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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 1523

Lire, écrire et calculer : empêcher les difficultés de s’installer dès le primaire

La maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul conditionne l’accès aux autres enseignements. Un élève qui déchiffre difficilement ou ne comprend pas les nombres doit fournir un effort supplémentaire pour suivre un cours, comprendre une consigne et travailler seul.

À l’entrée en sixième en 2025, 15,1 % des élèves ne parviennent pas à lire correctement 90 mots en une minute, seuil attendu en fin de CE2. Seuls 61,1 % atteignent les 120 mots attendus en fin de CM2 (DEPP, résultats consolidés publiés en février 2026). Ce test mesure l’automatisation de la lecture ; il ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la compréhension.

Les résultats de sixième montrent aussi des progrès sur plusieurs années : le constat doit donc porter sur les difficultés persistantes et les écarts entre élèves. À 15 ans, PISA 2025 relève néanmoins que 36 % des élèves français restent sous le niveau de base en mathématiques et 33 % en compréhension de l’écrit (OCDE).

Les évaluations existent déjà. L’enjeu est de mieux relier le repérage à une aide pédagogique rapide, adaptée et suivie, sans faire dépendre cette aide des ressources financières ou de la disponibilité des parents.

Comment garantir un enseignement solide pour tous et une intervention suffisamment précoce pour les élèves en difficulté, avant que les lacunes ne s’accumulent et ne limitent leurs choix d’études ?

Depuis 99 · 6 octobre

6 solutions proposées

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Solution n° 1524Niveau : État

Un enseignement solide pour tous, un soutien précoce pour ceux qui en ont besoin

Champ : prévention dès la maternelle, intervention prioritaire du CP au CM2 et continuité en sixième. Écoles et collèges publics et privés sous contrat, avec les mêmes critères pédagogiques d’accès au soutien.

1. Consolider l’enseignement quotidien

Stabiliser des repères annuels de maîtrise : langage oral, lecture et compréhension, écriture et orthographe, nombres, calcul et résolution de problèmes. Diffuser des ressources évaluées, avec formation à leur utilisation.

Privilégier une progression explicite : explication, démonstration, entraînement guidé puis autonome, correction et révision. Conserver histoire, sciences, arts et EPS, qui contribuent aussi au langage, aux connaissances et au développement de l’enfant.

2. Relier chaque difficulté à une réponse

Utiliser les évaluations existantes et les observations du professeur. Préciser le besoin par des exercices ciblés.

Dans les établissements participants, proposer sous quatre semaines un plan simple aux familles : compétence travaillée, intervenant, créneaux et date de bilan. L’accès dépend du besoin scolaire, sans condition de revenus. En cas de capacités insuffisantes, prioriser les difficultés les plus fortes et publier les besoins non couverts.

3. Organiser un soutien intensif et temporaire

Prévoir trois séances de 30 minutes par semaine, en groupes de deux à quatre élèves ayant un besoin comparable, pendant douze semaines. Faire un bilan intermédiaire à six semaines et un bilan final, puis arrêter, adapter ou renouveler l’intervention.

Séances assurées par des enseignants qualifiés, sur leur service financé ou des heures volontaires rémunérées, dans l’établissement avant 16 heures. Elles seraient intégrées aux créneaux de consolidation, sans priver systématiquement les mêmes élèves des autres disciplines.

Les groupes évolueraient selon les progrès. Pour les difficultés persistantes, mobiliser les enseignants spécialisés et, si nécessaire, les professionnels de santé, sans attendre un diagnostic médical pour commencer l’aide pédagogique.

4. Donner à chaque niveau une responsabilité précise

Au centre : le ministère fixe les compétences attendues, finance le dispositif et publie ses critères d’accès. La DEPP organise la mesure des résultats avec une équipe de recherche indépendante.

Au niveau académique : le rectorat répartit les postes et crédits selon les besoins, organise la formation et assure la continuité avec la sixième. La région élue intervient si ses compétences de transport sont concernées.

Au niveau départemental : les services de l’Éducation nationale organisent les intervenants du primaire, les ressources spécialisées et le suivi des délais. Le conseil départemental prend en charge les adaptations matérielles des collèges convenues avec l’État.

Localement : le directeur ou chef d’établissement organise les créneaux avec les professeurs et informe les familles. Les communes assurent les conditions matérielles dans les écoles. Toute dépense locale nouvelle fait l’objet d’un accord de financement.

5. Tester, chiffrer et financer

Pilote en 2027-2028 : 30 000 élèves de territoires urbains, ruraux et ultramarins socialement diversifiés. Extension vers 300 000 élèves par an selon les résultats et les personnels disponibles.

Hypothèse budgétaire prudente : deux cycles de douze semaines par élève, soit 36 heures de soutien par an, avec trois élèves par groupe en moyenne.

Pour 300 000 élèves : 100 000 groupes × 36 heures = 3,6 millions d’heures d’intervention. À 90 € par heure de séance, coût employeur incluant la préparation, cela représente 324 millions d’euros. Ajouter 20 % pour coordination, déplacements et organisation, puis 20 millions pour formation ciblée, ressources et évaluation : environ 410 millions d’euros par an.

Le pilote coûterait environ 44 millions d’euros, selon les mêmes hypothèses et avec 5 millions pour formation, ressources et évaluation. Ces coûts unitaires sont des hypothèses à vérifier, non des tarifs constatés.

Financement par des crédits de l’État. Les moyens existants effectivement réaffectés seraient déduits, sans affaiblir les aides spécialisées. Le solde serait voté explicitement. Ce budget ne comprend pas la revalorisation générale des enseignants, traitée séparément.

6. Mesurer les bénéfices avant extension

Comparer les progrès avec ceux d’élèves comparables, par un déploiement progressif évalué sur deux ans. Mesurer compréhension, écriture et mathématiques, ainsi que maintien des acquis six mois après le soutien.

Objectif proposé à cinq ans dans le périmètre déployé : réduire d’un quart la proportion d’élèves présentant les difficultés ciblées, à méthode d’évaluation comparable. Suivre les écarts sociaux, délais d’accès et coûts par élève.

Bénéfices recherchés : autonomie, capacité à suivre les autres cours et moindre dépendance au soutien privé. Les résultats seraient publiés.

Depuis 99 · 6 octobre
Solution n° 2814Niveau : État

L’entrée dans la lecture est un marqueur de réussite scolaire (plus que le QI et le milieu social). Le français est une langue difficile pour apprendre à lire, tout comme l’anglais. Les Britanniques l’ont compris depuis une dizaine d’années. Ils ne demandent pas à leurs petits d’apprendre à lire en 1 an au CP. Ils ont changé leur apprentissage de la lecture. Dès 3 ans, ils apprennent à lire, et de manière ludique. Ils ont aujourd’hui parmi les meilleurs résultats dans les enquêtes PISA.

Faire évoluer l’apprentissage de la lecture et l’introduire dès la petite section serait une mesure sans coût et qui donne des résultats.

Pour aller plus loin, Céline Alvarez, dans son dernier livre, fait une synthèse de la connaissance scientifique sur ce sujet.

Depuis Essonne (91) · 8 octobre
Solution n° 3512Niveau : État

Dépister les difficultés dès la maternelle et proposer les prises en charge plus tôt dans la scolarité. Nous avons la chance d’avoir une école maternelle en France dès deux ans, mais pas les moyens de suivre et de prendre en compte les difficultés des enfants. Dans d’autres modèles (par exemple, le Québec), le fait de faire entrer dans le système éducatif des professionnels comme des orthophonistes, des psychomotriciens… sur le temps scolaire, dans l’école, permet de mieux prendre en charge les enfants.

Depuis Rhône (69) · 9 octobre
Solution n° 3957Niveau : État

Donner aux enseignants le temps de se former.
Mais aussi leur permettre de travailler en équipe dans des espaces adaptés.
Les accompagner vers une montée en expertise pédagogique, au-delà de leur maîtrise disciplinaire.
Favoriser les synergies, les liens qui font de l’équipe et du collectif une force.
Un courant si puissant que les élèves et les parents y percevront une réelle dynamique propice aux apprentissages.
Créer par les faits la confiance dans l’institution par sa force, sa cohérence, sa légitimité.

Depuis Var (83) · 11 octobre
Solution n° 4993Niveau : État

Il faut absolument que l’école primaire remplisse sa part du contrat : tous les élèves qui entrent en 6e doivent avoir un socle de compétences minimal.
La 6e consiste désormais à remettre à niveau tous les élèves : soit une année de perdue pour les bons élèves.
Je sais que certains sont opposés au certificat d’études, pourtant ça me semblerait être une bonne solution…

Depuis Haute-Loire (43) · 14 octobre
Solution n° 9015Niveau : État

Dès le début du cycle 3 (CM1), et jusqu’à la fin du cycle 4 (3e), se baser sur les évaluations nationales pour identifier les élèves qui ont des difficultés en lecture. Jusqu’à obtenir de bons résultats à ces évaluations (aujourd’hui quasi annuelles), l’élève se verrait ajouter 2 heures de soutien (lecture, écriture, compréhension, orthographe…) par semaine.
Pour cela, il y aura besoin de libérer des heures dans l’EDT.
Au collège, il faudra donc redécaler l’enseignement de la LV2 de la 5e à la 4e et unifier les matières éducation musicale et arts plastiques (1er semestre : EM, 2nd semestre : arts plastiques, chaque année).

Depuis Aude (11) · 1 novembre

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