Au cas où vous parviendriez à atteindre et lire mon message au milieu de toutes les doléances, je vous livre quand même mes humbles réflexions.
Ceci n’est pas une doléance car, à 73 ans, je me considère comme une enfant gâtée de l’histoire et je trouve que certains boomers devraient mettre un peu en veilleuse leurs caprices de vieux, générateurs de gérontophobie sous-jacente.
Je me livre souvent à l’exercice de « penser contre moi » en mettant de côté mes intérêts individuels sans négliger pour autant ceux, trop nombreux, qui ont de bonnes raisons de se plaindre. Mais la tendance humaine est de raisonner en individuel avant de raisonner en collectif.
Pour l’égalité fiscale :
Ma retraite étant légèrement supérieure à 1 500 € d’après mon revenu fiscal, j’ai la chance d’être propriétaire de mon logement et d’avoir peu de besoins (je n’aime pas voyager pour le grand bien de notre planète et je recycle beaucoup). Je ne serais donc pas choquée de la remise en question de l’abattement de 10 % pour les retraites dépassant 1 500 € pour les retraités propriétaires (car 1 500 € amputés d’un loyer ne laissent plus grand grand-chose) OU la non-indexation.
Il serait peut-être judicieux que les médias mettent un peu plus en avant les revendications de ceux, peut-être rares, comme Marlene Engelhorn, qui acceptent de payer leurs impôts à leur juste mesure, ce qui aurait pour effet de limiter la rancœur populaire à l’égard de certaines classes qui se protègent souvent dans leur entre-soi méprisant et derrière l’argument fallacieux de la « convoitise cupide » d’un peuple « envieux et frustré ».
La taxe Zucman me paraît juste même si mes compétences en économie sont limitées.
Je ne crois pas dans le gel de la dette qui me paraît illusoire. Pas de racolage, je vous fais confiance sur ce point.
Pour l’emploi :
Je verrais bien un accompagnement des travailleurs qui souhaitent créer des SCOP, avec un statut salarié plus protecteur que celui d’auto-entrepreneur. L’esprit de ce type de structure étant plus sain que celui de grosses entreprises appartenant à une personne ou une famille, et des actionnaires. Peut-être que les syndicats verraient ce statut d’un mauvais œil, chaque membre de la SCOP étant motivé par la réussite de l’entreprise n’aurait plus intérêt à se syndiquer…
Dans les grandes entreprises, encourager l’actionnariat salarié me paraît judicieux de même que l’intéressement aux bénéfices décidé en assemblée générale dont feraient partie les représentants des travailleurs. Pas d’aide SANS contrepartie !
Notre enfermement dans le « triangle infernal temps-travail-argent » est préjudiciable à la vie de famille et aux rapports sociaux conviviaux car il n’y a plus de temps pour eux. Serait-il donc possible, dans un contexte de plus en plus robotisé, de diminuer le temps de travail en passant à la semaine de 4 jours, PAR LA NÉGOCIATION, selon le souhait de chacun et dans le respect des intérêts de tous ? Je ne pense pas que cette mesure soit préjudiciable au travail, elle devrait, au contraire, augmenter la productivité, contrairement aux arguments simplificateurs avancés, car encourageante pour les candidats et plus favorable à la vie de famille et aux rapports sociaux.
Une réflexion sur l’aide aux crèches d’entreprises pourrait être menée.
Les heures supplémentaires DOIVENT impérativement être fiscalisées car elles vont contre les intérêts de ceux qui cherchent un emploi.
D’un point de vue sémantique, je trouve les termes de « demandeurs d’emploi » et « offre d’emploi » très biaisés vers un rapport de force et de subordination et je verrais bien une généralisation de l’expression : « proposition de service » de part et d’autre. Ce détail peut paraître futile mais je suis convaincue qu’il induit dans les esprits ce rapport de force basé sur l’« offre » et la « demande », pain bénit du capitalisme libéral débridé des temps modernes.
Si l’économie se porte mieux et dans le respect mutuel, les salaires devraient suivre, les services publics aussi.