Absence de "politique" industrielle (vision long terme qui se traduit par une mise en cohérence entre les outils financiers et la durée des investissements).
Cahier de doléances · Économie
Problème n° 1612
2 solutions proposées
Votez pour celle qui vous semble la meilleure : une voix par personne, que vous pouvez déplacer.
- Allonger la durée des crédits pour mettre leur durée en phase avec la durée de l’investissement. (L’industrie ne raisonne pas à 7 ans. À creuser : voir comment des programmes tels que « le Concorde » ou « les centrales nucléaires » ont été financés… Car le chantier est bien plus large et bien plus ambitieux.)
- Reprendre la main sur le coût de l’électricité en France : c’est l’un de nos rares avantages compétitifs.
- Reprendre la main sur la politique monétaire en redonnant la possibilité à la Banque de France de créer de la monnaie sans passer par les banques commerciales (au moins, on ne paiera pas d’intérêts sur la dette).
- Assumer de défendre nos intérêts (comme le font avec fierté les autres Européens).
Solution au problème 1612 et bien d’autres !
VERS UNE MONNAIE DE BIEN COMMUN
POUR UNE SOUVERAINETÉ RETROUVÉE ET UN AVENIR DURABLE
Quel que soit le bord politique, les programmes proposés reposent sur les mêmes fondations fragiles : un système monétaire contraint par la dette dans une conjoncture économique en crise.
À toute demande d’action on nous répond : « Il n’y a pas assez d’argent. »
Actuellement c’est l’argent disponible qui conditionne tout projet. Nous proposons que ce soit le projet jugé réalisable et utile qui autorise la création de la monnaie nécessaire. Cela devient possible avec la création d’une monnaie de bien commun !
Un projet de société
Il ne s’agit ni de supprimer l’euro, ni d’abolir l’économie de marché, ni d’imaginer une société où tout serait gratuit. L’euro garderait toutes ses fonctions actuelles : épargne, investissement, échanges internationaux, économie marchande. À côté du circuit euro serait un deuxième circuit, celui d’une monnaie de bien commun, MBC, créée sans dette par un organisme public sous contrôle citoyen, en contrepartie de projets validés démocratiquement, terme compris dans son sens étymologique (démos kratos) donc une démocratie participative où le peuple est pleinement impliqué. C’est donc en premier une question politique, pas monétaire. Nous parlons d’une initiative de société qui devrait faire l’objet d’un débat démocratique permanent, organisé selon un principe de subsidiarité : ce qui peut être décidé localement le serait localement, le reste remontant au niveau régional ou national. Vous l’aurez compris, elle n’est pas à confondre avec les monnaies locales complémentaires qui sont dépendantes d’un équivalent en euros. Nous parlons ici d’un second circuit monétaire indépendant où la monnaie est créée sur un autre modèle que celui de l’euro.
Des conditions de réalisation
Limitée à cette présentation succincte, la MBC peut paraître utopiste d’autant plus qu’elle s’écarte radicalement de ce qui est connu. Il est évident que certaines conditions doivent être observées pour rendre l’initiative réalisable. Sans entrer dans le détail en voici l’énumération :
- Ce serait une monnaie de politique strictement intérieure.
- Ce serait une monnaie de circulation n’ayant pas vocation à l’accumulation ou la spéculation.
- Elle devrait avoir pouvoir légal,
- Elle serait à parité de valeur avec l’euro mais ne serait pas convertible
- Elle serait fléchée vers des biens et services répondant à des critères sociaux et environnementaux définis collectivement, via un système de labellisation.
- Son introduction serait progressive.
- Elle circulerait dans l’ensemble de la société, pas uniquement dans la sphère de l’économie du bien commun.
Les règlements se feraient au prorata des soldes dans chaque monnaie pour réguler au mieux leur circulation.
Elle serait détruite par la fiscalité pour éviter son accumulation.
Pourquoi cela change la donne électorale
Revenons à notre point de départ. En période électorale, on nous demande de choisir entre des visions, des priorités, des sensibilités. C’est utile et nécessaire. Mais aucun parti, de quelque bord qu’il soit, ne propose aujourd’hui de sortir du cadre monétaire qui rend toutes ses promesses aussi fragiles qu’un château de cartes posé sur des taux d’intérêt et une conjoncture internationale imprévisible. Qu’on promette plus de social ou plus de rigueur, plus d’État ou moins d’impôts, la contrainte reste la même : trouver l’argent dans une enveloppe qui dépend de facteurs échappant largement au contrôle démocratique.
Face à l’ampleur des défis climatiques, sociaux et humanitaires qui s’accumulent, une question mérite d’émerger dans le débat public, au-delà des clivages habituels : notre modèle monétaire et financier est-il encore adapté à l’époque que nous vivons ? La Monnaie de bien commun n’apporte pas de réponse définitive, et ses concepteurs ne prétendent pas dessiner une société idéale.
Mais elle ouvre une piste concrète, documentée, discutable — et c’est bien là l’essentiel. Elle invite à se demander de quoi nous avons réellement besoin pour bien vivre, sans que cette question soit immédiatement étouffée par celle du financement. Elle propose de cesser d’opposer intérêt particulier et intérêt collectif pour les faire se soutenir mutuellement. À l’heure où le développement de l’intelligence artificielle et de l’automatisation menace de rendre superflue une part croissante du travail marchand, elle offre même une perspective inattendue : rediriger l’énergie humaine libérée vers tout ce qui, dans nos sociétés, mérite réellement d’être fait.
Ne rien changer est aussi un choix — et sans doute le plus risqué de tous à l’heure actuelle. Pour relancer nos industries et notre productivité en général nous devons collectivement exiger que soit enfin posée, dans le débat public, la question de savoir avec quel système monétaire nous comptons affronter les défis du siècle.
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