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Cahier de doléances · International

Problème n° 2328

Comment se fait-il que nous payions en France un carburant plus cher (de plusieurs dizaines de centimes d’euro) qu’en Espagne ou en Belgique ?

Depuis Charente-Maritime (17) · 7 octobre

1 solution proposée

Solution n° 4866Niveau : État

Question légitime, surtout en ce moment. L’écart de prix avec nos voisins vient d’abord de la fiscalité. La taxe sur les carburants est nettement plus élevée en France qu’en Espagne : environ 20 centimes de plus par litre sur l’essence, et davantage encore sur le gazole. Avec la Belgique, l’écart porte surtout sur l’essence, la taxe sur le gazole étant à peu près au même niveau. Le prix du pétrole brut et du raffinage est en revanche à peu près le même pour tous.

Il faut aussi être honnête sur un point : aucun pays ne contrôle le prix mondial du pétrole. Quand une crise éclate, tous les pays européens le subissent. Ce que la France peut faire, en revanche, c’est éviter d’être prise de court, en ne dépendant pas de quelques fournisseurs ou de quelques routes maritimes. Voici quelques pistes de travail proposées.

Ne plus dépendre de quelques fournisseurs. Pistes proposées :

renforcer nos approvisionnements auprès de partenaires situés sur la façade atlantique, aux routes maritimes plus sûres : le Nigéria, l’Algérie, le Guyana et le Danemark, dont le pétrole est directement utilisable par nos raffineries ; maintenir nos achats auprès de la Norvège, partenaire fiable et proche ;

réduire légèrement la part des États-Unis, aujourd’hui notre premier fournisseur, pour mieux équilibrer nos sources ;

réduire notre exposition aux zones les plus risquées : le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, la Libye, et le pétrole du Kazakhstan qui transite par la Russie.

Aucun fournisseur ne devrait peser trop lourd : si l’un fait défaut, les autres prennent le relais.

Sécuriser les volumes par des contrats de long terme. Piste proposée : obliger les raffineurs à couvrir une part de leurs besoins par des contrats de plusieurs années, auprès de plusieurs fournisseurs différents, sans qu’aucun contrat ne dépasse une part maximale de leurs achats. Ces contrats ne baissent pas forcément le prix, qui reste lié au cours mondial. Ils garantissent en revanche que le pétrole arrive, même en pleine crise.

Être prêts avant la crise, pas pendant. Pistes proposées : rendre mobilisable très rapidement une grande partie de nos stocks stratégiques ;

établir à l’avance un plan de substitution d’urgence qui désigne, pour chaque grand fournisseur, qui peut le remplacer et en combien de temps ; inclure le gazole importé déjà raffiné, l’un de nos principaux points de fragilité.

Fil conducteur : on ne décide pas du prix mondial du pétrole, mais on peut décider de ne pas être vulnérable. La diversification ne changera pas forcément le prix à la pompe ; elle limitera le risque de pénurie et de flambée brutale des prix quand une crise survient.

Depuis Hauts-de-Seine (92) · 14 octobre

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