Je ne comprends pas pourquoi les agriculteurs n'ont pas le salaire qu'ils devraient avoir pour le travail qu'ils produisent.
Cahier de doléances · Agriculture
Problème n° 1172
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Dans un premier temps, il faudrait mieux rémunérer la production agricole. Ceci entraînerait une hausse des prix, qui pourrait être limitée à condition de rééquilibrer le partage de la richesse, notamment les marges des différents intermédiaires (distributeurs et autres).
On ne peut pas accepter qu’un agriculteur produise à perte.
Privilégier l’agriculture française pour toutes les commandes publiques.
Moi-même agricultrice-éleveuse, j’ai un peu de mal à expliquer ce plafond de verre auquel nous nous heurtons ! Nous ne fixons pas le prix de nos « produits », comme c’est le cas des produits manufacturés, dont le prix de vente sert à couvrir les coûts de production et dégager une marge.
Nous devons nous contenter du prix que l’on veut bien nous donner ! Aujourd’hui, la hiérarchie de la filière est inversée : ce sont les consommateurs qui déterminent, par leurs achats, les prix qu’ils sont prêts à mettre pour tel et tel produit. Cette orientation d’achat est scrupuleusement étudiée par les agroalimentaires (tels que Bigard pour la viande, qui n’est pas un sauveur mais un fossoyeur de l’agriculture française ! Qu’on se le dise !), qui déterminent leur stratégie pour vendre le plus possible (attractivité des prix et communication). Pour maintenir des prix acceptables pour vous consommateurs (qui préférez dépenser dans le numérique, le superficiel et les plaisirs, plutôt que dans le basique et le vital. Ce n’est pas une critique, mais un constat documenté), les agro-industriels rognent sur tout ce qu’ils peuvent pour sortir des produits à faible coût et une marge confortable (l’appât du gain) : le coût du travail étant encadré et assez inflexible, seule l’automatisation est un levier de réduction possible. Ils rognent également sur le prix d’achat des matières premières (animaux achetés aux éleveurs) et la qualité de la transformation. Et comprenez que ce mécanisme est multiplié par le nombre d’intermédiaires, qui raisonnent de même ! Le prix des animaux est resté constant depuis les années 70, depuis la génération de mes grands-parents ! Pouvons-nous objectivement dire que le niveau de vie et l’inflation sont aussi les mêmes ??? Les cours ont bondi que depuis 2024 ! Il est évident que notre manque à gagner a rempli les poches de certains, qui ont tenu en otage toute une filière ! Et cette intuition a été confirmée par le basculement 2024-2025, qui a traduit une possible augmentation des cours pour nous et un maintien relatif des prix en rayon pour les consommateurs : le pouvoir des « intermédiaires » est devenu flagrant. La PAC n’est donc pas des « primes » (un bonus ou de l’argent de poche) comme beaucoup se plaisent à dire, mais un revenu complémentaire, dont les pontes de la filière agroalimentaire nous privent depuis 50 ans ! Ce n’est pas une légende, des discussions de comptoir ou une vieille rengaine, c’est la réalité ! Comment renverser cela ? Force est de constater que nous, agris, sommes impuissants. Vendre à perte n’est pas un choix ! Tout le système nous l’impose. À vous, consommateurs, de prouver votre volonté de bien manger !
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