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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 1855

Le manque insupportable de reconnaissance envers les enseignants et le « prof bashing ».

Quand on dit qu’on est enseignant, la première réaction de votre interlocuteur ressemble souvent à : « Ah, les vacances ! Et seulement 18 h de travail par semaine ! »

Sincèrement, je peux en témoigner, les vacances ne pèsent pas lourd face à l’extrême difficulté de ce métier.

En réalité, entre les heures devant élèves, la préparation, les corrections, le suivi des élèves et des nombreux cas particuliers (échanges avec les parents, avec les collègues, prise de connaissance des aménagements, mise en place des aménagements, rédaction des rapports d’incidents et mise en retenue, etc.), le remplissage des cahiers de texte, les réunions, la lecture des mails, la rédaction des appréciations en fin de trimestre, les préparations des conseils de classe, les projets (ex. : échange scolaire), l’autoformation, etc., il m’arrive, en période scolaire, de faire des semaines qui tendent vers les 50 h. Et je travaille quasiment tous les week-ends.

Les vacances sont plus que méritées, car le temps scolaire face aux élèves est usant, éprouvant, et le sommeil s’en voit souvent impacté. Mais là aussi, souvent, une grande partie des vacances est occupée par la préparation des cours. Celle-ci demande un temps considérable, un certain calme et du recul qu’il est difficilement possible d’avoir pendant le marathon scolaire que représente chaque période.

J’ai fait l’exercice de pointer mes heures pendant une année entière. Lissé sur l’année, je travaille beaucoup plus que tous ceux qui sont aux 35 h.

Depuis Haut-Rhin (68) · 6 octobre

1 solution proposée

Solution n° 6477Niveau : État

J’ai travaillé pendant 20 ans comme médecin scolaire et tous les constats exposés dans les cahiers de doléances de Natacha Polony, je les partage.
La situation de l’École française est bien grave.
Il faut se souvenir de la défaite de l’école publique en 1984. Les conséquences n’ont pas été tirées et depuis cette date, l’école publique s’est vécue comme le « dépotoir » de l’école privée, pardon pour ce terme rude et sans doute excessif.
Néanmoins, il me semble urgent de reconnaître que les conditions de travail des enseignants se sont tellement dégradées qu’elles entraînent avec elles tout le système.
Que faire ?
Nous pourrions changer radicalement les conditions de travail sans diminuer les vacances, ou très peu, après une négociation avec les enseignants de terrain.
Je propose que l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale puisse bénéficier du principe qui s’applique à tous les salariés : TEMPS DE TRAVAIL SUR LE LIEU DE TRAVAIL.
Cela permettrait de ne pas travailler à la maison, de bénéficier des moyens informatiques et Internet mis à disposition dans tous les établissements scolaires, de pouvoir travailler en équipe puisque tous les collègues sont présents, de rencontrer les professionnels médico-sociaux, les parents et j’arrête là les avantages en signalant que les emplois du temps se simplifient et que les élèves peuvent rencontrer plus facilement leurs enseignants.
Pour l’État, le coût est le même.
L’effort porterait sur les collectivités locales : communes ou intercommunalités pour les écoles, départements pour les collèges et régions pour les lycées. L’effort financier n’est pas forcément si important car la baisse des effectifs scolaires va permettre de libérer des mètres carrés et des salles pour que les enseignants trouvent enfin des conditions de travail dignes de leur métier essentiel à la vie de notre pays.

Depuis Paris (75) · 18 octobre

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