Réforme complète du système :
L’idée est de construire une démocratie dans laquelle le peuple reste la source du pouvoir, mais où l’on distingue clairement ceux qui décident, ceux qui exécutent et ceux qui contrôlent.
Les citoyens élisent un Parlement, composé d’une seule chambre. Celui-ci vote les lois, le budget et les grandes orientations du pays. Il contrôle également l’action du gouvernement.
Le pouvoir exécutif est confié à un Conseil exécutif composé d’un nombre limité de responsables choisis pour leurs compétences, après examen et auditions publiques, puis désignés par le Parlement. Un coordinateur général assure la cohérence entre les différents domaines, sans devenir pour autant un chef disposant de pouvoirs incontrôlés.
Le président de la République n’est plus le centre de toute la vie politique. Il représente l’État, garantit la continuité des institutions et conserve certaines fonctions clairement définies, notamment en matière internationale et de défense. Il ne dirige cependant pas quotidiennement le gouvernement.
L’administration met ensuite concrètement en œuvre les décisions prises.
En parallèle, plusieurs pouvoirs restent indépendants : la justice, la Cour constitutionnelle et différents organismes de contrôle chargés notamment des élections, des comptes publics, de l’éthique, des statistiques et de l’évaluation des politiques publiques.
L’objectif est d’éviter qu’une même institution puisse à la fois décider, exécuter et se contrôler elle-même.
La participation citoyenne
Les citoyens ne disparaissent pas du système entre deux élections.
Ils peuvent lancer des initiatives, signer des pétitions, participer à des consultations ou à des conventions citoyennes temporaires tirées au sort, et, dans certaines circonstances, provoquer un référendum.
Une idée importante est celle du droit de réexamen citoyen.
Lorsqu’une contestation atteint certains seuils, elle ne signifie pas automatiquement que les citoyens mobilisés ont raison ou que leur proposition doit être adoptée. En revanche, les institutions ne peuvent plus simplement l’ignorer.
Selon l’importance de la mobilisation, elle pourrait provoquer progressivement :
une réponse officielle → un réexamen parlementaire → une convention citoyenne → éventuellement un référendum.
Cela offre une autre voie entre deux situations aujourd’hui fréquentes : attendre l’élection suivante ou tenter d’obtenir un changement par la manifestation, la grève ou le rapport de force.
Une autre manière de prendre les décisions
Enfin, les grandes décisions publiques suivraient autant que possible une méthode commune :
COMPRENDRE → ANTICIPER → DÉLIBÉRER → DÉCIDER → AGIR → MESURER → CORRIGER.
Avant une décision importante, les citoyens et leurs représentants devraient pouvoir connaître clairement :
l’objectif recherché, les différentes options, leurs bénéfices, leurs coûts, leurs risques, les incertitudes, ce à quoi chaque choix oblige à renoncer et la possibilité ou non de revenir en arrière.
Les experts servent donc principalement à comprendre, anticiper et mesurer.
Ils n’ont pas vocation à décider seuls de ce que la société doit vouloir.
La décision reste démocratique.
Et une fois la politique mise en œuvre, on mesure ses résultats. Si elle ne fonctionne pas comme prévu, la corriger n’est pas considérée comme un échec politique mais comme le fonctionnement normal d’une démocratie capable d’apprendre.
Tout cela reste placé sous une Constitution supérieure à tous les pouvoirs, protégeant les droits fondamentaux, l’alternance politique, la séparation des pouvoirs et la capacité des générations futures à modifier pacifiquement les choix hérités des générations précédentes.
En une phrase, l’idée pourrait donc être résumée ainsi :
Une démocratie où les citoyens donnent le pouvoir, les représentants décident, l’exécutif agit, des institutions indépendantes contrôlent, les résultats sont mesurés et les citoyens conservent à tout moment la possibilité de provoquer le réexamen d’une décision.