Dès lors, la PRÉVENTION en santé ne peut pas être confiée à la seule Assurance maladie et donc au seul ministère de la Santé : elle doit devenir une responsabilité de l'ENSEMBLE DES POLITIQUES PUBLIQUES.
1. FAIRE DE LA PRÉVENTION UNE POLITIQUE INTERMINISTÉRIELLE ET TERRITORIALE
Instaurer le principe de « santé dans toutes les politiques publiques » : chaque grand ministère devrait identifier l'impact sanitaire de son action et intégrer des objectifs de prévention.
Cette logique doit également s'appliquer aux collectivités territoriales, qui disposent de nombreux leviers concrets : urbanisme favorable à la marche et au vélo, transports publics, espaces verts, équipements sportifs, restauration scolaire sans produit ultra-transformé, réindustrialisation avec normes sanitaires respectées, politiques sociales, environnement et qualité du cadre de vie.
Communes, intercommunalités, départements et régions pourraient ainsi décliner les priorités nationales en fonction des besoins sanitaires de leur territoire, en coordination avec les acteurs de santé locaux. La prévention doit être nationale dans ses objectifs, mais largement territorialisée dans sa mise en œuvre.
Une présentation budgétaire transversale permettrait parallèlement d'identifier les dépenses de prévention réalisées par les différents ministères et d'en mesurer les résultats à partir d'indicateurs sanitaires précis. Elle permettrait donc de juger objectivement l'efficacité des mesures prises (feed-back négatif).
2. ÉVALUER LES DISPOSITIFS PLUTÔT QUE DE LES MULTIPLIER
Toute politique de prévention devrait faire l'objet d'une évaluation scientifique et médico-économique.
Le dispositif « Mon bilan prévention », par exemple, mobilise du temps médical. Son maintien devrait dépendre de résultats mesurables : populations effectivement touchées, changements durables de comportements, pathologies évitées et rapport coût-bénéfice.
Un dispositif dont l'efficacité n'est pas suffisamment démontrée doit pouvoir être réorienté ou supprimé, même lorsque son principe paraît intuitivement pertinent.
3. PASSER DE L'INFORMATION AU MARKETING SOCIAL
Les campagnes générales d'information ne suffisent pas. La prévention doit davantage s'appuyer sur le marketing social, en adaptant les interventions aux préoccupations concrètes des populations ciblées.
Ainsi, chez une femme enceinte qui fume, la crainte immédiate de prendre du poids peut constituer un obstacle plus concret à l'arrêt que le risque lointain de cancer. La prévention doit donc comprendre les motivations, contraintes et représentations des personnes pour agir efficacement sur leurs comportements.
La prévention ne consiste pas seulement à mieux informer : elle consiste à rendre les comportements favorables à la santé plus faciles, accessibles et socialement acceptables => BEAUCOUP D'ÉCONOMIES DE DÉPENSES DE SANTÉ EN PERSPECTIVE POUR INVESTIR DANS L'AVENIR DE NOTRE PAYS (industrie, innovation de rupture, défense, etc.).