Bonjour à tous,
La région toulousaine n'est pourtant pas le fin fond de la campagne, pourtant il est extrêmement difficile, de trouver un rendez-vous en dermatologie...
La région ne manque pourtant pas de praticiens, au contraire, mais le discours est unanime : on ne prend pas de nouveaux patients, le cabinet ne pratique plus QUE de l'esthétique, le praticien part en retraite et n'a pas de remplaçant,...
Cahier de doléances · Santé
Problème n° 19
9 solutions proposées
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Libérons du temps de soin plutôt que d'agiter la contrainte
Vouloir salarier des médecins aux frais des mairies ou imposer des quotas autoritaires contourne le vrai problème : on ne résout pas une pénurie en contraignant les soignants. Cela ne ferait qu'accélérer les déconventionnements et les départs prématurés.
Pour regagner immédiatement des millions d'heures de consultations sans attendre les 10 ans de formation de nouveaux praticiens, il faut agir sur le temps médical utile :
1. Financer des assistants médicaux partagés : décharger les médecins de l'accueil, des prises de constantes et de la paperasse permet à un praticien de voir 10 à 15 % de patients supplémentaires par jour.
2. Élaguer le choc bureaucratique : supprimer les certificats médicaux d'aptitude sportive ou d'absence scolaire bénigne qui encombrent inutilement les salles d'attente au détriment des malades chroniques.
3. Déléguer aux autres professionnels de santé : élargir les protocoles de coopération avec les infirmiers en pratique avancée (IPA), les kinésithérapeutes et les pharmaciens (renouvellements simples, dépistages, petite traumatologie) au sein des CPTS et MSP déjà existantes.
Avant de punir ou de dépenser l'argent public dans des structures rigides, rendons aux soignants leur métier : soigner plutôt que gérer de l'administratif.
Pour moi, à ce sujet, il n'y a que la contrainte qui peut marcher. Cela ne pose pas trop de problème de contraindre les retraités à diminuer leur train de vie. Pourquoi ne pourrait-on pas contraindre les médecins à prendre de nouveaux patients en oubliant un peu les clients payant beaucoup plus ? Les dermatologues pourraient être contrôlés pour ne pratiquer l'esthétique que pour 25 ou 30 % de leurs patients. D'autres médecins du secteur 2 devraient aussi, comme les dermatologues, être contrôlés pour ne pas dépasser une certaine somme en dépassements d'honoraires, qui sont souvent abusifs.
1. Mesurer l'offre réelle de dermatologie
Ne plus comptabiliser seulement le nombre de dermatologues installés, mais mesurer, territoire par territoire, le nombre de consultations médicales effectivement proposées, les délais d'accès et la proportion d'activité consacrée aux soins, à l'esthétique ou à d'autres activités.
2. Créer un observatoire de l'activité de médecine esthétique
Documenter le nombre d'actes, les spécialités qui les pratiquent et le temps médical mobilisé. Il est difficile de conduire une politique publique rationnelle tant que cette activité demeure mal quantifiée.
3. Rendre la dermatologie médicale plus attractive
Revaloriser, lorsque cela est nécessaire, les actes médicaux à forte valeur sanitaire : dépistage et prise en charge des cancers cutanés, dermatoses inflammatoires sévères, maladies rares, dermatologie pédiatrique, etc.
4. Organiser une filière territoriale d'accès rapide
Développer la téléexpertise entre généralistes et dermatologues, les consultations avancées et des circuits prioritaires pour les lésions suspectes ou les pathologies nécessitant une prise en charge rapide.
5. Anticiper les besoins par territoire
Adapter progressivement les capacités de formation aux besoins démographiques et sanitaires et anticiper les départs à la retraite plusieurs années avant qu'un territoire ne se retrouve en difficulté.
Principe
Il ne s'agit pas d'opposer médecine esthétique et médecine thérapeutique ni d'interdire aux médecins d'exercer une activité esthétique.
Mais lorsque l'accès à une spécialité médicale devient difficile, l'État doit au minimum savoir quelle part de la ressource médicale disponible est effectivement consacrée aux soins nécessaires à la population. Il doit mettre en place les incitations permettant de préserver cette offre.
Que l’État prête de l’argent aux étudiants en médecine. Si ces étudiants terminent favorablement leurs études, il leur sera donné un choix (ou pas, remarque) : rembourser le prêt ou aller s’installer dans une région en tension. S’ils ne terminent pas leurs études, le prêt devra être remboursé.
Un bon ouvrier a de bons outils, il en va de même pour les acteurs de santé. Contraintes, pénibilité administrative, course après le temps agressent plus qu’elles ne motivent !
Le salariat au sein d’équipes complémentaires dans un même espace aménagé par la collectivité (médecin, kinésithérapeute, infirmier(e), secrétaire…) est une possibilité permettant aussi un aménagement du temps de travail pour ceux qui le souhaitent, apporterait un confort de travail et de décision plus souhaitable que l’épuisement forcé.
La raison pour laquelle tant de dermatologues se tournent vers la médecine esthétique est clairement celle de leur rémunération. La solution me semble donc requérir deux angles d’attaque : une réévaluation significative de leurs honoraires (il est à ce regard très étonnant que les patients paient sans protester les soins d’esthétique de leur poche tout en refusant l’idée de payer le moindre dépassement pour le dépistage du mélanome !!) et une part de contrainte en limitant le nombre d’actes de médecine esthétique par semaine autorisés.
Une troisième piste est d’ordre technologique. Il existe depuis peu des appareils de dépistage semi-automatique des cancers cutanés et dont la mise en œuvre pourrait être effectuée par des techniciens spécialisés selon l’exemple des manipulateurs radiologiques.
Pourquoi ne pas créer des maisons de santé dans lesquelles seraient salariés plusieurs médecins de plusieurs spécialités ? Avec priorité aux résidents du territoire où est installée la maison de santé. La gestion serait prise en charge par la collectivité dont dépend la maison de santé.
Réguler l’installation des médecins pour garantir l’accès aux soins sur tout le territoire
Pour lutter efficacement contre la désertification médicale, il faut assumer une régulation géographique de l’installation des médecins généralistes et spécialistes.
Ce principe d’affectation territoriale ou de conventionnement sélectif existe déjà dans de nombreuses professions : les métiers d’État accessibles sur concours (enseignants, magistrats, policiers) imposent des contraintes de mobilité en début de carrière. De même, la profession de pharmacien est soumise à un maillage territorial strict fondé sur des quotas de population pour éviter la surconcentration d’officines au même endroit.
Il n’y a aucune raison que les médecins échappent à ce principe de régulation républicaine. En conditionnant leur installation ou leur conventionnement à un quota par zone géographique, nous éviterons que l’offre médicale ne se concentre quasi exclusivement dans les métropoles et sur le littoral, tout en désenclavant durablement nos territoires ruraux.
Il faudrait pour que cette spécialité puisse perdurer et ne pas être remplacée par des consultations en visioconférence (ce qui serait très dommageable pour la qualité des soins et risquerait de retarder sérieusement certains diagnostics…) imposer aux praticiens une part de leur activité consacrée à la dermatologie pure (diagnostic et suivi des mélanomes par exemple pour ne citer qu’une pathologie). La liberté d’installation doit être revue à l’aune de la répartition très inégale des médecins, généralistes et spécialistes, et doit être un engagement des étudiants dès le choix de spécialité. Si la situation actuelle reste en l’état, nous allons, alors que la recherche sur le cancer avance, vers une augmentation de cette pathologie aux conséquences dramatiques (prise en charge tardive, diagnostics non effectués, conséquences sociales, etc.).
Parallèlement, la cotation des actes esthétiques doit être mieux évaluée médicalement et financièrement.
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