénie doivent être considérées comme des gens malades au même titre que ceux qui souffrent de cancers ou de diabète. Où est la compassion pour ces malades-là ? Je suis militante de l'Unafam. Ce que nous voyons dans les hôpitaux est indigne d'un pays comme le nôtre. Je lutte contre la stigmatisation, mais nous ne sommes pas beaucoup soutenus.
Cahier de doléances · Handicap
Problème n° 2334
1 solution proposée
Débureaucratiser l’hôpital pour remettre le soignant au chevet du patient.
La détresse exprimée par les familles met en lumière une faillite éthique et humaine inacceptable. Cependant, le recours systématique à la contention physique et à l’isolement n’est pas un choix médical de confort : c’est le symptôme direct d’un système où les soignants sont privés du temps et des effectifs nécessaires pour pratiquer l’apaisement relationnel et la désescalade verbale.
Le nœud du problème ne réside pas dans un manque global de prélèvements fiscaux (la France consacrant déjà plus de 11 % de son PIB à la santé) mais dans une captation massive des ressources par les strates administratives intermédiaires, le reporting managérial et la tutelle paralysante des ARS. Près d’un tiers des effectifs hospitaliers relève aujourd’hui de fonctions non soignantes, contraignant les équipes de terrain à passer des heures derrière des écrans de traçabilité plutôt qu’auprès des malades en crise.
Pour rétablir la dignité des soins sans creuser la dette publique, l’État doit opérer un grand recentrage régalien :
1. Débureaucratiser pour redéployer vers le lit : alléger drastiquement les procédures de certification inutiles et geler les créations de postes administratifs au profit exclusif d’infirmiers, d’aides-soignants et d’éducateurs en contact direct avec les patients. L’autonomie décisionnelle doit être rendue aux cadres et équipes de proximité.
2. Garantir des ratios soignants/soignés opposables et former à la désescalade : fixer par décret des seuils minimaux incompressibles de présence soignante par lit en hospitalisation fermée, tout en généralisant la formation certifiante aux méthodes de désescalade et en substituant les cellules d’isolement par des espaces d’apaisement sensoriel.
3. Renforcer l’amont ambulatoire : rediriger les crédits de fonctionnement vers les centres médico-psychologiques (CMP) et déployer des équipes mobiles de crise intervenant à domicile 7 j/7 pour désamorcer les décompensations avant l’urgence hospitalière.
La psychiatrie est par excellence le lieu du lien humain : rendre le temps soignant aux malades est la seule réforme juste, efficace et immédiatement réalisable.
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