Vous soulevez six sujets. Sur plusieurs, les faits vous donnent raison ; sur d’autres, la solution est différente de celle que vous proposez. Je les reprends un par un.
Le train de vie de l’État. Le Sénat a recensé en 2025 plus de 1 100 organismes publics nationaux, dont 317 instances consultatives, pour un financement passé de 50 à 77 milliards d’euros en treize ans. Je propose de supprimer ceux qu’il a nommément désignés comme inutiles ou redondants, et de fixer une règle simple pour les comités : chaque instance consultative disparaît automatiquement au bout de cinq ans, sauf renouvellement justifié par un bilan public de son activité. Pour les cabinets de conseil, auxquels le recours a dépassé un milliard d’euros en 2021 selon le Sénat, chaque contrat devrait être publié avec son montant et son livrable, et l’État devrait reconstituer en interne les compétences qu’il achète faute de les avoir conservées.
L’aide internationale. Elle a déjà été fortement réduite : les crédits de la mission budgétaire consacrée au développement ont baissé de près de moitié entre 2024 et le projet de budget 2026. La supprimer serait une erreur, car elle sert aussi nos intérêts : c’est l’un des rares leviers pour obtenir des pays d’origine qu’ils reprennent leurs ressortissants en situation irrégulière, et pour ne pas laisser la Russie ou la Chine occuper seules le terrain en Afrique. Je propose en revanche qu’elle soit conditionnée et évaluée : coopération sur les retours, résultats mesurés, et publication de chaque projet financé.
Les impôts et les charges. Avec un taux de prélèvements obligatoires de 45 % du PIB en 2024, la France est deuxième de l’Union européenne derrière le Danemark. Mais avec un déficit public d’environ 5 % du PIB, promettre une baisse générale sans la financer serait mentir. Je propose des allègements ciblés et financés : réorganiser les exonérations de cotisations pour que les entreprises puissent augmenter les salaires au-dessus du SMIC sans que le coût explose, tenir sans nouveau report la suppression de la CVAE prévue pour 2030, et financer l’ensemble en supprimant les niches fiscales qui n’ont jamais prouvé leur utilité.
La protection des indépendants. Votre constat est juste, et les chiffres le montrent. Lors de sa création, l’allocation chômage des travailleurs indépendants devait bénéficier à 29 300 personnes et coûter 140 millions d’euros par an. En 2024, environ 1 550 droits ont été ouverts, pour 6,7 millions d’euros de dépense. Les conditions sont si strictes que le dispositif n’existe presque pas. Il faut les assouplir, porter la durée d’indemnisation au-delà de six mois, et ouvrir une option de cotisation volontaire pour ceux qui veulent une couverture plus forte.
La simplification. Une partie des normes vient de Bruxelles, mais une partie est ajoutée à Paris au moment de transposer les directives. Je propose que toute directive soit transposée à l’identique, sauf exigence supplémentaire justifiée publiquement et votée comme telle, et que chaque réglementation importante soit réévaluée au bout de cinq ans, puis maintenue, corrigée ou supprimée.
La facturation électronique. La rendre facultative n’est plus possible : l’Union européenne l’imposera pour les échanges entre entreprises de pays différents à partir de 2030, et elle est l’outil le plus efficace contre la fraude à la TVA, que l’Insee estime entre 20 et 25 milliards d’euros. Mais votre critique vise juste sur un point précis : l’État avait promis un portail public gratuit, et il l’a abandonné en octobre 2024, obligeant les entreprises à passer par des plateformes privées. Je propose de rétablir une solution publique gratuite pour les TPE et les indépendants. Une obligation fixée par l’État ne doit pas devenir un abonnement payant.
Le fil commun de vos six demandes est juste : l’argent public doit aller à ce qui produit un résultat, et ceux qui créent de la valeur ne doivent pas en supporter le désordre. Mais chaque euro rendu doit être financé, sinon c’est la dette qui paie, c’est-à-dire, demain, les mêmes entreprises.