Un enseignement solide pour tous, un soutien précoce pour ceux qui en ont besoin
Champ : prévention dès la maternelle, intervention prioritaire du CP au CM2 et continuité en sixième. Écoles et collèges publics et privés sous contrat, avec les mêmes critères pédagogiques d’accès au soutien.
1. Consolider l’enseignement quotidien
Stabiliser des repères annuels de maîtrise : langage oral, lecture et compréhension, écriture et orthographe, nombres, calcul et résolution de problèmes. Diffuser des ressources évaluées, avec formation à leur utilisation.
Privilégier une progression explicite : explication, démonstration, entraînement guidé puis autonome, correction et révision. Conserver histoire, sciences, arts et EPS, qui contribuent aussi au langage, aux connaissances et au développement de l’enfant.
2. Relier chaque difficulté à une réponse
Utiliser les évaluations existantes et les observations du professeur. Préciser le besoin par des exercices ciblés.
Dans les établissements participants, proposer sous quatre semaines un plan simple aux familles : compétence travaillée, intervenant, créneaux et date de bilan. L’accès dépend du besoin scolaire, sans condition de revenus. En cas de capacités insuffisantes, prioriser les difficultés les plus fortes et publier les besoins non couverts.
3. Organiser un soutien intensif et temporaire
Prévoir trois séances de 30 minutes par semaine, en groupes de deux à quatre élèves ayant un besoin comparable, pendant douze semaines. Faire un bilan intermédiaire à six semaines et un bilan final, puis arrêter, adapter ou renouveler l’intervention.
Séances assurées par des enseignants qualifiés, sur leur service financé ou des heures volontaires rémunérées, dans l’établissement avant 16 heures. Elles seraient intégrées aux créneaux de consolidation, sans priver systématiquement les mêmes élèves des autres disciplines.
Les groupes évolueraient selon les progrès. Pour les difficultés persistantes, mobiliser les enseignants spécialisés et, si nécessaire, les professionnels de santé, sans attendre un diagnostic médical pour commencer l’aide pédagogique.
4. Donner à chaque niveau une responsabilité précise
Au centre : le ministère fixe les compétences attendues, finance le dispositif et publie ses critères d’accès. La DEPP organise la mesure des résultats avec une équipe de recherche indépendante.
Au niveau académique : le rectorat répartit les postes et crédits selon les besoins, organise la formation et assure la continuité avec la sixième. La région élue intervient si ses compétences de transport sont concernées.
Au niveau départemental : les services de l’Éducation nationale organisent les intervenants du primaire, les ressources spécialisées et le suivi des délais. Le conseil départemental prend en charge les adaptations matérielles des collèges convenues avec l’État.
Localement : le directeur ou chef d’établissement organise les créneaux avec les professeurs et informe les familles. Les communes assurent les conditions matérielles dans les écoles. Toute dépense locale nouvelle fait l’objet d’un accord de financement.
5. Tester, chiffrer et financer
Pilote en 2027-2028 : 30 000 élèves de territoires urbains, ruraux et ultramarins socialement diversifiés. Extension vers 300 000 élèves par an selon les résultats et les personnels disponibles.
Hypothèse budgétaire prudente : deux cycles de douze semaines par élève, soit 36 heures de soutien par an, avec trois élèves par groupe en moyenne.
Pour 300 000 élèves : 100 000 groupes × 36 heures = 3,6 millions d’heures d’intervention. À 90 € par heure de séance, coût employeur incluant la préparation, cela représente 324 millions d’euros. Ajouter 20 % pour coordination, déplacements et organisation, puis 20 millions pour formation ciblée, ressources et évaluation : environ 410 millions d’euros par an.
Le pilote coûterait environ 44 millions d’euros, selon les mêmes hypothèses et avec 5 millions pour formation, ressources et évaluation. Ces coûts unitaires sont des hypothèses à vérifier, non des tarifs constatés.
Financement par des crédits de l’État. Les moyens existants effectivement réaffectés seraient déduits, sans affaiblir les aides spécialisées. Le solde serait voté explicitement. Ce budget ne comprend pas la revalorisation générale des enseignants, traitée séparément.
6. Mesurer les bénéfices avant extension
Comparer les progrès avec ceux d’élèves comparables, par un déploiement progressif évalué sur deux ans. Mesurer compréhension, écriture et mathématiques, ainsi que maintien des acquis six mois après le soutien.
Objectif proposé à cinq ans dans le périmètre déployé : réduire d’un quart la proportion d’élèves présentant les difficultés ciblées, à méthode d’évaluation comparable. Suivre les écarts sociaux, délais d’accès et coûts par élève.
Bénéfices recherchés : autonomie, capacité à suivre les autres cours et moindre dépendance au soutien privé. Les résultats seraient publiés.